Abstract :
[fr] Les dépôts d’amyloïde dans les ilots pancréatiques sont observés chez 90% des
patients ayant un diabète de type 2 et sont associés à la perte de fonction et de
masse des cellules bêta ainsi qu’à la présence d’inflammation au niveau des ilots. Le
principal composant de ces dépôts est le polypeptide amyloïde humain des ilots
(hIAPP), un peptide de 37 acides aminés co-sécrété avec l’insuline par les cellules
pancréatiques bêta. L’agrégation de hIAPP est toxique pour les cellules
pancréatiques bêta et active l’inflammasome NLRP3 permettant l’activation de la
caspase-1 et ainsi la sécrétion d’IL-1β par les macrophages. De plus, la mutation S20G
de hIAPP rend le polypeptide plus amyloïdogénique et plus cytotoxique. Sachant que
la plasmine, principal acteur de la fibrinolyse, clive hIAPP en deux fragments, 1-11 et
12-37, non toxiques pour les cellules bêta des ilots pancréatiques, nous émettons
l’hypothèse que la plasmine pourrait diminuer l’effet pro-inflammatoire de hIAPP en
générant des fragments au potentiel moins pro-inflammatoire que hIAPP.
Des macrophages différenciés à partir d’une lignée cellulaire monocytaire
humaine (THP1) sont traités durant 6h et 24h, avec des concentrations croissantes de
hIAPP (0-20 µM) en présence ou non de plasmine à différentes concentrations (0,04-
0,4 µM). Les cellules sont également traitées avec des concentrations croissantes des
fragments hIAPP 1-11 et 12-37 produits par la plasmine (0-40 µM), ainsi qu’avec la
forme mutée hIAPP-S20G (0-20 µM). A la fin de chaque période de traitement, la
sécrétion d’IL-1β est quantifiée dans le surnageant via un test ELISA. L’activation de
l’inflammasome NLRP3 est également mesurée dans le surnageant à l’aide d’un test
d’activité de caspase-1. Enfin, l’ARN total des cellules est extrait afin de mesurer
l’expression des gènes de composants de l’inflammasome NLRP3 (NLRP3, ASC, CASP)
et des cytokines pro-inflammatoires IL-1β et TNF-! par RT-qPCR.
L’exposition des macrophages à hIAPP révèle une activation de
l’inflammasome NLRP3 à partir de 6h à 20 µM. La plasmine ne diminue pas l’effet pro-
inflammatoire de hIAPP et semble avoir un effet pro-inflammatoire intrinsèque.
Cependant, la plasmine produit des fragments de hIAPP (1-11 et 12-37) n’activant pas
l’inflammasome NLRP3 par rapport au polypeptide entier de hIAPP. La mutation S20G
renforce le potentiel pro-inflammatoire de hIAPP. En effet, à 24h une dose de 10 µM a
déjà une tendance à activer l’inflammasome NLRP3. En conclusion, la plasmine n’a
pas eu l’effet escompté sur l’activation de l’inflammasome NLRP3 par hIAPP. Toutefois,
les fragments générés montrent des résultats prometteurs pour le développement de
potentielles nouvelles approches thérapeutiques dans le diabète de type 2.