Doctoral thesis (Dissertations and theses)
Thèse de doctorat - Réinventions territoriales à travers les pratiques cartographiques
Pigeon, Virginie
2022
 

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viginie PIGEON THESE TABLE ET INTRO 230505.pdf
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Keywords :
PAYSAGE CARTOGRAPHIE COMMUN
Abstract :
[fr] Au départ d'une exploration de la cartographie critique contemporaine, la recherche menée par Virginie Pigeon revisite l'univers des cartes et envisage, par l'expérience pratique, les qualités des opérations cartographiques qui amorceraient un faire-commun, prémices d'une intelligence collective et plurielle du territoire. La recherche prend pour hypothèse de départ que la cartographie détient la capacité de faire savoir et de rendre imaginables les attachements multiples et les assemblages singuliers comme porteurs de nouvelles négociations collectives autour des manières d’habiter ensemble la terre. Elle tente de montrer que la cartographie porte en elle les possibilités de représenter le territoire à partir d’une pensée décentrée, plus ouverte aux interdépendances, prenant ses distances avec le point de vue dominant utilitariste, et rendant lisibles et envisageables une multitude de relations aux êtres et aux choses, une pensée du commun. Etat de l’art Au démarrage de la recherche, une collection de cartes a commencé à se constituer à partir des champs associés empiriquement à la contre-cartographie. Cette collection, organisée, décodée, est complétée d’une approche de la notion de commun et de bien commun, et de leur sens dans les pratiques territoriales. Comme peu de cartes semblaient présenter les qualités recherchées pour confirmer clairement l’hypothèse de départ, il a été rapidement envisagé d’expérimenter personnellement les processus cartographiques pour comprendre les mécanismes et approfondir le champ de questionnement. La collection de cartes s’épaississait en parallèle, tandis que l’expérience de terrain permettait progressivement d’envisager une manière de les organiser et de les classer. Expériences de terrain Les tentatives concrètes de co-cartographie sont apparues comme une manière de produire des balises dans la connaissance d’un domaine encore peu exploré, la cartographie critique, avec l’éclairage spécifique que je souhaitais lui apporter – produire du commun. Il fut dès le départ envisagé que ces expériences concrètes devaient trouver un cadre réel, dépendre d’une commande garantissant l’intérêt d’une institution publique pour ma proposition, ce qui permettait d’accéder à un réseau d’acteurs locaux avec la crédibilité associée à un organisme reconnu soutenant des projets pour leur pertinence, et la promesse d’un « résultat », les cartes, comme motivation des échanges locaux : ce cadre réel offrait également la manne financière pour l’impression en série du résultat cartographique et sa diffusion, ce qui renforçait l’intérêt des participants à apporter leur contribution à un travail publié. La première expérience de terrain s’est déroulée à Saint-Jean-de-Boiseau, dans l’estuaire de la Loire, en 2019, dans le cadre d’une résidence croisée Wallonie Bruxelles International – Maison de l’Architecture des Pays de la Loire. Elle s’est construite de manière empirique et intuitive à partir de questions assez simples, issues de l’état de l’art : qu’est-ce qu’un territoire habité, comment le représenter, comment mettre le paysage et ses composantes vécues en carte, comment envisager la co-construction... L’expérience a ouvert plus en profondeur la boîte noire des opérations cartographiques et de leurs enjeux. Elle a permis à la fois de faire émerger les étapes du processus cartographique qui ont ensuite structuré le développement de la thèse et de la seconde expérience concrète (enquête, récit, mise en carte) ; et de révéler le potentiel politique de la carte à accueillir la controverse et le débat fondateurs d’un monde commun. Elle m’a engagé à renforcer la dimension co-construite de l’enquête et du contenu narratif, à explorer l’approche de l’écologie politique et à interroger les dualismes modernes ayant un impact puissant sur nos représentations et sur le renforcement des retranchements et assignations à identité. La seconde expérience cartographique est construite à partir d’un appel à projets de l’Institut Culturel d’Architecture Wallonie Bruxelles (ICAWB), et s’est déroulée sur le territoire de Walcourt en Belgique. Elle s’est structurée selon les trois actes : enquête, récit et mise en carte. Ces trois actes construisent le corps de la thèse. https://www.instagram.com/tv/CV40nLAF3Ek/?igshid=YmMyMTA2M2Y= L’enquête est une exploration du potentiel de l’immersion, faisant la démonstration que l’immersion permet de quitter le point de vue surplombant et désengagé et de se laisser toucher par les choses. L’expérience sensible du chercheur-arpenteur est resituée dans l’histoire de la fondation des savoirs jusqu’à l’avènement de l’objectivité scientifique, et dans la manière dont elle a évolué dans les pratiques représentationnelles et cartographiques. Dans le volet récit, à côté de la narration envisagée pour les cartes de Walcourt, la théorie fait état de manières de raconter le territoire comme ensemble de relations, et dont la cartographie a pu traduire des démarches holistiques pour recueillir le chaos du monde. Dans le volet mise en carte sont explorées théoriquement et graphiquement les possibilités d’un partage de perspective et d’une hybridité graphique comme condition pour accueillir en carte la pluralité et la controverse. Au fil de la thèse, une série de dualismes sont interrogés et mis à l’épreuve : objectivité/subjectivité, typicité/spécificité, expertise scientifique/savoirs empiriques, abstraction/figuration… La remise en question de ces dualismes augurant d’une possibilité de décloisonnement et d’une ouverture au commun. Conclusion La conclusion revient sur le potentiel de la co-cartographie en tant qu’expérience démocratique d’attachement au territoire, expérience ayant un rôle central à jouer dans une refonte des pratiques de projet de territoire. La cartographie est l’outil que j’ai choisi parce qu’il a cette capacité fascinante de nous situer quelque part, d’associer et de décrire la géographie et les pratiques. Il fait agir le paysage comme un partenaire dont prendre soin. Il a le pouvoir de capter notre attention à travers l’expression d’expériences sensibles situées. Il est un dispositif d’assemblage dont on peut collectivement s’approprier ou réinventer les codes, une matrice de connaissances spécifiques, organisées par le terrain. L’espace virtuel de la carte appartient à chacun et à tous. Il est un moyen de sortir d’une pensée du droit du sol, des contraintes de la privatisation du territoire, pour penser le paysage libéré des questions de statut, de limites. L’interface permet une redistribution de sens. D’autres devenirs désirables et conjoints peuvent s’y manifester.
Disciplines :
Architecture
Author, co-author :
Pigeon, Virginie ;  Université de Liège - ULiège > Unité de Recherches de la Faculté d'Architecture (URA)
Language :
French
Title :
Thèse de doctorat - Réinventions territoriales à travers les pratiques cartographiques
Defense date :
02 November 2022
Institution :
ULiège - Université de Liège [Architecture], Belgium
Degree :
Doctorat en Urbanisme et Art de bâtir
Promotor :
Vandenbulcke, Benoît ;  Université de Liège - ULiège > Unité de Recherches de la Faculté d'Architecture (URA)
Pernet, Alexis
Cogato Lanza, Elena
President :
Despret, Vinciane ;  Université de Liège - ULiège > Département de philosophie
Jury member :
Notteboom, Bruno
Besse, Jean-Marc
Available on ORBi :
since 10 November 2022

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