Reference : Flux et suspension. Indétermination de l'image cinématographique (J. Rancière)
Parts of books : Contribution to collective works
Arts & humanities : Philosophy & ethics
http://hdl.handle.net/2268/237995
Flux et suspension. Indétermination de l'image cinématographique (J. Rancière)
French
Hagelstein, Maud mailto [Université de Liège - ULiège > Département de philosophie > Esthétiques phénoménologiques et esth. de la différence >]
2019
Temporalités esthétiques et artistiques
Thérien, Claude
Foisy, Suzanne
PUR
Aesthetica
135-146
Yes
[fr] cinéma documentaire ; Rancière ; fiction ; image ; indétermination ; Jean-Jacques Andrien
[fr] On observe qu’aujourd’hui la métaphore du flux est de plus en plus courante dans le champ de la théorie critique des images. Alors que certains spécialistes s’appuient sur ce champ lexical (flux, fluide, fluidité, etc.) pour mettre l’accent sur la dynamique intrinsèque des images (y compris des images fixes : voir par ex. les textes de Didi-Huberman sur Botticelli ou sur Marey), d’autres commentateurs décrivent ou dénoncent le monde saturé d’images dans lequel nous ont plongé l’ère de la reproduction mécanique puis l’ère numérique, le tourbillon d’images où baigne l’homme contemporain et la menace de noyade qui lui est liée. Nous serions submergés par des flux d’images. À l’origine, cette critique semble s’articuler à l’invention de la télévision en 1926, à sa généralisation dans les années 1950 et surtout au type de traitement des informations qu’elle engage . En télévision, le terme technique « flux linéaire » désigne la diffusion continue (en direct ou non) de contenus audiovisuels. Ce dispositif contraint les téléspectateurs soit à être en temps et en heure devant leur poste pour capter et consommer les programmes qui les intéressent, soit à enregistrer ces contenus pour les visionner plus tard. Mais toujours dans une temporalité informée par les exigences spécifiques du médium : enchainement rapide des séquences et des programmes, coupures et alternance, etc. Par opposition, la télévision « non linéaire » qui se développe massivement aujourd’hui propose une consommation à la demande ou sur catalogue, de contenus de tous types, rendus disponibles via des plates-formes numériques (vidéos à la demande, abonnements numériques, télévision de rattrapage). Cette télévision non linéaire prétend offrir une liberté inédite, alors que le flux linéaire implique une expérience non maîtrisée des programmes (que certains jugent dépassée – on parle de la « télévision de papa »), où le téléspectateur ne décide pas de la temporalité de la diffusion, des moments d’interruptions (publicitaires ou autres), de la fréquence à laquelle reviennent les programmes, etc. On voit ainsi s’opposer deux modalités très différentes de consommation des produits audiovisuels : ceux qui regardent une série en patientant de semaine en semaine et ceux qui visionnent une saison en une seule nuit, pour prendre l’exemple d’un genre spécifique. La seule « maitrise » envisageable – dans le cas du flux linéaire – concerne l’usage de la télécommande et du zapping, mais il ne s’agit jamais que de choisir entre différents contenus préalablement choisis pour nous et organisés selon une temporalité sur laquelle on n’a pas de prise.
Researchers ; Students
http://hdl.handle.net/2268/237995

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