Reference : Végétaliser pour résister? Le cas de "Liège Souffle Vert"
Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference/Abstract
Social & behavioral sciences, psychology : Sociology & social sciences
http://hdl.handle.net/2268/218465
Végétaliser pour résister? Le cas de "Liège Souffle Vert"
French
Brahy, Rachel mailto [Université de Liège - ULiège > > Maison des Sciences de l'Homme >]
Ruelle, Christine mailto [Université de Liège - ULiège > Département ArGEnCo > LEMA (Local environment management and analysis) >]
18-Dec-2017
Yes
No
International
Agir dans la ville. Art et politique dans l'espace urbain 3. Du quotidien
du 18 au 20 décembre
Damien Darcis, Jeremy Hamers, Marjorie Ranieri
Mons
Belgique
[fr] végétaliser ; politiques publiques ; enchantement ; imaginaire ; espaces publics urbains
[en] Végétaliser pour résister ? Le cas de « Liege Souffle Vert »

En quelques décennies, les exigences citoyennes en matière de participation à la « fabrique de la ville » n’ont cessé de grandir. Cette évolution trouverait sa source dans le refus de laisser les Etats, les classes et leurs représentants, la liberté de définir seuls l’action à mener (Tosel, 1998). Face à des aménagements urbains « imposés » par les pouvoirs publics, une forme de résistance politique émerge et se matérialise, de plus en plus souvent, par une « action directe » des citadins sur leur milieu (Blanc, Emelianoff et al, 2008). En témoignent les micro-interventions qui fleurissent dans l’espace public : tricots urbains, tags artistiques souvent emprunts d’humour, verdissement de pieds d’arbres, bacs potagers, etc.
A Liège, il y a quelques années encore, une grande méfiance prévalait de la part des responsables politiques vis-à-vis de ces « prises de possession » des espaces publics. Parallèlement, la participation citoyenne fait l’objet de déclarations de plus en plus insistantes et nombreuses. C’est dans ce contexte, traversé de paradoxes, que l’opération « Liège Souffle Vert » voit le jour en 2016.
Plus exactement, l’asbl Songes, à l’initiative, propose d’organiser (et de financer) un « appel à projets citoyens » sur le territoire liégeois. Progressivement, les responsables de la Ville acceptent et soutiennent l’idée (difficile de faire autrement ?). Finalement, dix-huit projets seront déposés par des équipes associant, comme stipulé dans l’appel, une dimension verte, une dimension artistique et une dimension citoyenne. Six seront réalisés, avec environ 7.000 visiteurs sur le parcours créé durant l’été 2016, et un écho retentissant dans les médias. Pour l’asbl, l’objectif était double : d’une part, interroger les citadins sur la place du végétal et de l’art dans la ville et, d’autre part, accompagner un mouvement plus profond de transformation et de libération des usages de l’espace public.

Dans cette communication, nous proposons de revenir sur ce cas d’étude et, en nous appuyant sur des entretiens réalisés avec différents intervenants, de discuter de l’intérêt et des éventuels écueils associés à ce type de dispositif.
L’ « appel à projets » constitue-t-il un instrument intéressant pour soutenir une forme de résistance politique ? Si oui, jusqu’à quel point ? Quels rapports de force se jouent ? Les initiatives citoyennes menées dans ce cadre ne travaillent-elles pas, au final, pour et à la place de la Ville ? Ne font-elles pas l’objet d’une forme d’instrumentalisation ? Si oui, par qui ? Comment se gèrent les tensions entre des objectifs de gestion/régulation de l’espace public, d’émancipation citoyenne et une exigence de qualité artistique du produit proposé ? Quelle est la légitimité de Songes par rapport aux liégeois et par rapport à ces questions ? Quelles valeurs sont défendues ? Quel est le rôle, voire l’intérêt, des artistes mobilisés dans ce type d’opérations ? Quelles modalités d’engagements prévalent pour les participants ou visiteurs ? Par qui l’opération est-elle finalement soutenue et investie ?
L’exposé - qui prend appui sur cet ensemble de questionnements - se structure autour de deux interrogations majeures : l’une concerne les aspects de gouvernance et se concentre sur l’instrument « appel à projets », l’autre vise à déplier les supports narratifs à l’œuvre (les imaginaires) chez les différents acteurs, afin de repérer leur potentiel performatif pour la « fabrique de la ville », et ce dans le cadre de controverses (Genard, Berger, Vanhellemont, 2016).
Projet de Recherche - Fnrs (2016-2020) intitulé « Des espaces d'enchantement dans la ville »
http://hdl.handle.net/2268/218465

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