Reference : Les dieux védiques Varuna et Indra dans le Canon bouddhique pâli
Scientific journals : Article
Arts & humanities : Classical & oriental studies
http://hdl.handle.net/2268/186617
Les dieux védiques Varuna et Indra dans le Canon bouddhique pâli
French
[en] The Vedic gods Varuna and Indra in the Buddhist Canon in Pâli
Verpoorten, Jean-Marie mailto [Unversité de Liège > Section orientale > > >]
2010
Studia Asiatica
Université de Bucarest. Faculté d'Histoire. Centre d'Histoire des Religions
11
173-181
No
International
1582-9111
Bucarest
Roumanie
[en] Indra-Sakka ; Varuna comme dieu des eaux ; Dîghanikâya sermon 23 ; amanusa ; oasis ; démon cannibale (yakka ; yeux rouges ; kalâpa ; roi Pâyâsi
[en] Les êtres divins et surnaturels du Veda n’ont pas disparu des écrits canoniques du Bouddhisme alors même le Buddha lui-même avait une attitude agnostique envers eux. Indra y apparaît régulièrement sous le nom de Sakka. Varuņa par contre y est plutôt rare. Raison de plus pour nous pencher sur un curieux passage du canon pāli où il pourrait être présent incognito.
Le 23e des longs sermons (Dīghanikāya) est celui qu’un disciple de Buddha, Kumāra Kassapa, adresse au roi Pāyāsi pour le convertir au Bouddhisme. Ce prince est un libre-penseur qui ne croit ni à l’au-delà ni à l’âme et qui impose ses convictions à son peuple. L’histoire où nous pouvons peut-être reconnaître Varuņa est racontée par le moine et se résume comme suit : une caravane de 1000 chariots, qui s’avance d’est en ouest, est divisée en deux. Un des groupes voit venir à lui, durant le trajet dans le désert, un personnage « inhumain » (amanusa), sombre, aux yeux rouges, armé d’un carquois et d’une guirlande de lotus. Il a les cheveux et les vêtements mouillés et son char tiré par un âne est boueux.
Il déclare aux gens du convoi qu’il vient d’un lieu riche en bois, eau et herbe et qu’il n’y a pas lieu de faire des provisions. La caravane poursuit sa route et, au moment où elle se rend compte qu’elle a été trompée, elle est dévorée par un démon cannibale (yakka).
Ce personnage menteur et assassin rappelle par certains traits le dieu védique Varuņa. Il est de l’ouest comme ce dernier ; il est mouillé et son char est boueux, à l’instar de Varuņa, dieu des eaux. Il a les yeux rouges d’abord comme le bouc-émissaire qui, lors d’un rite védique, est dédié à « Néantise » (Nirṛti) et aussi comme le bouffon qui, dans les pièces du théâtre indien, a pour modèle Varuņa. Enfin le récit ajoute qu’il tient en main un kalāpa , une touffe de liens pour enchaîner les âmes, ce qui sied à un dieu redoutable comme Varuņa.
A l’inverse de ce personnage malfaisant, le dieu védique Indra –Sakka en bouddhique-est plutôt bienveillant envers les humains, car il est, comme eux, soumis à la transmigration et redoute également les pouvoirs surnaturels des ascètes bouddhiques qui mettent en échec ses pouvoirs divins.
http://hdl.handle.net/2268/186617

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