Reference : La gouvernance environnementale au Sri Lanka. Discours, mise en oeuvre et appropriati...
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Social & behavioral sciences, psychology : Anthropology
http://hdl.handle.net/2268/186323
La gouvernance environnementale au Sri Lanka. Discours, mise en oeuvre et appropriation locale des politiques de conservation de la nature dans le district d'Hambantota.
French
[en] Environmental governance in Sri Lanka. Discourses, implementation and local appropriation of nature conservation policies in Hambantota District
Rosillon, Caroline mailto [Université de Liège > Faculté des sciences sociales > Labo d'anthropologie sociale et culturelle (LASC) >]
18-Nov-2015
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Docteur en sciences politiques et sociales
365
Rubbers, Benjamin mailto
Servais, Véronique mailto
Wickramasinghe, Nira
Mariani, Léo mailto
Sabinot, Catherine
[fr] Gouvernance ; Conservation ; Développement
[en] Sri Lanka
[fr] L’approche développée dans cette thèse se situe dans le champ de l’anthropologie politique. Elle ambitionne de conjuguer une approche foucaldienne et les outils de la socioanthropologie du développement au sein d’une étude des politiques de développement et de conservation de la nature menées dans le district d’Hambantota, au sud du Sri Lanka.
La première partie de la thèse se penche, dans une perspective historique et nationale, sur le cadre politique, discursif et idéologique dans lequel prennent place les programmes étatiques de développement. Il y est principalement question de l’émergence et de l’affirmation du nationalisme cinghalais bouddhiste qui s’est constitué au cours de l’histoire de la formation de l’État postcolonial. Le contenu de ce nationalisme repose sur une glorification du passé précolonial du pays et place la communauté paysanne au cœur de la nation. C’est dans ce cadre national que sont élaborés des programmes de développement à destination des populations rurales dont le contenu repose sur l’idée que la modernisation et le développement passent par la réactivation et la valorisation des traditions et du passé. Dans ce nationalisme cinghalais bouddhiste, la nature, dépositaire des traces de l’histoire nationale « légitime », occupe une place de premier plan et les aires protégées constituent des lieux d’expression, de matérialisation et de popularisation de l’idéologie nationaliste. La thèse met en avant la prégnance de cette idéologie dans la société sri lankaise, son caractère hégémonique et le rôle des espaces et de la nature comme supports de cette idéologie.
La deuxième partie consiste en une approche ethnographique de deux études de cas illustrant les politiques de conservation mises en œuvre dans le district d’Hambantota. Il s’agit de deux programmes distincts dans leur nature, leur origine, leurs conséquences et la manière dont ils sont appropriés par les acteurs locaux. Le premier cas est un programme de conservation des tortues de mer conduit par une ONG locale dans un village de pêcheurs (Kandura). Le second cas est celui d’une aire protégée de l’État : le parc national de Bundala. La thèse essentielle développée dans cette partie est que les politiques de conservation ou de développement sont toujours influencées par un ensemble de contingences locales qui résultent d’une histoire et de dynamiques contemporaines et qui conditionnent les résultats des politiques implantées. Dans les deux exemples, il existe des formes de détournements, de dérives et de décalages décrits dans cette thèse à travers les processus d’« appropriation » dont font l’objet les deux programmes dans les localités dans lesquelles ils sont implantés. Ces interventions extérieures mettent en jeu un ensemble de rapports de force liés aux arènes locales dans lesquelles elles sont implantées qui sont elles-mêmes structurées en fonction de multiples réseaux de pouvoir et règles d’organisation.
L’analyse comparative de ces deux études de cas révèle d’importants contrastes. Elle met en lumière des marges d’appropriation distinctes entre les deux programmes. Dans l’un, l’omniprésence de l’État ainsi que la verticalité du dispositif laisse peu de place aux formes de réappropriation collective ou individuelle tandis que la nature du projet, dans le second cas, permet aux individus des formes d’appropriation multiples et étendues. Ces contrastes sont liés à des types de pouvoir et de sociabilité distincts et témoignent de l’existence de multiples « faces » de la citoyenneté et de multiples registres de subjectivation dans lesquels les individus se construisent quotidiennement en fonction des situations dans lesquelles ils sont projetés.
Cette thèse permet en définitive de saisir les processus locaux et tangibles de la gouvernance environnementale et offre une contribution singulière à l’étude des politiques néolibérales de la conservation de la nature.
http://hdl.handle.net/2268/186323

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