Reference : Contribution à l'étude électromyographique de la musculature paravertébrale dorso-lom...
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Human health sciences : Orthopedics, rehabilitation & sports medicine
http://hdl.handle.net/2268/176723
Contribution à l'étude électromyographique de la musculature paravertébrale dorso-lombaire.
French
[en] Contribution to dorsal and lumbar paraspinal electromyographic study.
Tomasella, Marco mailto [Université de Liège - ULiège > Département des sciences de la motricité > Kinésithérapie (pathologie rachidienne) >]
13-Sep-2004
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Doctorat en Sciences Médicales
178+19
Crielaard, Jean-Michel mailto
WANG, François-Charles mailto
[en] Electromyography ; Dorsal and paraspinal muscles ; Radiculopathy
[fr] Electromyographie ; Musculature paraspinale dorso-lombaire ; Radiculopathie ; SLA ; Myopathie
[fr] La musculature paravertébrale lombaire est classiquement présentée sous la forme d’une masse commune, constituée de l’épi-épineux, du long dorsal et de l’ilio-costal. Bogduk et al. (1982) et MacIntosch et al. (1986) ont précisé les modalités d’insertion des différents faisceaux musculaires en individualisant le multifidus lombaire, caractérisé par son innervation monosegmentaire. Contrairement au longissimus, à l’iliocostalis et aux muscles des membres inférieurs, tous dotés d’une innervation plurisegmentaire, ce muscle paraspinal médial constitue une cible électromyographique intéressante pour la mise au point de radiculopathies lombo-sacrés.

La contribution de l’EMG de la musculature paravertébrale pour le diagnostic de radiculopathies, de certaines pathologies musculaires ou d’une maladie de Charcot (SLA) a déjà été rapportée mais la plupart des études ont considéré la seule activité EMG de repos.
Nous avons souhaité explorer le multifidus dorso-lombaire par EMG à l’aiguille de la même manière qu’un muscle des membres :
- recherche d’une éventuelle activité spontanée au repos ;
- analyse quantitative de la morphologie des potentiels d’unité motrice individuels lors de l’effort de contraction musculaire volontaire .

Dans la première partie de ce travail nous avons établi les normes de référence EMG du multifidus dorso-lombaire au sein d’une population contrôle.
Au repos, aucune activité spontanée n’a été enregistrée sur l’ensemble des 75 sujets sains. Ce résultat, pourtant logique et attendu, contraste singulièrement avec d’autres travaux qui rapportent au sein d’une population asymptomatique une activité EMG de repos atteignant plus de 40%. Nos exigences méthodologiques pourraient expliquer cette discordance.
Lors d’un effort de contraction volontaire, nous avons défini les limites normatives pour les myotomes T8 et L5 au cours de l’analyse quantitative des PUMs en mode multi-MUP. La mise en relation des paramètres d’amplitude et de durée des PUMs permet l’élaboration de normogrammes, calculés à partir des valeurs moyennes et individuelles.

Dans la littérature, l’intérêt de ces techniques d’analyse EMG est bien démontré ; mais aucune base de données normatives ne semble disponible, chaque praticien exploitant ses propres normes. Nous pouvons maintenant proposer des normes de référence contribuant effectivement au diagnostic de radiculopathies lombo-sacrées, de certaines myopathies et pathologies de la corne antérieure.

Dans la seconde partie de ce travail, nous avons étudié le multifidus lombaire par EMG à l’aiguille sur une population de 35 patients présentant une lombocruralgie ou une lombosciatalgie dont l’origine disco-radiculaire a été formellement démontrée par imagerie médicale (CT-scanner ou RMN).

La recherche d’une activité spontanée de dénervation au repos s’est avérée décevante. Un seul des 35 patients présentait au repos de nombreux potentiels de fibrillation. Ce faible pourcentage (3%) résume à lui seul la principale difficulté de cette exploration, à savoir le délai de réalisation de l’EMG par rapport au début de la symptomatologie clinique. Idéalement, pour la musculature paraspinale, ce délai se situe dans les 10 à 15 jours. Or, en pratique, la réalisation aussi précoce d’une ENMG (avec CT-scanner lombaire) apparaît difficile.

En appliquant la méthode d’analyse quantitative en mode multi-MUP, nous dégageons les conclusions suivantes :

 Dans le groupe des radiculalgies aiguës à subaiguës, 18% seulement des patients
présentent des caractéristiques neurogènes lors de l’analyse des PUMs individuels et un seul (6%) montre des anomalies neurogènes exclusivement localisées au multifidus (EMG des muscles périphériques et neurographie de stimulo-détection normales).

 Dans le groupe des radiculalgies chroniques, 33% révèlent des caractéristiques
neurogènes lors de l’analyse des PUMs individuels et seulement 11% des patients (2 sur 18) présentent des anomalies neurogènes exclusivement localisées au multifidus (EMG des muscles périphériques et neurographie de stimulo-détection normales).

Dans le contexte d’une radiculalgie lombo-sacrée par hernie discale, nous démontrons que l’électromyographie isolée du multifidus lombaire ne contribue guère de manière sensible ou spécifique au diagnostic topographique de l’atteinte radiculaire (activité spontanée de repos : 3% et morphologie neuropathique des PUMs individuels : 9%). L’analyse EMG du multifidus lombaire associée à celle des membres inférieurs s’avère un peu plus performante (atteinte « neurogène » combinée : 26%).

Pour expliquer le faible rendement du multifidus lombaire lors de la mise au point diagnostique des radiculopathies, certaines hypothèses peuvent être avancées :

- La somatotopie des fascicules nerveux au niveau du site lésionnel pourrait épargner
les fibres nerveuses du rameau postérieur destinées au multifidus ;
- La présence de signes de dénervation active serait précoce et fugace en raison de la
mise en jeu rapide des mécanismes de réinnervation collatérale ;
- L’innervation strictement monosegmentaire du multifidus ne serait peut être pas aussi
spécifique telle qu’elle est décrite par Bogduk et al. (1982).
- Une lésion démyélinisante focale du rameau postérieur lors d’un conflit disco-
radiculaire expliquerait l’absence de répercussion axonale du multifidus lombaire lors de
l’EMG de détection à l’aiguille ;
- Certaine lomboradiculalgie exprimerait une stimulation nociceptive par médiation
biochimique.

Notre travail confirme cependant la pertinence des données neurographiques de stimulo-détection (ondes tardives H et F) pour établir le diagnostic de radiculopathies lombo-sacrées, contrairement au concept défendu par certains qui ne considèrent que les seuls paramètres de l’exploration électromyographique proprement dite.

Dans la dernière partie de cette analyse, nous montrons l’intérêt du multifidus pour quelques cas particuliers de radiculopathies d’expression clinique, radiologique ou électrophysiologique difficile. Nous confirmons l’excellente sensibilité diagnostique de l’EMG à l’aiguille (activité spontanée de repos et morphologie des PUMs individuels) du multifidus dorso-lombaire dans le cadre de diverses affections myogènes et neurodégénérative de la corne antérieure.

En conclusion, l’ENMG prolonge, approfondit et sensibilise les données de l’examen clinique. Une anomalie isolée suffit rarement pour poser un diagnostic. C’est l’intégration d’éléments convergents qui permet de donner un sens aux plaintes du patient. Il serait vain d’opposer EMG et neurographie ; ces deux techniques, comme le démontrent les tableaux de synthèse 23 (cf. p. 89), 28 (cf. p. 95) et 36 (cf. p.106) doivent rester complémentaires.
Certes, la contribution de l’analyse du multifidus lombaire dans les radiculopathies est faible, mais elle peut s’avérer ponctuellement utile. Cette étude EMG ne devra pas se limiter à la recherche de la seule activité spontanée de repos mais comportera aussi une analyse quantitative de la morphologie des PUMs du multifidus.
Dans les myopathies, l’atteinte fréquente de la musculature axiale et proximale justifie pleinement le choix du multifidus, dont nous confirmons l’excellente sensibilité.
Enfin, la mise en évidence d’une dénervation subaiguë ou chronique au niveau de la musculature paravertébrale permettrait de poser plus précocement le diagnostic de SLA et d’accélérer ainsi la prise en charge thérapeutique.
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/176723

File(s) associated to this reference

Fulltext file(s):

FileCommentaryVersionSizeAccess
Restricted access
Thèse de Doctorat I° Partie.pdfPublisher postprint178.14 kBRequest copy
Restricted access
Thèse de Doctorat II° Partie.pdfPublisher postprint1.96 MBRequest copy
Restricted access
Thèse de Doctorat III° Partie.pdfPublisher postprint2.61 MBRequest copy

Additional material(s):

File Commentary Size Access
Restricted access
Présentation Dias Thèse de Doctorat.pdf8.45 MBRequest copy

Bookmark and Share SFX Query

All documents in ORBi are protected by a user license.