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Dissertations and theses : Doctoral thesis
Life sciences : Veterinary medicine & animal health
http://hdl.handle.net/2268/162601
Contribution à l'étude de la réponse immune au cours d'une infection à Microsporum canis et établissement d'un modèle murin de dermatophytose
French
Cambier, Ludivine mailto [Université de Liège - ULiège > Département des maladies infectieuses et parasitaires > Mycologie vétérinaire >]
22-Jan-2014
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Docteur en Sciences vétérinaires
163
Mignon, Bernard mailto
[fr] Microsporum canis ; Neutrophiles ; Immunité
[fr] Les dermatophytoses (ou « teignes ») sont des mycoses cutanées superficielles provoquées par des champignons filamenteux, appelés dermatophytes, affectant les animaux et l’homme. Microsporum canis est un dermatophyte zoophile dont l’hôte naturel est le chat. Il touche principalement les carnivores domestiques et est un agent fréquent de zoonose. Les dermatophytes envahissant les structures kératinisées de l’épiderme, de nombreuses études ont porté sur la caractérisation des protéases sécrétées comme facteurs de virulence potentiels. Cependant, peu de recherches ont été consacrées aux mécanismes impliqués dans la mise en place de la réponse immune anti-dermatophytes. Il est couramment admis que la réponse immune protectrice lors d’une dermatophytose est une réponse à médiation cellulaire impliquant les lymphocytes de type Th1 et caractérisée par une réaction cutanée d’hypersensibilité de type retardé (Delayed Type Hypersentivity, DTH). Un constituant sécrété de M. canis correspondant au surnageant de culture du champignon cultivé sur milieu de Sabouraud liquide, appelé surnageant non induit (SNI), provoque des DTH chez le cobaye immunisé après une primo-infection, ce qui suggère que le SNI contient des antigènes potentiellement intéressants pour le développement d’un vaccin. Le cobaye est le modèle animal le plus utilisé pour étudier l’immunologie des dermatophytoses. Cependant, la quasi absence d’outils génétiques et immunologiques dans cette espèce ne permet pas d’étudier la réponse immune induite lors de dermatophytoses de manière satisfaisante. La mise au point d’un modèle murin de dermatophytose permettrait de pallier tous ces inconvénients.
Au cours d’une dermatophytose à M. canis, les premières cellules rencontrées par le champignon lors de l’infection sont les kératinocytes qui, suite à l’activation par des composants fongiques, peuvent attirer les polymorphonucléaires neutrophiles (PMN) sur le site d’infection. Ces leucocytes sont, avec les macrophages, responsables in fine de l’élimination du dermatophyte. Cependant, le rôle des PMN dans les mécanismes liés à l’établissement de l’immunité anti-dermatophytes demeure inconnu.
L’objectif général de ce travail était de contribuer à l’étude de la réponse immune au cours d’une dermatophytose à M. canis et de mettre au point un nouveau modèle animal de dermatophytose. Pour l’atteindre, trois études ont été réalisées : (1) l’évaluation du rôle des PMN félins dans la mise en place d’une réponse immune protectrice au cours d’une dermatophytose à M. canis, (2) l’évaluation des propriétés protectrices du SNI de M. canis dans un essai vaccinal en utilisant le cobaye comme modèle expérimental et (3) la mise au point d’un modèle murin de dermatophytose pour l’étude de l’immunité anti-dermatophytes.
Résumé
2
Les résultats obtenus dans la première étude montrent que les PMN félins produisent des cytokines pro-inflammatoires telles le tumor necrosis factor (TNF)-α, l’interleukin (IL)-1β et l’IL-8 lorsqu’ils sont stimulés par les arthrospores vivantes du champignon ainsi que par des constituants structuraux, représentés par des arthrospores tuées par la chaleur, et sécrétés comme le SNI. De plus, après stimulation pendant 2 ou 4 heures par les arthrospores vivantes et tuées ainsi que par les protéases sécrétées Sub3 et Sub6, disponibles sous forme recombinante dans notre laboratoire, les taux d’ARNm du toll like receptor (TLR)-2 et du TLR-4 étaient augmentés dans les PMN. Ces résultats suggèrent que les PMN félins jouent un rôle dans l’établissement de la réponse immune anti-M. canis en produisant des cytokines pro-inflammatoires et que les mécanismes responsables de cette activation feraient intervenir les récepteurs TLR-2 et TLR-4.
Dans la deuxième étude, les résultats indiquent que l’adjuvant monophosphoryl lipid-A (MPLA), dérivé non toxique du lipopolysaccharide et agoniste du TLR-4 a, à lui seul, un effet protecteur partiel chez les cobayes soumis à une épreuve d’infection par M. canis. En effet, les symptômes cutanés observés chez les cobayes ayant préalablement reçu l’adjuvant, étaient moins importants que ceux développés par les cobayes infectés n’ayant pas reçu l’adjuvant. En revanche, le SNI ne semble pas protéger les cobayes d’une infection expérimentale dans cet essai vaccinal.
Les résultats obtenus dans la troisième étude démontrent que notre modèle murin de dermatophytose est valide et reproductible, en utilisant Arthroderma benhamiae et Arthroderma vanbreuseghemii. Ce n’est pas le cas avec M. canis. En effet, 100 % et 80 % des souris infectées respectivement par A. vanbreuseghemii et A. benhamiae ont développé des symptômes cutanés typiques de dermatophytose, à savoir de l’érythème, des squames, des croûtes et de l’alopécie alors que seulement 40 % des souris infectées par M. canis ont développé des signes cliniques, par ailleurs très discrets. Le recrutement important de PMN dans la peau des souris infectées par A. benhamiae et A. vanbreuseghemii et le profil cytokinique (transforming growth factor (TGF)-β, l’IL-1β, l’IL-6 et l’IL-22) généré par l’infection suggèrent l’implication de la voie Th17 dans la mise en place de la réponse immune anti-dermatophytes.
En conclusion, l’ensemble de ce travail a contribué à élargir nos connaissances sur la réponse immune au cours d’une dermatophytose à M. canis. De plus, un nouveau modèle murin de dermatophytose à A. benhamiae et A. vanbreuseghemii a été mis au point et est approprié pour l’étude de la réponse immune anti-dermatophytes.
Fonds pour la formation à la Recherche dans l'Industrie et dans l'Agriculture (Communauté française de Belgique) - FRIA
http://hdl.handle.net/2268/162601

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