Reference : Etude des facteurs de risque de l'infertilité et des pathologies puerpérales et du po...
Dissertations and theses : Post doctoral thesis
Life sciences : Veterinary medicine & animal health
http://hdl.handle.net/2268/142129
Etude des facteurs de risque de l'infertilité et des pathologies puerpérales et du postpartum chez la vache laitière et chez la vache viandeuse.
French
[en] Study of factors influencing puperperal and postpartum pathologies and fertility in dairy and beef cows.
Hanzen, Christian mailto [Université de Liège - ULiège > Département clinique des animaux de production (DCP) > Thériogenologie des animaux de production >]
1994
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Thèse d'agrégation de l'Enseignement Supérieur
Ectors, Francis
[fr] fertilité fécondité rétention placentaire ; fièvre vitulaire endométrites kystes ; vache laitière, vache viandeuse
[en] fertility, placental retention, milk fever ; utérine infections, ovarian cysts ; dairy cow, beef cow
[fr] Notre travail poursuivait deux objectifs essentiels: mettre au point d'une part un système de collecte et d'analyse d'observations compatible avec l'activité journalière du praticien et, à partir de la banque de données ainsi constituée procéder d'autre part à une étude comparée chez la vache laitière et viandeuse, de l'influence des facteurs individuels et d'environnement sur les pathologies puerpérales et du post-partum ainsi que sur la fertilité et la fécondité.
La première partie de notre travail (Chapitre 1: Introduction générale) a été dévolue à une analyse exhaustive au travers des données de la littérature des facteurs responsables des problèmes de reproduction. Ils peuvent se répartir en deux catégories: les facteurs individuels d'une part et les facteurs collectifs d'autres part. Au nombre des premiers il faut citer l'âge, la génétique, le niveau de production laitière, le type de vêlage, la gémellité, la mortalité périnatale, la rétention placentaire, la fièvre vitulaire, l'involution cervicale et utérine, les infectioins du tractus génital et l'activité ovarienne au cours du postpartum. A l'inverse les facteurs collectifs font davantage référence au troupeau qu'à l'individu. Ils concernent le choix d'une politique de première insémination, la détection des chaleurs, le moment de l'insémination, la nutrition, la saison, le type de stabulation, la taille des troupeaux et les caractéristiques sociologiques de l'éleveur. Cette revue de la littérature nous a permis de constater la grande diversité des effets observés à l'encontre des facteurs étudiés d'une part et le manque habituel d'harmonisation concernant les méthodes d'évaluation de ces effets.
Deux chapitres de notre travail ont été consacrés à la présentation du logiciel de gestion de la reproduction GARBO. Celui-ci comprend deux aspects différents au demeurant complémentaires. Le premier plus propédeutique est basé sur le suivi mensuel de reproduction (Chapitre 2). Le second plus analytique comporte l'analyse mensuelle mais surtout annuelle des performances et pathologies de la reproduction (Chapitre 3).
Au travers de différentes listes d'intervention, le programme assure le suivi sanitaire et zootechnique de chaque individu femelle depuis l'âge de 14 mois ou depuis son dernier vêlage jusqu'à la confirmation de la gestation ou de la réforme. Il contribue ce faisant à réduire les périodes de non reproduction. Parce qu'il fournit au vétérinaire une anamnèse physiologique, pathologique et thérapeutique, il lui permet d'affiner son diagnostic et de prendre en connaissance de cause une décision thérapeutique appropriée. Le programme a déjà fait l'objet de nombreuses améliorations, fruit de son expérimentation sur le terrain.
Puisqu'il ne peut y avoir de gestion sans quantification, l'évaluation des performances de reproduction représente le second aspect au demeurant essentiel d'une démarche préventive de la reproduction. D'une manière générale, nous avons cherché à optimiser et à actualiser au maximum les données disponibles au sein de chaque troupeau. La mise au point d'un bilan de reproduction a été illustrée par la comparaison des performances enregistrées en 1992 dans 3 systèmes d'élevage, le premier ne comportant que des animaux viandeux allaitants de race Blanc Bleu Belge (n = 20). le second (n = 45) que des animaux laitiers de race Holstein Frisonne ou Pie Rouge et le troisième (n = 39) qualifié de mixte rassemblant des animaux viandeux traits ou allaitants de race Blanc Bleu Belge et des animaux de race laitière. Cette étude comparative est la première du genre et peut servir de référence au clinicien pour l'interprétation des performances de troupeau de sa clientèle. Cette étude comparée nous a permis d'identifier plusieurs faits. Quelle que soit la spéculation, les exploitations présentent de larges différences dans les performances moyennes de reproduction. Cette observation traduit vraisemblablement davantage les capacités différentes des éleveurs à gérer leur potentiel de reproduction que les différences liées à la race ou au type de production laitière ou viandeuse. Elle se trouve confirmée par le fait qu'au sein de chaque spéculation, certains troupeaux atteignent pour les différents paramètres étudiés, les valeurs considérées comme optimales. La fécondité des génisses exprimé par l'âge du premier vêlage est comparable quel que soit le type de spéculation allaitante (28 mois), mixte (29 mois) ou laitière (29 mois). Moyennant le respect de certains conditions sanitaires et nutritionnelles, il apparaît que la race viandeuse Blanc Bleu Belge est aussi précoce que les races laitières. La fécondité des vaches exprimée par le délai nécessaire à l'obtention d'une gestation est meilleure dans les troupeaux laitiers (111 jours) qu'allaitants (125 jours), les troupeaux mixtes présentant une situation intermédiaire (117 jours). Ce fait résulte essentiellement d'une première insémination plus tardive dans les troupeaux allaitants (84 jours) que mixtes (76 jours) ou laitiers (73 jours), suite à une période d'anoestrus plus prolongée identifiée indirectement par l'intervalle entre le vêlage et la première chaleur détectée par l'éleveur et respectivement égale en moyenne à 79, 67 et 59 jours dans les troupeaux allaitants, mixtes et laitiers. En effet, les trois spéculations présentent une fertilité comparable qu'elle soit exprimée par le pourcentage de gestation en première insémination (45 %) ou par le nombre d'inséminations nécessaires à l'obtention d'une gestation (troupeaux allaitants: 2.4, mixtes: 2.5 et laitiers: 2.3). La qualité de la détection des chaleurs caractérise les trois types de spéculation. Enfin, les troupeaux laitiers présentent une fréquence plus élevée de pathologies puerpérales (rétention placentaire et fièvre vitulaire) et du post-partum (métrites, kystes ovariens) que les élevages allaitants ou mixtes).
Dans le chapitre 4, nous avons cherché à décrire la fréquence des pathologies puerpérales et du postpartum et à en identifier les facteurs de risque individuels ou d'environnement chez la vache viandeuse et laitière. Ont ainsi été étudiées la rétention placentaire, la fièvre vitulaire, l'involution utérine, les infections utérines et les kystes ovariens. Les valeurs fréquentielles observées (Tableau 59) sont les premières du genre pour les conditions d'élevage que nous connaissons. A ce titre, elles ont valeur de référence. Les pathologies puerpérales telles que la rétention placentaire et la fièvre vitulaire sont plus fréquentes chez la vache laitière que chez la vache viandeuse. La vache laitière se caractérise par ailleurs par une plus grande fréquence de retard d'involution utérine et de kystes ovariens que la vache viandeuse. L'infection du tractus génital constitue la pathologie dominante et sa manifeste avec la même fréquence dans les deux spéculations. D'une manière générale, la proportion de vaches atteintes par une ou plusieurs pathologies est plus élevée dans la spéculation laitière que viandeuse.
TABLEAU 76 : FRÉQUENCE COMPARÉE DES PATHOLOGIES PUERPÉRALES ET DU POST-PARTUM CHEZ LA VACHE LAITIÈRE ET CHEZ LA VACHE VIANDEUSE.
Pathologies Laitier Viandeux
% n % n
Rétention placentaire 4.4 7367 3.5 12235
Fièvre vitulaire 4.4 7367 0.05 12235
Retard d'involution utérine 21-50 jours 18.7 3690 13.9 6042
Infections du tractus génital Post-partum 36.5 4856 29.0 6084
21-50 jours 19.4 2791 19.4 3847
Kystes ovariens Post-partum 16.5 3363 6.9 4746
21-50 jours 9.5 3168 2.9 5155

Une fois quantifiée la fréquence des pathologies dans les deux spéculations, nous avons cherché à en identifier les facteurs de risque par la méthode des Odds Ratio et de la régression logistique. Certains se sont avérés être communs aux deux spéculations pour une pathologie donnée. Ainsi, l'âge de l'animal contribue à augmenter le risque de rétention placentaire et de retard d'involution utérine, la réduction de la longueur de la gestation celui de la rétention placentaire et la césarienne celui de l'infection utérine. De même, la gémellité augmente le risque de rétention placentaire et d'infection du tractus génital alors que la rétention placentaire et le retard d'involution utérine favorisent l'infection du tractus génital dont la présence augmente le risque de retard d'involution utérine. A l'inverse, nous avons constaté un effet plus spécifique de certains facteurs en fonction de la spéculation surtout en ce qui concerne la rétention placentaire et la fièvre vitulaire chez la vache laitière ce qui laisse en présumer une pathogénie commune. La saison du vêlage influence davantage le risque d'une pathologie chez la vache laitière que chez la vache viandeuse. Ce fait reflète peut-être l'effet indirect de la production laitière à l'origine d'un métabolisme différent. Sur le plan pratique, il est intéressant de distinguer deux types de facteurs. Les uns sont davantage inhérents à l'animal. Ils sont par conséquent moins directement modifiables . Qualifiés de "marqueurs de risque", ils concernent le numéro de lactation, la longueur de la gestation, le nombre de veaux et la saison du vêlage. D'autres peuvent davantage être considérés comme des "facteurs de risque "proprement dit dans la mesure ou ils peuvent faire l'objet d'une attitude préventive ou curative de la part du vétérinaire. Ainsi chez la vache viandeuse le recours à la césarienne sera préféré au vêlage réalisé par traction pour diminuer la fréquence du retard d'involution utérine. Un suivi thérapeutique anti-infectieux de cette intervention chirurgicale ainsi que de la rétention placentaire sera de nature à diminuer la fréquence des infections du tractus génital et à favoriser la qualité de l'involution utérine. Chez la vache laitière, la prévention de la fièvre vitulaire et une meilleure détection du vêlage contribueront à réduire l'incidence de la rétention placentaire directement ou indirectement par la diminution de la mortalité néonatale. Ce faisant, le risque d'infection utérine sera réduit et ainsi la fréquence du retard d'involution utérine s'en trouvera diminué ce qui contribuera à réduire le risque de kystes ovariens.
Le chapitre 5 a été consacré à l'étude comparée chez la vache laitière et viandeuse de la fertilité et de la fécondité ainsi que de leurs facteurs de risque individuels ou d'environnement. La fertilité et la fécondité ont été analysées respectivement par le pourcentage de gestation en première insémination et par l'intervalle entre le vêlage et l'insémination fécondante. Les pathologies puerpérales et du post-partum étudiées exercent d'une manière générale peu d'effet direct sur ces deux paramètres. En effet, chez la vache laitière, le pourcentage de gestation en première insémination ne se trouve diminué que par la rétention placentaire et par la présence d'une infection du tractus génital 41 à 50 jours après le vêlage tandis que la fièvre vitulaire est la seule pathologie à avoir une influence négative sur l'intervalle entre le vêlage et l'insémination fécondante. Il faut sans doute voir dans cette constatation l'effet positif exercé indirectement par la mise en place d'un suivi mensuel de reproduction. Celui-ci offre en effet au praticien la possibilité d'un dépistage et par conséquent d'un traitement précoce des pathologies rencontrées. Par ailleurs, il est possible que ces pathologies contribuent davantage à augmenter le risque de réforme de l'animal que celui d'infertilité ou d'infécondité. Au vu de notre étude, l'amélioration du pourcentage de gestation en première insémination constitue une priorité essentielle chez la vache laitière mais plus encore chez la vache viandeuse. Elle peut être espérée chez la première en évitant le recours à la césarienne, en prévenant la rétention placentaire qui prédispose aux infections du tractus génital, en évitant d'inséminer l'animal avant le 50ème jour du post-partum et en agissant sur les facteurs susceptibles de réduire l'anoestrus du postpartum Chez la vache viandeuse de race Blanc Bleu belge, la césarienne constitue un "mal nécessaire". La réduction de la fertilité qu'elle entraîne est le prix à payer mais non un obstacle à la politique de sélection viandeuse de plus en plus intensive menée dans cette spéculation. Le recours à des conditions optimales pour sa réalisation qu'elles soient de nature chirurgicales ou hygiéniques doit permettre de réduire les complications péritonéales et par conséquent à améliorer le pourcentage de gestation en première insémination. Nos résultats nous incitent par ailleurs à postposer après le 70ème jour du post-partum le moment de la première insémination chez la vache viandeuse et à ne pas recommander l'utilisation de spirales vaginales pour l'induction de la première chaleur après le vêlage. Sans doute, il serait intéressant d'étudier l'impact de solutions alternatives telles que la politique d'un sevrage précoce sur la réapparition rapide d'une activité ovarienne après le vêlage, facteur pouvant contribuer à réduire l'utilisation de traitements inducteurs.
L'influence des variables antérieures est pratiquement nulle dans les deux spéculations à l'exception toutefois de la fièvre vitulaire chez la vache laitière. Cette observation devrait inciter le praticien a tenir compte du passé métabolique de l'animal pour décider du traitement préventif des animaux à risque.
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/142129

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