Reference : Environmental Changes and Migration Flows. Normative Frameworks and Policy Responses.
Dissertations and theses : Doctoral thesis
Law, criminology & political science : Political science, public administration & international relations
http://hdl.handle.net/2268/137601
Environmental Changes and Migration Flows. Normative Frameworks and Policy Responses.
English
Gemenne, François mailto [Université de Liège - ULiège > Institut des sciences humaines et sociales > Centre d'études de l'ethnicité et des migrations (CEDEM) >]
3-Apr-2009
Université de Liège / Institut d'Etudes Politiques de Paris, ​​Belgium / France
Doctorat en Sciences politiques et sociales
493
Martiniello, Marco
Wihtol de Wenden, Catherine
Tubiana, Laurence
Black, Richard
Zetter, Roger
Castles, Stephen
van Ypersele, Jean-Pascal
[en] Migrations ; Environmental Changes ; Environment ; Refugees ; Asylum ; Climate change ; Public policies ; Natural disasters ; Displacements
[fr] Depuis quelques années, d’importants déplacements de populations sont régulièrement annoncés comme l’une des conséquences les plus dramatiques du changement climatique. Plusieurs dizaines de millions de personnes pourraient ainsi être contraintes à l’exil en raison des impacts du réchauffement global, selon les estimations les plus alarmistes. Ces prédictions, pourtant, relèvent d’une logique largement déterministe, qui simplifie souvent la relation entre dégradation environnementale et migrations à une causalité directe, et néglige l’importance des cadres normatifs.
Cette thèse prend le contre-pied de l’approche déterministe dominante, et soutient que l’ampleur et la nature de ces flux migratoires ne dépendent pas uniquement des impacts du changement climatique, mais également – et surtout – des politiques qui seront mises en place pour limiter ces impacts et encadrer ces migrations. Elle adopte une posture constructiviste, et s’interroge sur la manière dont les réponses politiques apportées jusqu’ici aux mouvements de population provoqués par des dégradations environnementales influencent la conceptualisation du phénomène de ‘migrations environnementales’.
Afin d’analyser le processus politique de mise en place de cadres normatifs et de réponses politiques en place au niveau international, la thèse utilise le modèle théorique de l’Advocacy Coalition Framework (ACF), mis au point par Sabatier et Jenkins-Smith.
Dans un premier temps, la thèse analyse l’émergence du concept de ‘migrations environnementales’ dans la littérature et à l’agenda politique. La littérature sur le sujet est traversée par une opposition entre deux courants de pensée, que j’ai qualifiés respectivement de ‘sceptique’ et d’ ‘alarmiste’. Le courant sceptique, composé essentiellement de spécialistes des migrations, soutient que toute migration est multi-causale, et que l’environnement n’est pas un facteur migratoire plus déterminant qu’un autre. Ainsi, les sceptiques estiment que le concept de ‘migration environnementale’, considéré comme un type spécifique de migration, n’a guère de sens. A l’inverse, les alarmistes, qui sont essentiellement des spécialistes de l’environnement, affirment que les dégradations de l’environnement constituent un facteur croissant de migrations forcées, qui ont déjà commencé. Ces deux courants de pensée, qui trouvent leur origine dans
un fossé disciplinaire, peuvent être analysés comme de véritables coalitions, qui pénètrent le processus politique. Le rôle des chercheurs dans la définition des politiques publiques est dès lors mis en avant, et la thèse émet l’hypothèse que cette opposition entre ‘alarmistes’ et ‘sceptiques’ a dépassé le champ académique pour traverser également le champ politique.
La thèse entreprend alors de décrire et d’analyser le développement de normes et de politiques s’appliquant aux déplacements de populations liés à des dégradations de l’environnement dans deux sphères politiques distinctes : les politiques environnementales d’une part, et migratoires d’autre part.
Dans les politiques environnementales, la thèse examine en particulier la gestion des catastrophes naturelles au niveau international, et les questions d’adaptation dans les négociations sur un nouveau traité international sur le changement climatique. Le domaine de la gestion des catastrophes naturelles s’est considérablement transformé au cours des dernières, et les personnes déplacées par les catastrophes sont au centre de plusieurs débats, ateliers et recommandations. Pour autant, ce sont négociations sur le changement climatique qui sont devenues, au fil des ans, le réceptacle premier des discussions et revendications sur les ‘migrations climatiques’.
Les politiques migratoires, par contre, ont évolué dans un sens très différent. Le régime international de l’asile n’a guère évolué depuis la Convention de Genève de 1951 et son Protocole additionnel de 1967, et n’a guère pris en charge les nouvelles configurations des migrations forcées dans le monde, comme l’importance croissante aux dégradations de l’environnement. Les politiques d’asile et de mobilité n’ont pas non plus véritablement intégré la question, se cantonnant à des formes de protection complémentaires et/ou non contraignantes, dont pourraient se prévaloir ceux qui sont déplacés par une catastrophe naturelle.
La thèse cherche à expliquer cette évolution différente par les différentes coalitions qui dominent ces sphères politique : les politiques migratoires sont dominées par les sceptiques, tandis que les politiques environnementales sont dominées par les alarmistes. Depuis le milieu des années 2000, les alarmistes dominent les débats sur les migrations environnementales, et ces débats se sont dès lors déplacés dans la sphère des politiques environnementales, et plus particulièrement dans celles des négociations sur le futur régime climatique. L’apparente réconciliation récente entre les deux coalitions marquent en réalité un glissement vers le terrain des politiques environnementales.
Ce glissement révèle que le phénomène de ‘migrations environnementales’ reste largement conceptualisé de manière déterministe, et comme une migration forcée, inéluctable conséquence de l’échec de l’adaptation. Or, des illustrations empiriques, provenant de terrains effectués à La Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina et à l’archipel de Tuvalu menacé par la montée des eaux, démontrent que cette conceptualisation ne correspond pas à la réalité des flux migratoires liés à des changements de
l’environnement. La thèse souligne donc le caractère socialement construit des migrations environnementales, et l’importance du rôle joué par les politiques publiques.
Centre d'Études de l'Ethnicité et des Migrations - CEDEM
Fonds de la Recherche Scientifique (Communauté française de Belgique) - F.R.S.-FNRS
Researchers ; Professionals ; Students
http://hdl.handle.net/2268/137601

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