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Diverse speeches and writings : Conference given outside the academic context
Life sciences : Environmental sciences & ecology
Life sciences : Phytobiology (plant sciences, forestry, mycology...)
http://hdl.handle.net/2268/94637
Amendements de bassins versants dans les Ardennes belges : effets sur l’eau de percolation et l’eau à l’exutoire
French
Carnol, Monique mailto [Université de Liège - ULiège > Département des sciences et gestion de l'environnement > Ecologie végétale et microbienne >]
Nov-1997
National
La santé de la forêt wallonne
7 novembre 1997
Ministère de la Région wallonne
Namur
Belgique
[fr] amendement ; bassin versant ; dépérissement forestier
[fr] Alors que des essais d’amendements en forêt se sont révélés peu rentables, un nouvel intérêt s’est manifesté pour ce type de traitement dans les années 1980, après les observations de jaunissement et de chutes d’aiguilles inhabituelles, notamment chez l’épicéa. Les causes de ce ‘nouveau dépérissement forestier’, parmi lesquelles citons, l’acidification des sols, la saturation de l’écosystème en azote et les déséquilibres nutritionnels, sont supposées agir de manière synergique. Les forêts ardennaises n’ont pas été épargnées par ce phénomène, et des symptômes de dépérissement forestier ont été rapportés en 1983 par Weissen (Weissen et al., 1983). Ce dépérissement serait dû à une augmentation de la pollution atmosphérique exacerbant la déficience en magnésium des arbres, qui se développent sur les sols ardennais naturellement pauvres en magnésium (Weissen et al., 1990). L’amendement a donc été conseillé comme mesure de protection et de correction de l’acidification des sols et des déséquilibres nutritionnels chez les arbres. Cependant, des effets secondaires potentiels, en particulier sur l’eau à l’exutoire (nappes et eau potable) et sur la solution du sol (nutrition des arbres) doivent être évalués.
Dans cette présentation, je résumerai les résultats d’une étude poursuivie dans 4 bassins versants boisés, en majorité, par l’épicéa commun (Picea abies [L.] Karst.). Les deux couples de bassins versants d’une taille d’environ 80 ha sont situées à la Croix Scaille (commune de Gedinne) et dans l’Hertogenwald (Hautes Fagnes), sur sol brun acide. Un bassin versant de chaque couple a été amendé par 3 T/ha de dolomie ((Ca, Mg)CO3 55/40) et de 200 kg/ha de K2SO4 en 1992 et 1993, respectivement. La pluie à découvert, les pluviolessivats (pluie interceptée par les arbres) et la solution du sol ont été analysés mensuellement, l’eau à l’exutoire toutes les 2 semaines. L’analyse en séries temporelles a été utilisée pour détecter des changements significatifs qui surviendraient dans les concentrations en éléments minéraux dans l’eau à l’exutoire et qui seraient dus à l’amendement. Par ailleurs, les flux entrants et sortants du bassin versant ont été calculés de manière à établir le bilan entrée-sortie des éléments dans la forêt et ainsi pouvoir évaluer les pertes de l’amendement vers le ruisseau.
Dans le bassin des Hautes Fagnes, la dissolution de la dolomie a influencé de manière significative les concentrations à l’exutoire. Les concentrations en magnésium ont augmenté immédiatement après l’amendement (Fig. 1), probablement à cause de l’écoulement de l’eau de pluie dans les couches supérieures du sol. Quatre années après le traitement, elles restent toujours supérieures aux concentrations observées avant l’amendement. Néanmoins, les quantités de magnésium perdues à l’exutoire sont faibles par rapport aux doses apportées par l’amendement.
Dans les 2 bassins amendés, les concentrations du calcium et des autres cations et anions majeurs de la solution du sol n’ont pas été influencées significativement par le traitement. Les concentrations en magnésium dans la solution du sol ont augmenté immédiatement et un an après l’amendement respectivement à environ 5 et 15 cm de profondeur. Les concentrations en calcium dans la solution du sol ont augmenté 3 ans après l’amendement. Ces résultats indiquent que, pour les sols étudiées et la dose d’amendement apportée, une grande partie de l’amendement est retenue dans les sols, et que, jusqu’à présent, les conséquences pour l’eau à l’exutoire sont peu importantes. En effet, seule la concentration en magnésium a augmenté de manière significative alors qu’aucun changement significatif n’a été détecté, jusqu'à présent, dans les teneurs en nitrates (Fig. 2) et en métaux lourds (Cd, Pb, Zn). On peut donc conclure que, sur base de nos analyses et dans la situation actuelle, l’eau de l’exutoire qui alimente le barrage-réservoir de la Gileppe n’a pas subi de modifications importantes à la suite de l’amendement. Il faut cependant souligner que la dissolution de l’amendement peut être lente dans les sols acides, et que des effets ‘à retardement’ sont possibles. De plus, une étude récente, comparant, « in situ », l’effet d’un amendement sur la solution du sol d’une chênaie et d’une pessière de même âge a montré une augmentation de la concentration en nitrates dans la solution de sol de la chênaie. Il faut donc rester prudent lors de l’extrapolation de ces résultats vers d’autres sites.



Figure 1. Influence d’un amendement dolomitique (3 T/ha) sur les concentrations en magnésium à l’exutoire d’un bassin versant.



Figure 2. Influence d’un amendement dolomitique (3 T/ha) sur les concentrations en nitrate à l’exutoire d’un bassin versant.


Références

Weissen, F., Letocart, H. & Van Praag, H.J., Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 2, 1-13 (1983)
Weissen, F., Hambuckers, A., Van Praag, H.J. and Remacle, J., Plant Soil 128, 59-66 (1990).
Ministère de la région wallonne
Researchers ; Professionals ; General public
http://hdl.handle.net/2268/94637

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