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Abstract :
[fr] Dans le cadre d’une recherche financée par la Communauté française de Belgique, nous avons interrogé la perception de l’extrémisme chez les jeunes (17-18 ans). Premièrement, nous nous sommes interrogés sur la façon dont les professeurs d’histoire, de français, de géographie de religion et de citoyenneté enseignent l’extrémisme à l’école: comment ils communiquent sur le sujet, quel savoir ils transmettent. Nous avons mené des entretiens dans 26 écoles. Deuxièmement, nous avons soumis des questions générales et ouvertes à 785 élèves de 17-18 ans. L’objectif n’est pas de proposer une définition de l’extrémisme aux jeunes mais d’interroger et de comprendre leur propre représentation de cette notion. Nous partons des réponses apportées par les élèves pour établir notre cadre de travail et des outils d’analyses. Nous nous interrogeons plus spécifiquement sur la construction des opinions chez les jeunes. Comment s’informent-ils ? Comment réagissent-ils par rapport à un contenu ou à un discours ? Que jugent-ils extrémiste ou non ? Quel est le poids du numérique et des réseaux sociaux dans la production de leur opinion, dans leur représentation des extrémismes ? Troisièmement, nous avons organisé 21 Focus Groups composés de 7 élèves tirés au sort et qui durent entre 50 et 60 minutes. Les Focus Group permettent de créer des espaces d’expression et de dialogue entre les jeunes afin qu’ils présentent leurs expériences, leurs ressentis et leurs questionnements. Notre approche se veut donc active et participative par la co-construction de savoir. Les discussions sont éclairées par des éléments théoriques tout comme ces derniers sont enrichis d’impressions, d’avis et de commentaires de la part des jeunes. Une fois ces étapes réalisées, nous pouvons alors mieux évaluer la compréhension ou non des extrémismes et des discours extrémistes par les jeunes. Lors de notre intervention, nous proposons de présenter les différentes étapes de notre recherche ainsi que les résultats qui en ressortent. Nous espérons ainsi initier une réflexion sur l’enseignement de l’extrémisme à l’école, la place et le rôle des jeunes face à cet enjeu politique et social ainsi que sur les pistes et les outils qui peuvent être proposés pour répondre aux difficultés rencontrées.