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Abstract :
[fr] Introduction : Les enfants confrontés à des traumatismes multiples peuvent présenter des symptômes sévères tout en mobilisant des capacités de résilience (APA, 2013). L’identification précoce de ces symptômes est essentielle pour soutenir ces ressources et prévenir leurs conséquences sur le développement (SAMHSA, 2014). Les outils d’évaluation numériques offrent aujourd’hui une alternative prometteuse aux supports papier grâce à leur accessibilité, leur interactivité et leur attrait pour les jeunes (Firth et al., 2017 ; Price et al., 2014). L’application Kooki, conçue par Art Team sous les indications de Mme de Kerchove et développée au profit de l’ASBL « Les Enfants de Panzi et d’Ailleurs », s’inscrit dans cette perspective. Initialement mise en œuvre en RDC auprès d’enfants exposés à des violences graves, la présente étude en examine la pertinence auprès de dyades mère-enfant issues de la population générale belge.
Méthodes : 102 dyades mère-enfant (3–12 ans) ont été rencontrées, à leur domicile, entre janvier et juin 2025. Les dyades ont été réparties aléatoirement en deux conditions : passation papier ou via Kooki. Les mères ont rempli l’Inventaire de Détresse Péritraumatique (IDP) et le Child Dissociativ.e Checklist (CDC). Les enfants ont complété le Child Post-Traumatic Stress Reaction Index (CPTS-RI). À l’issue, chaque dyade a évalué la satisfaction et la perception du support.
Résultats : Les propriétés psychométriques des questionnaires sont comparables entre formats (papier ou Kooki). Les enfants jugent la version numérique plus agréable et valorisent positivement l’avatar Kooki. Aucune différence significative n’apparaît selon l’âge, le sexe ou le vécu. A contrario, les mères, surtout lorsqu’elles présentent une détresse péritraumatique, préfèrent davantage le format papier. En outre, les enfants ont attribué une appréciation significativement plus élevée de l’avatar Kooki que leurs mères.
Conclusion : Kooki se révèle être un outil fiable et engageant pour l’évaluation du psychotraumatisme chez les enfants, tout en préservant des qualités psychométriques proches du support papier. L’application favorise l’adhésion des jeunes participants mais suscite des réticences chez certaines mères, rappelant la nécessité d’adapter le format aux besoins familiaux. Bien que menée en population générale, cette étude ouvre des perspectives cliniques et humanitaires, notamment dans les contextes où l’accès aux soins est limité. Des validations auprès de populations spécifiquement traumatisées restent nécessaires.