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Unpublished conference/Abstract (Scientific congresses and symposiums)
Patriahaharcat : analyse des rapports de pouvoir dans l’humour, de l’indignation à la remise en cause
Lebrun, Luce; Tribout, Lola; Diec, Alison
2025Colloque UR Cité "Dépasser les bornes 3.0 : Entre interdit et pouvoir"
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Keywords :
rapports de pouvoir; humour; empouvoirement; tokenisme; sexisme
Abstract :
[fr] « Le rire n’est ni contingent, ni neutre, il est hautement et pleinement significatif, c’est un acte porteur et producteur de sens, voire un fait social total, au sens que l’anthropologue Marcel Mauss donnait à ce concept : un phénomène qui synthétise, traverse et révèle tous les domaines de l'existence individuelle et collective au sein d'une société donnée » (Gazalé, 2024). C’est ainsi qu’Olivia Gazalé décrit cette émotion et réaction aux apparences si instinctives dans l’avant-propos de son ouvrage Le paradoxe du rire et nous invite à la considérer en tant que phénomène social. Traversé par des rapports de pouvoir, le rire « forme et défait [en effet] les liens à l’intérieur des groupes et joue un rôle prépondérant dans des stratégies sociales, culturelles ou même politiques » (Le Goff, 1997 : 452). Considéré comme une menace à certains prédicats de la condition féminine, le rire est longtemps resté un privilège masculin, étant taxé de mettre à mal « la beauté, car il distord les traits du visage; la bienséance, car il joue irrévérencieusement avec les codes sociaux; et enfin la bienveillance, car il est fondamentalement méchant » (Flandrin, 2021 : 256). Ces travaux soulignent la dimension genrée du rire et le fait que si le rire est déjà une transgression des normes, l’acte de faire rire est considéré comme d’autant plus grave. Il n’empêche qu’à partir du dernier quart du XXe siècle, les femmes finissent par investir la scène comique (Ibid.). Elles le font par ailleurs en bousculant les cadres de l’humour et en proposant de nouvelles esthétiques (Quemener, 2012). Ces espaces n’en restent cependant pas moins majoritairement masculins et sont toujours marqués et imprégnés par ces interdits. Dans le cadre de cette communication, nous nous intéresserons plus particulièrement à l’un de ces espaces : le milieu du stand-up. La présente communication repose sur une enquête menée en groupe, dans le cadre du séminaire « Découvrir la recherche qualitative par la pratique ». Organisé par l’Ecole doctorale thématique en Sciences Sociales, ce séminaire nous laissait libre cours quant au choix de notre problématique, portant initialement sur les expériences des humoristes débutant·e·s sur les scènes ouvertes. Dès l’entame de notre recherche cependant, nous nous sommes plus spécifiquement intéressées à l’expérience des femmes dans le stand-up, un milieu qui, certes, a évolué mais qui reste toujours majoritairement masculin. Nous avons alors questionné la manière dont se construit la légitimité de l’identité des stand-uppeuses mais surtout examiné les rapports de domination auxquels elles sont confrontées et qui organisent et régissent ce milieu. Enfin, nous avons interrogé les stratégies qu’elles adoptent pour dépasser ces rapports de pouvoir et évoluer dans le milieu du stand-up. Cette recherche s’appuie sur des entretiens semi-directifs menés auprès d’humoristes stand-uppeuses en Belgique francophone entre décembre 2024 et avril 2025. Elle s’est par ailleurs appuyée sur la méthode de la théorisation ancrée (Lejeune, 2014), objet d’apprentissage du séminaire doctoral dont il est ici question. Dans cette communication, nous proposons d’interroger la manière dont les rapports de pouvoir et les violences spécifiques auxquelles les femmes humoristes sont confrontées en raison de leur sexe les incitent à reprendre le pouvoir en imaginant et en construisant des espaces d’empouvoirement. Dans une première partie, nous nous intéresserons aux pressions spécifiques pesant sur les épaules des stand-uppeuses, qui deviennent des « tokens » (Kanter, 1977) dans ce milieu masculin. Sur notre terrain, la position minoritaire des femmes les enjoint à représenter l’humour féminin dans son ensemble. Un passage sur scène ayant suscité pas ou peu de rires devient alors la preuve d’une absence d’humour chez les femmes. Les stand-uppeuses se voient également servir de quotas et sont explicitement désignées comme tels par leurs homologues humoristes. Elles identifient par ailleurs différents rapports de domination qui prennent notamment la forme de discriminations et de violences sexistes et sexuelles. Enfin, dans une seconde partie, nous examinerons comment l’identification de ces violences basées sur le genre et l’adoption d’une grille de lecture féministe incitent les stand-uppeuses à remettre ces violences en question et à y réagir activement à travers différents types d’actions. Certaines d’entre elles vont ainsi créer des scènes « safes » pour s’émanciper de ces rapports de domination. En construisant ces nouveaux espaces et en produisant elles-mêmes du stand-up, les femmes humoristes prennent le pouvoir dans ce milieu. En effet, pour monter sur scène, les humoristes dépendent des producteur·ices. Une fois devenues productrices, ce sont les stand-uppeuses qui bookent les humoristes auxquel·les elles veulent donner de la visibilité et qui définissent les règles à respecter au sein de ces espaces.
Disciplines :
Sociology & social sciences
Author, co-author :
Lebrun, Luce   ;  Université de Liège - ULiège > Cité
Tribout, Lola  ;  Université de Liège - ULiège > Institut de recherche en Sciences Sociales (IRSS)
Diec, Alison   ;  Université de Liège - ULiège > Institut de recherche en Sciences Sociales (IRSS)
 These authors have contributed equally to this work.
Language :
French
Title :
Patriahaharcat : analyse des rapports de pouvoir dans l’humour, de l’indignation à la remise en cause
Publication date :
20 November 2025
Event name :
Colloque UR Cité "Dépasser les bornes 3.0 : Entre interdit et pouvoir"
Event organizer :
UR Cité de la Faculté de Droit, Science politique et Criminologie de l’Université de Liège
Event date :
20 novembre 2025
Peer review/Selection committee :
Peer reviewed
Available on ORBi :
since 20 November 2025

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