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Abstract :
[fr] Mon intervention porte sur la dimension du temps long qui caractérise le processus de sortie de l’emprise dans les violences intrafamiliales. Cette sortie s’inscrit dans une pluralité de temporalités : un va-et-vient entre confort et inconfort cognitifs, une prise de conscience d’abord conceptuelle puis réflexive, ainsi qu’une évolution progressive vers la reconnaissance de sa propre agentivité et le développement d’un pouvoir d’agir.
Par ailleurs, la présence d’enfants influe directement sur les décisions de la mère, sur son évaluation du danger et sur les marges d’action effectivement accessibles. L’auteur des violences peut instrumentaliser la parentalité pour maintenir son emprise, ce qui allonge et complexifie le parcours de séparation. Les mesures socio-judiciaires, notamment les modalités de garde, de résidence et d’organisation des contacts, interviennent également dans cette temporalité. Lorsqu’elles ne prennent pas en compte les mécanismes d’emprise, elles peuvent générer des obligations exposant la victime ou contribuer, parfois involontairement, à prolonger le maintien du contrôle.
Cette communication défend l’idée que la prise en compte du temps long est essentielle pour garantir la pertinence des décisions en matière de protection, de résidence et de contacts parentaux. Elle rappelle également que la sécurité des enfants, souvent premières victimes (parfois les moins visibles), doit constituer un critère central dans l’appréciation judiciaire et dans l’élaboration des réponses en contexte post-séparation.