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Abstract :
[fr] La partialité multidirectionnelle, définie par Boszormenyi-Nagy et Spark (1973), constitue une pierre angulaire de la thérapie contextuelle. Elle invite le thérapeute à manifester une prise de position singulière envers chacun des membres composant le système relationnel, y compris ceux qui sont absents, réduits au silence, ainsi que les membres des générations à venir (Haxhe, 2024, p.165). Plus qu’une simple technique, cette posture clinique et éthique représente un outil puissant de reconnaissance et de justice relationnelle, comme l’ont souligné plusieurs auteurs contemporains (Heyndrickx, 2024 ; Ducommun-Nagy, 2025). Dans le même temps, la co-intervention est reconnue, dans diverses approches thérapeutiques, comme un levier pour enrichir le regard clinique, offrir un soutien mutuel aux thérapeutes et créer un espace partagé qui améliore le dialogue thérapeutique, transforme leur posture, élargit leur compréhension commune et renforce la confiance réciproque (Lagogianni, C., Georgaca, E., & Christoforidou, D. 2023 ; Valdiviezo-Oña, J., Moreno-Oliva, M., Trujillo, J., Unda-López, A., Ortiz-Mancheno, N. and Paz, C., 2025).
Or, la littérature contextuelle s’est principalement centrée sur la partialité multidirectionnelle dans la relation entre le thérapeute et la famille, sans explorer en profondeur la façon dont cette partialité s’observe dans le sous-système thérapeutique lui-même, lorsque deux cliniciens interviennent ensemble. C’est précisément cette réflexion que notre atelier souhaite ouvrir : comment la co-intervention, loin d’être un simple partage de tâches, peut devenir un espace privilégié où se rejouent et se négocient les principes de justice relationnelle qui fondent l’approche contextuelle.
À partir de vignettes cliniques issues de pratiques en co-thérapie, nous illustrerons comment deux intervenants peuvent, chacun à leur manière, porter une partialité envers différents membres d’un système, et comment leurs divergences, mises en dialogue, peuvent soutenir la restauration d’un équilibre relationnel plus large. Nous inviterons les participants à réfléchir à la façon dont certaines loyautés, asymétries et responsabilités peuvent apparaître entre co-thérapeutes, et à la manière dont leur relation peut, dans certains cas, devenir une ressource clinique.
Nous souhaitons que notre workshop soit résolument interactif en invitant les participants à travailler sous-groupes sur de brèves vignettes cliniques, en adoptant chacun une posture de partialité distincte, avant de réfléchir à la manière dont ces propositions peuvent s’articuler pour soutenir l’intervention contextuelle. Plus largement, notre démarche vise à nourrir une réflexion collective sur les potentialités et les limites de la co-intervention en thérapie contextuelle, et à enrichir la compréhension de la partialité multidirectionnelle dans ses dimensions les plus concrètes et partagées.