No document available.
Abstract :
[fr] Le présent article est le compte‐rendu d’un terrain exploratoire réalisé sur le littoral sud‐ouest de Madagascar dans le cadre d'une future recherche doctorale portant sur les activités d’aquaculture dans la région administrative d’Atsimo‐Andrefana. Le littoral malgache sud‐ouest est décrit par les acteurs locaux et la littérature comme étant sous
pression démographique, avec une diminution des prises halieutiques et une perte de la biodiversité. Dans ce contexte, des initiatives d’aquaculture sont présentées comme une solution pour lutter contre la pauvreté de la population locale et contre la baisse de biomasse et la perte de biodiversité. Les activités d’aquaculture sont organisées autour de deux modèles de production, village farming et company farming. Celles‐ci impliquent travailleurs d’entreprises et villageois, en particulier des Vezo, ethnie décrite comme pêcheurs semi‐nomades et dont l’identité serait en péril face à des activités halieutiques et aquacoles. Ces activités ne font pas l’unanimité et sont aussi décrites comme relevant de processus d’accaparement et génératrices de faits de vols et de violences. Le terrain exploratoire avait pour but de rencontrer les acteurs impliqués dans ces activités et de cerner les principaux enjeux liés aux activités d'aquaculture. Plusieurs échanges, entretiens et observations ont été menés avec différents profils (villageois, chercheurs, responsables et travailleurs dans les entreprises et ONG).
Les premiers résultats aident à formuler une problématique qui vise à comprendre les
reconfigurations du littoral dans ses dynamiques territoriales, sociales et politiques. Cette
problématique interroge aussi l’existence d’une nouvelle ingénierie sociale et questionne plus largement la gestion des biens communs que forment le littoral et ses ressources.