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Abstract :
[fr] En 1995, Raymond Lemaire se souvenait que ce fut lors d'une réunion informelle préparatoire au Congrès de Venise (1964), avec Guglielmo de De Angelis d’Ossat, Carlo Ceschi, et sans doute Piero Gazzola, que « les lignes générales de l'organisation telles qu['ils] voul[aient] les présenter au congrès furent définies et où le nom d'ICOMOS, après de multiples propositions mort-nées, [vit] le jour entre un expresso et une grappa ». Élu, lors du même congrès, secrétaire général du bureau exécutif provisoire, aux côtés de plusieurs collègues parmi lesquels Piero Gazzola et Jean Sonnier, il participe activement à la rédaction des statuts et en assure la présentation à l'assemblée constitutive de Varsovie. Lors de la première assemblée générale, à Cracovie, il est élu secrétaire général de la nouvelle organisation aux côtés de Piero Gazzola, président. Bien que trois vice-présidents soient également désignés, les archives révèlent que dans les faits, durant les premières années, Lemaire et Gazzola sont seuls aux commandes. Présents lors de la plupart des colloques organisés à l'initiative des comités nationaux, en co-organisant eux-mêmes, ils oeuvrent sans relâche à augmenter le nombre de ces comités. Par ailleurs, ils parviennent, dès septembre 1966, à faire reconnaitre l'ICOMOS comme organisme consultatif auprès de l'UNESCO, ce qui en plus d'une légitimation officielle, ouvre à l'organisation le droit à des subsides et lui permet donc d'étendre ses activités. En 1967, l'ICOMOS se dote, grâce au soutien du ministre de la Culture française, Pierre Wigny, d'une revue internationale, « Monumentum », où Lemaire joue un rôle prépondérant puisque le comité de rédaction est essentiellement composé de membres du corps académique des deux sections de l'université de Louvain.
De 1965 à 1981, Raymond Lemaire se voit confier cinq mandats consécutifs : de secrétaire général, il succède à Piero Gazzola en tant que président en 1975, rôle qu’il assumera jusqu’en 1981. Cette implication dans le développement de l’organisation lui permet de se constituer un réseau international étendu, et de travailler en étroite collaboration avec d’autres organisations internationales telles que l’UNESCO et le Conseil de l’Europe. L’évolution de ses réflexions et de ses projets est indissociable de cette expérience internationale, et la nourrissent en retour.
Cette conférence abordera les moments forts de la relation entre Raymond Lemaire et l’ICOMOS, à travers le fil conducteur des assemblées générales de l’organisation.