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Abstract :
[fr] L’église de Germigny-des-Prés est l’héritière de l’oratoire érigé au début du 9e siècle par
Théodulfe (vers 750-821). Les objectifs, problématiques et démarches successivement mises
en place sur le site procèdent d’un enchaînement raisonnés, de collaborations et montages
budgétaires régionaux et internationaux, d’adaptation itérative et d’affinement des
questionnements sur base des données anciennes et des résultats d’enquêtes récentes
successives. Celles-ci visent le renouvellement des questions et des perspectives d’étude du
site, tout en développant une politique de valorisation du monument, y compris sur le plan
local. Les recherches conduites sur le terrain en 2018-2020 participent de cette réflexion
globale. Le rapport d’activités (2018-2020) se cantonne essentiellement à leurs résultats
mais nous en rappelons les acquis principaux des études préalables (2015-2018).
Entre 2018 et 2020, la campagne de sondage a permis de répondre à plusieurs
interrogations qui subsistaient depuis la fouille de 1930. La plus importante de ces réponses
est la matérialisation de l’absidiole nord du chevet. Jusqu’à présent, selon les auteurs, les
hypothèses variaient entre un plan à deux absidioles carolingiennes originelles, entérinant
donc les premières conclusions et le plan des fouilles publié dans le Congrès archéologique
de 1930, et l’hypothèse d’un ajout postérieur. Les derniers travaux confirment la première
hypothèse. Dans l’absidiole même, les sols conservés du haut Moyen Âge ont été observés à
109,82 et 109,54 NGF. Ceux-ci sont datés par 14C de la fin du 8e siècle environ, à l’instar de la
structure bâtie. Ces altitudes semblent correspondre au sol identifié à l’intérieur de l’église
durant les fouilles de 1930. Des niveaux similaires pourraient donc être préservé alentours.
Rare est le mobilier découvert en place. Il reflète néanmoins une part de l’occupation
ancienne du site, livrant notamment quelques rares tessons protohistoriques et antiques. Le
mobilier devient plus abondant à partir du haut Moyen Âge, on ne s’en étonnera pas, bien
qu’une seule strate homogène ait été identifiée pour la période contemporaine du premier
état de l’oratoire. Le lapidaire et les TCA sont par contre bien plus représentative du chantier
carolingien, et peuvent être corrélées à l’étude historiographique et critique approfondie de
l’édifice. À des fins démonstratives, nous en avons proposé trois états reconstitués : l’église
relevée en 2016 et 2020 ; l’église postérieure aux premières restaurations médiévales et
antérieure à la restauration du 19e siècle ; l’église carolingienne. Nos études ont également
permis d’identifier quelques problèmes en matière de conservation. Attirons l’attention sur
la présence de salpêtre dans la partie septentrionale de la mosaïque du cul de four qui
imposent de rester attentif à l’évolution de cette pathologie qui pourrait causer le
décrochement des tesselles et la dégradation de l’oeuvre.