Unpublished conference/Abstract (Scientific congresses and symposiums)
Le corps, au centre de la motivation
Stehlin, Baptiste
2020 • Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2020-2021 « Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté » Deuxième séance — Mercredi 18 novembre 2020 Corps et motivation : entre volontaire et involontaire
[fr] L’une des thèses centrales de Ricoeur dans Philosophie de la volonté (t. 1) est que le volontaire et l’involontaire ne peuvent se comprendre l’un sans l’autre. Incarné et situé, l’homme pâtit en même temps qu’il veut et agit. Dans cette perspective, l’expérience de la motivation exige que l’on ne se contente ni d’expliciter la décision comme un décret arbitraire, ni de réduire le motif à une cause. Dès lors, il s’agit pour Ricoeur de se départir du préjugé intellectualiste selon lequel l’originalité de la motivation résiderait dans sa rationalité et son opposition au déterminisme des désirs et des besoins. Afin de donner toute son envergure à cette expérience, il faut en effet pouvoir inclure dans le « champ total de motivation » les tendances corporelles au même titre et sur le même plan que tout autre motif. Pourtant, ces sollicitations corporelles semblent à première vue davantage prendre la forme d’une impulsion motrice que de véritables raisons d’agir. Comment dès lors le corps peut-il mouvoir une volonté selon, comme le dit Ricoeur, « une motion que notre arbitre adopte en décidant » ? Nous tenterons de répondre à cette question à partir d’une lecture du chapitre II de la première partie de l’ouvrage. Nous reviendrons d’abord sur la distinction fondamentale entre motif et cause que Ricoeur emprunte à l’analyse de Pfänder dans Motive und Motivation [1911] (1) ; nous examinerons ensuite comment la compréhension ricoeurienne du besoin comme motif révèle l’ancrage corporel de valeurs spécifiques (2) ; ainsi, nous espérons montrer que pour Ricoeur, le corps n’est pas seulement une « source » de motifs, mais occupe une place centrale dans toute motivation (3).
Research Center/Unit :
CRAL/ fonds Ricoeur
Disciplines :
Philosophy & ethics
Author, co-author :
Stehlin, Baptiste ; Université de Liège - ULiège > Département de philosophie > Phénoménologies
Language :
French
Title :
Le corps, au centre de la motivation
Publication date :
18 November 2020
Number of pages :
10
Event name :
Atelier des doctorants CRAL-EHESS/Fonds Ricœur 2020-2021 « Corps, narration et affectivité : enjeux d’une philosophie de la volonté » Deuxième séance — Mercredi 18 novembre 2020 Corps et motivation : entre volontaire et involontaire
L’une des thèses centrales de Ricoeur dans Philosophie de la volonté (t. 1) est que le volontaire et l’involontaire ne peuvent se comprendre l’un sans l’autre. Incarné et situé, l’homme pâtit en même temps qu’il veut et agit. Dans cette perspective, l’expérience de la motivation exige que l’on ne se contente ni d’expliciter la décision comme un décret arbitraire, ni de réduire le motif à une cause. Dès lors, il s’agit pour Ricoeur de se départir du préjugé intellectualiste selon lequel l’originalité de la motivation résiderait dans sa rationalité et son opposition au déterminisme des désirs et des besoins. Afin de donner toute son envergure à cette expérience, il faut en effet pouvoir inclure dans le « champ total de motivation » les tendances corporelles au même titre et sur le même plan que tout autre motif. Pourtant, ces sollicitations corporelles semblent à première vue davantage prendre la forme d’une impulsion motrice que de véritables raisons d’agir. Comment dès lors le corps peut-il mouvoir une volonté selon, comme le dit Ricoeur, « une motion que notre arbitre adopte en décidant » ? Nous tenterons de répondre à cette question à partir d’une lecture du chapitre II de la première partie de l’ouvrage. Nous reviendrons d’abord sur la distinction fondamentale entre motif et cause que Ricoeur emprunte à l’analyse de Pfänder dans Motive und Motivation [1911] (1) ; nous examinerons ensuite comment la compréhension ricoeurienne du besoin comme motif révèle l’ancrage corporel de valeurs spécifiques (2) ; ainsi, nous espérons montrer que pour Ricoeur, le corps n’est pas seulement une « source » de motifs, mais occupe une place centrale dans toute motivation (3). Abstract publié sur : http://www.fondsricoeur.fr/fr/pages/atelier-des-doctorants-du-fonds-ricoeur-cral-ehess-2020-2021.html