Reference : PHILOSTORY Autour du spectacle de Louise Vanneste : « Therians »
Diverse speeches and writings : Conference given outside the academic context
Arts & humanities : Performing arts
Arts & humanities : Philosophy & ethics
http://hdl.handle.net/2268/216871
PHILOSTORY Autour du spectacle de Louise Vanneste : « Therians »
French
Hagelstein, Maud mailto [Université de Liège - ULiège > Département de philosophie > Esthétiques phénoménologiques et esth. de la différence >]
Pfeiffer, Natacha [Université Saint-Louis - Bruxelles > Philosophie > > Post-doctorat >]
Michaud, Philippe-Alain [Musée National d'Art Moderne - MNAM Paris (Beaubourg) > Collection filmiques > > >]
Vanneste, Louise [Chorégraphe - danseuse > > > >]
13-Nov-2017
National
PHILOSTORY
Maud Hagelstein / Théâtre de Liège
[fr] danse ; animal ; image ; cadre ; cinéma des premiers temps ; montage
[en] We often hear that dance has nothing to do with images, that it does not produce symbols, and that it escapes representation. We know what justifies this idea: dance would be the very presentation of movement, of its intrinsic power, in other words, the movement performed rather than represented. However, even if we agree on the idea that dance does not illustrate something, this does not mean that it does not create alliances with the world of images. The meeting around "Therians" will provide an opportunity to make visible the very stimulating resources offered by image theory for a knowledge of movement. Dialoguing here with two film specialists, Louise Vanneste will be able to unfold the visual devices experienced in her work (editing, contrasts/contacts, frame, metamorphoses, hybridity, etc.).
[fr] On entend souvent dire que la danse n’a rien à voir avec les images, qu’elle ne produit pas de symboles, et qu’elle échappe au régime de la représentation. On sait ce qui justifie cette idée : la danse serait la présentation même du mouvement, de sa puissance intrinsèque, autrement dit le mouvement exécuté plutôt que représenté. Or, quand bien même on s’accorderait sur l’idée que la danse n’illustre rien, cela ne veut pas dire pour autant qu’elle ne créée pas d’alliances avec le monde des images. La rencontre autour de « Therians » offrira l’occasion de rendre visibles les ressources très stimulantes offertes par la théorie de l’image pour un savoir du mouvement. Dialoguant ici avec deux spécialistes du cinéma, Louise Vanneste pourra déplier les dispositifs visuels expérimentés dans son travail (montage, contrastes/contacts, cadre, métamorphoses, hybridité, etc.).
Traverses
Théâtre de Liège
Researchers ; Professionals ; Students ; General public
http://hdl.handle.net/2268/216871
PHILOSTORY
Autour du spectacle de Louise Vanneste :
« Therians »
Avec Louise Vanneste, Philippe-Alain Michaud & Natacha Pfeiffer


On entend souvent dire que la danse n’a rien à voir avec les images, qu’elle ne produit pas de symboles, et qu’elle échappe au régime de la représentation. On sait ce qui justifie cette idée : la danse serait la présentation même du mouvement, de sa puissance intrinsèque, autrement dit le mouvement exécuté plutôt que représenté. Or, quand bien même on s’accorderait sur l’idée que la danse n’illustre rien, cela ne veut pas dire pour autant qu’elle ne créée pas d’alliances avec le monde des images. La rencontre autour de « Therians » offrira l’occasion de rendre visibles les ressources très stimulantes offertes par la théorie de l’image pour un savoir du mouvement (ou même pour un savoir-mouvement, pour reprendre le titre de la préface écrite par Georges Didi-Huberman pour un livre de Philippe-Alain Michaud). Dialoguant ici avec deux spécialistes du cinéma, Louise Vanneste pourra exposer et déplier avec nous les dispositifs visuels expérimentés dans son travail.

En tant que conservateur des collections de films du Centre Georges Pompidou, le philosophe Philippe-Alain Michaud entretient une relation concrète autant que théorique aux documents filmiques. L’étude du mouvement prend dans ses livres une dimension centrale et prioritaire – et affecte aussi son rapport à la pensée, le poussant à produire des formes de savoir non-statiques, sans clôture trop rapide, aptes à se remettre en jeu au contact de manifestations culturelles hétérogènes. Bien sûr, l’étymologie du mot « cinéma » indique en elle-même l’importance du mouvement, mais P.-A. Michaud donne à cette question une amplitude inédite, notamment en l’envisageant dans des pratiques artistiques antérieures à l’invention du cinématographe, y compris pour l’image fixe. Car en effet, pourquoi penser la figure – par ex. dans une peinture renaissante – comme une entité stable plutôt que comme un jeu de forces ? N’y a-t-il pas de la danse dans les images, même immobiles ? P.-A. Michaud développe un projet vraiment original, qui fait en quelque sorte sortir le film du dispositif cinématographique moderne, qui l’émancipe de cette seule forme (le spectateur immobile devant un écran), pour en faire un modèle plus large, « de-spécifié », actualisé dans de multiples formes d’expression, artistiques et/ou populaires. On pourra avec lui tenter de répondre à la question : qu’est-ce que la danse contient en elle de filmique ?

Natacha Pfeiffer a récemment défendu à l’université Saint-Louis-Bruxelles une thèse très stimulante intitulée : « Origine, répétition, recréation. Pour une philosophie du cadre à partir du cinéma muet hollywoodien ». Son travail manifeste une grande habileté à analyser les formes, les configurations, les dispositifs, les plans, les raccords et les rapports, c’est-à-dire à faire émerger la puissance cinématographique des films muets qu’elle étudie. Elle a montré – depuis l’intérieur du médium – comment l’image parle d’elle-même à travers le film, comment elle expose sa propre mécanique, son mode de fonctionnement. À partir de là, N. Pfeiffer a développé une théorie du cadre, de sa dynamique, des hors-champs qu’il suppose, des fissures et des interstices qui lui donnent sens. Son regard contribuera à offrir des pistes de lecture originales sur le travail chorégraphique réalisé dans « Therians ».

Louise Vanneste est une chorégraphe qui compte dans le champ de la danse contemporaine. Elle prend le risque d’ouvrir son terrain de recherche à des formes artistiques hétérogènes (musique, vidéo, arts plastiques) – elle le fait avec un goût manifeste pour la pensée, et dans une grande intelligence des effets produits par les expériences qu’elle mène. Therians est un solo pour deux danseurs qui croise danse et littérature, empruntant sa structure au roman Orlando de Virginia Woolf. Mais c’est du côté de la théorie de l’image et du cinéma qu’on a choisi – pour une soirée – d’emmener Louise Vanneste. Pour plusieurs raisons qui semblent propres à son travail et qui ont attiré notre regard : sa réflexion sur les notions de présentation/représentation (par ex. au départ de recherches sur les parades d’oiseau), son lien très fort au dispositif du montage, l’usage des effets de contrastes et de contacts, les thèmes de la métamorphose et de l’hybridité, la question du double et de la symétrie, l’expérience d’espaces intermédiaires, le travail sur le son (guidé encore une fois par le brillant compositeur Cédric Dambrain).


Soirée animée par Maud Hagelstein, avec Philippe-Alain Michaud (philosophe), Natacha Pfeiffer (philosophe), et Louise Vanneste (chorégraphe/danseuse).

Philippe-Alain Michaud donnera une conférence à l’ULiège le même jour (13 novembre) à 14h – Place du XX août, salle Lumière. Renseignements : Maud.Hagelstein@ulg.ac.be

Sur Louise Vanneste (pour page Facebook etc.) :

http://maculture.fr/entretien/louise-vanneste-therians/

Sur Philippe-Alain Michaud :

https://www.franceculture.fr/personne-philippe-alain-michaud.html

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