Reference : PHILOSTORY : autour du spectacle d’Isabelle Pousseur « Last Exit to Brooklyn (Coda) »...
Diverse speeches and writings : Conference given outside the academic context
Arts & humanities : Philosophy & ethics
Arts & humanities : Performing arts
Arts & humanities : Literature
http://hdl.handle.net/2268/216870
PHILOSTORY : autour du spectacle d’Isabelle Pousseur « Last Exit to Brooklyn (Coda) » (Hubert Selby Jr.)
French
Hagelstein, Maud mailto [Université de Liège - ULiège > Département de philosophie > Esthétiques phénoménologiques et esth. de la différence >]
Janvier, Antoine mailto [Université de Liège - ULiège > Département de philosophie > Département de philosophie >]
Despret, Vinciane mailto [Université de Liège - ULiège > Département de philosophie > Département de philosophie >]
Morizot, Baptiste [Université d'Aix-Marseille > Philosophie > UMR7304 > >]
Pousseur, Isabelle [Théâtre Océan Nord > > > >]
2-Oct-2017
National
PHILOSTORY
Maud Hagelstein / Théâtre de Liège
[fr] diplomate ; animal ; espaces saturés ; ville ; alliances ; vie urbaine
[en] What are the links between the return of the wolf to the forests of the Cévennes and life in Brooklyn's urban communities? This large apparent gap is the challenge for the thought of the next Philostory evening organised at the Théâtre de Liège (02/10). On the one hand, Isabelle Pousseur's play, Last Exit to Brooklyn (Coda), based on Hubert Selby Jr.'s text on the life of a building in a major American city and the social relations that are established there. On the other hand, the unprecedented experience of a philosopher seeking to think about the spontaneous return of the wolf to France, and building from there new figures of the "diplomat". By crossing these two narratives, we can consider new forms of cohabitation, new ways of composing relationships, which take into account without denying them the fear of the savage, violence (power of conflict), promiscuity, a sense of territory, the inequality of relationships, but also the need for alliances and the invention of a common language. A plea for a different model of diplomacy.
[fr] Quels liens peut-on tracer entre le retour du loup dans les forêts des Cévennes et la vie dans les communautés urbaines de Brooklyn ? Ce grand écart apparent constitue le défi pour la pensée de la prochaine soirée Philostory organisée au Théâtre de Liège (02/10). D’un côté, le spectacle d’Isabelle Pousseur, Last Exit to Brooklyn (Coda), au départ du texte que Hubert Selby Jr. consacre à la vie d’un immeuble dans une grande ville des Etats-Unis et aux rapports sociaux qui s’y nouent. De l’autre, l’expérience inédite d’un philosophe cherchant à penser le retour spontané du loup en France, et construisant à partir de là de nouvelles figures du « diplomate ». En croisant ces deux récits, on pourra envisager de nouvelles formes de cohabitation, de nouvelles façons de composer les relations, qui prennent en compte sans les nier la peur du sauvage, la violence (puissance de conflit), la promiscuité, le sens du territoire, l’inégalité des rapports, mais aussi la nécessité des alliances et de l’invention d’un langage commun. Vers un modèle différent de la diplomatie.
Traverses / MAP
Théâtre de Liège
Researchers ; Professionals ; General public
http://hdl.handle.net/2268/216870
http://theatredeliege.be/evenement/autour-spectacle-disabelle-pousseur/
PHILOSTORY
Autour du spectacle d’Isabelle Pousseur :
« Last Exit to Brooklyn (Coda) » (Hubert Selby Jr.)
Avec Isabelle Pousseur, Baptiste Morizot, Vinciane Despret & Antoine Janvier

Quels liens peut-on tracer entre le retour du loup dans les forêts des Cévennes et la vie dans les communautés urbaines de Brooklyn ? Ce grand écart apparent constitue le défi pour la pensée de la prochaine soirée Philostory organisée au Théâtre de Liège (02/10).

Le spectacle d’Isabelle Pousseur, Last Exit to Brooklyn (Coda), raconte – à partir du texte de Hubert Selby Jr. – 24h de la vie d’un immeuble dans une grande ville des Etats-Unis. Avec son langage oral, franc et violent, le récit nous plonge au cœur d’une communauté constituée de couples, de familles et de groupes qui occupent les territoires à l’extérieur de l’immeuble. Dans le contexte de la vie urbaine des années 1950-1960 aux Etats-Unis, les rapports sociaux et affectifs qui se nouent entre les individus sont touchés par la violence et par l’inégalité. Les hommes et les femmes ne partagent pas équitablement le temps : leurs relations au repos (« temps libre ») et leurs relations au plaisir ne sont pas les mêmes. Les femmes sont privées parfois de vie réelle ; elles vivent strictement pour les hommes. Isabelle Pousseur explore à partir du tissu de relations décrit par H. Selby Jr. les problèmes de coexistence. Car vivre ensemble n’a rien de naturel. Observé sur son territoire urbain et dans son espace domestique, le couple sera interrogé dans son animalité et dans sa violence. Comment composer malgré les disputes, la misère et la méchanceté ? Comment construire un habitat viable, dans quelle intelligence des rapports ? Les modalités possibles de la coexistence sont variées, mais il apparaît que pour survivre, il importe avant tout d’appartenir à un groupe, de nouer des alliances, entre familles, entre bandes.

Dans son ouvrage Les diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (Wildproject 2016), Baptiste Morizot pense l’écologie des rapports au départ d’une situation toute différente – mais qui pourra jouer comme grille d’analyse inédite du spectacle Last Exit to Brooklyn (Coda). Dans les Cévennes, durant les deux dernières décennies, les habitants ont assisté au retour du loup, animal sauvage, super-prédateur et nuisible aux élevages. Le loup est là, il se rapproche chaque année un peu plus des régions habitées, dans les villages et jusqu’aux abords des grandes villes. Comment traiter avec lui ? En philosophe, Morizot envisage la situation en multipliant les angles, pour la saisir dans toute sa complexité. Le loup est un animal qui suscite des réactions toujours vives et paradoxales : il est redouté voire détesté par les éleveurs, mais sacré ou sanctifié par les écologistes, qui saluent sa réapparition dans les forêts (parfois en comprenant mal ou en méprisant le problème des bergers). Il est pour l’homme à la fois son rival, en tant qu’il le prive de ressources lorsqu’il s’attaque aux troupeaux d’ovins domestiques, et son fantasme. Mais comment parvenir à vivre avec le sauvage – en nous, et hors de nous ? Entre sacralisation et éradication du loup, quels nouveaux chemins dessiner ? La philosophie intervient à cet endroit précis, quand « les anciennes techniques familières de gestion du réel deviennent inopérantes » et qu’il s’agit d’élaborer de nouveaux modèles, de dessiner autrement la carte des relations. À travers son enquête de « philosophe-pisteur » sur les loups, Baptiste Morizot pose la question des modes de cohabitation et de notre aptitude au partage de l’espace. Son ouvrage propose une nouvelle figure, celle du diplomate, qui engage des enjeux écologiques et politiques larges. Le diplomate, littéralement « celui qui se plie en deux », transforme le rapport dominateur à l’égard du vivant, compose avec les rivalités, forge de nouvelles alliances, délimite un terrain d’entente, se positionne comme interprète pour trouver un langage commun, développe des moyens de faire pression. Il fait passer des messages, pose des limites et signifie des interdits.

Le spectacle Last Exit to Brooklyn (Coda) et l’ouvrage Les diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant se croisent autour du problème de la cohabitation – et offriront une occasion originale et stimulante de repenser l’écologie des rapports et des alliances possibles entre les vivants.


Soirée animée par Maud Hagelstein, avec Baptiste Morizot (philosophe), Vinciane Despret (philosophe), Antoine Janvier (philosophe) et Isabelle Pousseur (metteuse en scène).


Sur Baptiste Morizot (liens en ligne pour page Facebook etc.) :

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/les-diplomates-par-baptiste-morizot

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170405.OBS7625/le-loup-est-de-retour-il-faut-negocier-avec-lui.html

« Le paradoxe de la modernité, c’est le retour du sauvage »
http://www.loup.org/spip/Le-paradoxe-de-la-modernite-c-est,1156.html

There is no file associated with this reference.

Bookmark and Share SFX Query

All documents in ORBi are protected by a user license.