Reference : Réseau de copies artistiques autour de la tombe de Pahéry d'Elkab
Dissertations and theses : Master's dissertation
Arts & humanities : Art & art history
http://hdl.handle.net/2268/213216
Réseau de copies artistiques autour de la tombe de Pahéry d'Elkab
French
Devillers, Alisée mailto [Université de Liège > Département des sciences historiques > Archéologie égyptienne >]
2016
Université de Liège, ​Liège, ​​Belgique
Master en histoire de l'art et archéologie, orientation générale, à finalité approfondie
Laboury, Dimitri mailto
[en] Artist ; 18th dynastie ; Painter ; Copying Network ; Elkab
[fr] Il s'agissait, à travers ce mémoire de fin de master, de s'intéresser à la question de l’artiste en Égypte antique en abordant le cas de Pahéry d'Elkab, qui s’est représenté en tant que peintre (« sS-qd ») et chef des travaux dans la tombe de son grand-père, le héros de guerre Ahmose fils d’Abana (EK - pour Elkab - 5), et qui, par la suite, est devenu gouverneur d’Elkab et d’Esna, soit une carrière peu banale pour un artiste. Grâce à son statut de nomarque, Pahéry a pu faire réaliser sa propre tombe, qui porte de multiples traces de son ancienne activité professionnelle de peintre. Cette chapelle funéraire, la EK 3, se trouve au centre d’un réseau de copies artistiques suffisamment bien documenté que pour permettre de retracer avec précision la transmission de motifs iconographiques et textuels d’une tombe à l’autre. Cette thématique des copies, qui a servi de base documentaire pour aborder une véritable individualité artistique fut par ailleurs l’occasion de proposer une brève comparaison transculturelle entre l’ère pharaonique et la Renaissance italienne.
La tombe de Pahéry d’Elkab a, dans un premier temps, été décrite et analysée, en cherchant à déterminer la situation chronologique, la carrière et la généalogie de son propriétaire. Différents termes et concepts relatifs au processus de « copie » ont ensuite été définis, avec une attention particulière à la « copie d’invention » – ou emprunt créatif, – un procédé essentiel pour comprendre la conception égyptienne de la notion de « créativité ».
Ensuite, ont été envisagées tour à tour les tombes d’Ahmose, fils d’Abana (EK 5) et d’Ounsou (TT A4), toutes deux vraisemblablement réalisées par Pahéry lui-même. La tombe TT A4, située dans la nécropole thébaine mais dont on a aujourd’hui perdu la localisation précise, bien que certains fragments en soient aujourd’hui conservés au Musée du Louvre, s’est avérée particulièrement intéressante dans la mesure où son analyse permet de suggérer que Pahéry a réutilisé pour son propre monument funéraire des éléments iconographiques et textuels qu’il avait précédemment mis au point dans l’exercice de son ancienne profession de « sS-qd », dans la tombe d’Ounsou.
Dans un troisième temps, ce sont les tombes voisines de Sétaou, chef des prêtres de Nekhbet qui a commandité une version du programme iconographique de la EK 3 remise au goût du jour de l’époque ramesside, et de Réneny, ancien gouverneur d’Elkab, qui ont été abordées. En reprenant l’organisation générale et le concept des scènes agricoles de cette dernière chapelle et en utilisant la forme monocamérale traditionnelle des tombes de l’antique Nekheb (actuelle Elkab), Pahéry s’est volontairement intégré dans le paysage monumental et historique de la nécropole d’Elkab.
En guise de conclusion, l’analyse comparée des différentes modalités de copies observées, ainsi que de leurs motivations, a été replacée dans le cadre conceptuel de l’« intericonicité », récemment introduit en Égyptologie, afin de dépasser les limites et les connotations – souvent négatives et restrictives – de la notion habituelle de « copie ». La personnalité singulière de Pahéry d’Elkab a en outre été comparée à celle de Giorgio Vasari, un autre artiste – certes nettement plus récent – qui eut également à cœur de mettre en scène son individualité dans un monument destiné à sa postérité et à sa commémoration. A cet égard, la comparaison avec la Renaissance, une époque qui vit tout à la fois un recours très important au processus de la copie et le développement – ou à tout le moins le renouvellement – d’un véritable statut de l’artiste, s’est déjà révélée très stimulante et éclairante pour étudier un cas issu de l’Égypte antique.
http://hdl.handle.net/2268/213216

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