Reference : Négocier les discours (in)sécuritaires au quotidien: le cas du #Brusselslockdown
Scientific congresses and symposiums : Unpublished conference/Abstract
Social & behavioral sciences, psychology : Communication & mass media
http://hdl.handle.net/2268/210800
Négocier les discours (in)sécuritaires au quotidien: le cas du #Brusselslockdown
French
Wintgens, Caroline mailto [Université de Liège > Département des Arts et Sciences de la communication > Médiation esthétique et théories de la réception >]
23-Mar-2017
No
Yes
International
Parler du quotidien au quotidien dans les médias sociaux
du 22 au 23 mars 2017
Toulouse
France
[en] Security ; insecurity ; Public space ; Social network ; #BrusselsLockdown
[fr] Cette communication a pour objectif d’interroger les discours sécuritaires, leur inscription dans le quotidien et leur réception par les usagers de réseaux sociaux au quotidien, à travers le cas du #Brusselslockdown. Ce hashtag, apparu sur Twitter le 22 novembre 2015, a pour particularité d’avoir été inondé d’images et vidéos de chats suite à la demande des autorités belges de ne plus diffuser d’informations sur les opérations policières en cours à Bruxelles
Ce cas est approché à travers la question des mises en scène (Goffman, 1973) de la sécurité et de la performativité (Butler, 2005) de celles-ci. Les discours sur la sécurité (ceux qui apparaissent dans les médias comme ceux qui apparaissent dans l’espace public) sont performatifs. La sécurité, le danger, la menace n’existent pas en soi, ils sont construits par le discours. L’Etat et ses représentants participent à cette construction, et donc à définir ce qui est sûr et ce qui est menaçant, puisque leur légitimité repose sur la promesse de maintenir la sécurité (Campbell, 1992). D’après Campbell, Il s’agit pour l’Etat d’assurer la sécurité des citoyens face à une menace qu’il contribue à construire, mais aussi de faire savoir qu’il assure cette sécurité. Reste alors aux usagers des médias, de l’espace public, à négocier avec ces mises en scène qui semblent toujours plus présentes dans le quotidien à travers les discours politiques, la presse, les réseaux sociaux ou encore l’espace public urbain. Sur les réseaux sociaux, les usagers sont invités à parler de ce quotidien. Ils participent alors eux aussi à la construction des discours sécuritaires, et donc de la définition de l’(in)sécurité.
La particularité de ce qui s’est passé sur Twitter le soir du 22 novembre est que le discours sécuritaire consistait précisément à masquer celui-ci, à le rendre invisible. Mais cette injonction au silence, réappropriée et détournée (De Certeau, 1990) par les usagers de Twitter, lui a donné une visibilité particulière. A travers ce détournement, on assiste au retour du quotidien et du domestique au cœur même d’une situation exceptionnelle relative aux affaires publiques. L’action se déplace dans l’espace privé et le met en scène. Ce brouillage des frontières ne porte cependant pas sur la définition de l’(in)sécurité. Si ces discours participent à construire celle-ci, c’est finalement pour réétablir des représentations qui sont déjà bien ancrées: le domestique est sûr, l’espace public est menaçant. Sous le hashtag #BrusselsLockdown, la représentation du domestique nous protège, celle de ce qui se déroule dans l’espace public nous met en danger.
http://hdl.handle.net/2268/210800

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