No document available.
Abstract :
[fr] Le terme d'insight désigne la conscience et la compréhension que le malade a de son trouble mental (Raffard, 2007). La prévalence du manque d'insight dans la schizophrénie est élevée puisque 50 à 80% des patients n'aurait pas conscience de leur maladie (Amador et Gorman, 1998). L'objectif de notre étude est d'investiguer la conscience qu’une personne atteinte de schizophrénie a de ses troubles en utilisant une méthodologie d’inspiration phénoménologique. Pour atteindre notre objectif, nous avons choisi un outil issu des travaux de la psychopathologie phénoménologique. L’échelle EASE [Evaluation des Anomalies de l'Expérience de Soi] (Parnas et al., 2012) permet d'appréhender la conscience des troubles de façon qualitative et selon une perspective en première personne. Nous avons également utilisé le Self-Appraisal of Illness Questionnaire (SAIQ, Marks et al. 2000), permettant l'évaluation de l'insight de manière quantitative. Notre population, composée de sujets schizophrènes, est divisée en deux groupes : ceux ayant un bon insight et ceux ayant un faible (révélés par le SAIQ). Nous avons évalué la conscience des troubles à l'aide de l’EASE chez 14 hommes schizophrènes de 51 ans d’âge moyen. Notre hypothèse était que, plus le sujet peut parler des expériences qu'il vit – donnée qualitative que nous évaluons avec l'échelle EASE qui facilite l'énonciation de ses troubles – plus le sujet a conscience de sa maladie. Les deux tiers de notre échantillon confirment notre hypothèse. Notre étude met en exergue que l’insight est un phénomène difficile à appréhender qui mérite d’être étudié dans une perspective en première personne. Parnas et Henriksen (2014) estiment que l’échec de programmes thérapeutiques et de psychoéducations ainsi que la faible observance de la médication est souvent le résultat d'une compréhension inadéquate de la nature du concept d’insight dans la schizophrénie.