No document available.
Abstract :
[fr] L’analyse des politiques sociales met de plus en plus en scène des individus saisis à travers leurs trajectoires, leurs parcours d’emploi, de vie, de formation ou d’insertion. Au cours de ces dernières années, de nouvelles politiques sociales se sont surtout adressées à des publics largement fragilisés par la montée des multiples insécurités d’existence. A ces mêmes publics, il s’est souvent agi d’assurer une continuité des droits alors qu’ils connaissaient des trajectoires discontinues et de plus en plus incertaines.
Ces récentes évolutions traduisent sans doute une orientation biographique des politiques sociales annonçant un profond mouvement de dérégulation de l’héritage providentiel. A terme, derrière ce « tournant biographique » un nouvel ordre social plus incitatif - cherchant à faire de tout un chacun l’entrepreneur de sa propre vie – tend à se mettre en place. Passant de politiques protectionnelles dites « passives » à des politiques plus incitatives, nous serions dorénavant entrés dans l’ère de l’Etat social actif.
Dans ce contexte, toute une nouvelle rhétorique de l’action publique aurait désormais vu le jour. Elle en appellerait à la production de récits singuliers, à la mobilisation des capacités individuelles, à l’autonomie des individus et à l’activation de leurs parcours. Ces évolutions sensibles interrogent la mise en œuvre de ces nouvelles politiques sociales et le sens de leurs évolutions. Elles appellent également une clarification des mots et des concepts auxquels recourent les sciences sociales pour saisir l’ampleur des transformations actuellement en cours. Ainsi, les termes de parcours, de trajectoires, de bifurcations, de carrières n’apparaissent-ils pas par hasard dans la sémantique contemporaine des sciences sociales. Après avoir posé le cadre des évolutions politiques contemporaines, ils méritaient bien quelques éclaircissements.