Publications of Catherine Lanneau
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See detailLiège dans l’entre-deux-guerres
Lanneau, Catherine ULiege

Conference given outside the academic context (2016)

Dans les années 1920 et 1930, Liège, qui fut aux premières loges de la Grande Guerre, doit d’abord panser ses plaies pour mieux poursuivre sa modernisation urbanistique. Entre francophilie et ... [more ▼]

Dans les années 1920 et 1930, Liège, qui fut aux premières loges de la Grande Guerre, doit d’abord panser ses plaies pour mieux poursuivre sa modernisation urbanistique. Entre francophilie et germanophobie, elle cherche à assumer son statut de métropole industrielle, de cité culturelle et de capitale du mouvement wallon. Si les Expositions de 1930 et 1939 la mettent en évidence, l’inquiétude face aux enjeux politiques et économiques n’est pas absente, d’autant qu’à l’Est gronde une nouvelle menace. [less ▲]

Detailed reference viewed: 70 (5 ULiège)
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See detailQuestion flamande, question wallonne (1918-1930)
Lanneau, Catherine ULiege

Conference given outside the academic context (2016)

Detailed reference viewed: 36 (4 ULiège)
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See detailL'histoire politique, la mémoire et leur réception dans les médias belges, 2004-2014
Brüll, Christoph ULiege; Lanneau, Catherine ULiege

in Cahiers Mémoire et Politique (2014), 2

Le couple histoire-mémoire est l’un de ceux qui provoquent, dans la sphère des historiens professionnels, les débats les plus passionnés et les interrogations les plus nombreuses. Comment concilier ... [more ▼]

Le couple histoire-mémoire est l’un de ceux qui provoquent, dans la sphère des historiens professionnels, les débats les plus passionnés et les interrogations les plus nombreuses. Comment concilier demande sociale, devoir de mémoire et recherche scientifique sans concessions ? Cette dernière interrogation renvoie, par exemple, à la notion des « valeurs » supposées justifier ou accompagner la recherche historique. En outre, dans une société où l’évaluation et la promotion des enseignants-chercheurs n’est pas indépendante de la demande sociale (et donc, dans une certaine mesure, de leur disponibilité médiatique), la question du rapport de la presse à l’histoire politique et à la mémoire se pose avec acuité. À la fois acteurs et observateurs du champ historico-médiatique belge, nous entendons nous interroger, comme historiens, sur la manière dont la presse écrite belge traite de l’actualité de la recherche en histoire politique. Quels sont les ouvrages et les thèmes qui font l’objet d’une couverture médiatique et comment expliquer les choix opérés ? L’histoire est-elle traitée par des spécialistes et le parcours de ceux-ci peut-il expliquer les options qu’ils prennent ? Dans quelle mesure peut-on vérifier l’assertion selon laquelle il existe en Belgique deux opinions publiques (au moins…), deux sphères médiatiques et, partant, deux mémoires collectives ? Notre terrain d’analyse couvre la dernière décennie et notre corpus de presse rassemble les principaux quotidiens et magazines diffusés en Belgique (Le Soir, La Libre Belgique, La Dernière Heure, Le Vif/L’Express, Le Soir Magazine, De Standaard, De Morgen, Het Laatste Nieuws et Knack). [less ▲]

Detailed reference viewed: 74 (10 ULiège)
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See detailCent ans après : comprendre les événements d'août 1914
Bechet, Christophe ULiege; Brüll, Christoph ULiege; Lanneau, Catherine ULiege

in Bulletin d'Information du Centre Liégeois d'Histoire et d'Archéologie Militaires (2014), 137

Le 20 août 1914, des soldats allemands fusillent quinze Liégeois sur la place de l’Université. Au cours de la nuit, deux Liégeoises meurent également à la suite de l’incendie de leur immeuble. Dans les ... [more ▼]

Le 20 août 1914, des soldats allemands fusillent quinze Liégeois sur la place de l’Université. Au cours de la nuit, deux Liégeoises meurent également à la suite de l’incendie de leur immeuble. Dans les quartiers voisins, soixante-cinq personnes trouvent la mort sous les balles allemandes. Plus de quatre cents personnes sont déportées dans des camps allemands dans les environs de Münster. Ces faits violents n’avaient alors aucun lien avec les opérations militaires allemandes en Belgique. En revanche, ils sont à placer dans le contexte des atrocités allemandes, cette violence contre la population civile belge dont la mémoire pèsera lourdement sur les relations belgo-allemandes de l’entre-deux-guerres. Pour le centenaire de ces événements, des historiens de l’Université de Liège se sont penchés sur cet épisode tragique à l’occasion d’un colloque public, en le replaçant dans son contexte historique, à travers les recherches les plus récentes sur les atrocités allemandes, mais également en analysant son impact politique et mémoriel. Il s’agissait d’étudier aussi bien l’événement en tant que tel que ses conséquences pour la mémoire politique liégeoise et de s’interroger in fine sur la signification de la commémoration d’un tel événement cent ans après. [less ▲]

Detailed reference viewed: 49 (8 ULiège)
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See detailNouveaux regards sur de Gaulle, la période gaullienne et la Belgique
Lanneau, Catherine ULiege

in Grandeur. Revue trimestrielle du Cercle d'Etudes Charles de Gaulle (2013), 129

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See detailContre-propagande sur l’Indochine. La France officielle face à l’anticolonialisme en Belgique francophone (1946-1950)
Lanneau, Catherine ULiege

in Guerres Mondiales et Conflits Contemporains (2011), 241

This contribution will study the image of the first phase of the Indochina War (1946-1950) – and through it the global image of France – in French-speaking Belgium. As the war was then seen as aiming at a ... [more ▼]

This contribution will study the image of the first phase of the Indochina War (1946-1950) – and through it the global image of France – in French-speaking Belgium. As the war was then seen as aiming at a restoration of the colonial order, the French cause was harmed by a double counter-propaganda. One was of course coming from the far-left but, more surprisingly, the other came from Catholic circles. One must note that the French counterattack was lacking pertinence, coherence or efficiency. [less ▲]

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See detailQuand la France surveillait les écrans belges : la réception en Belgique des "Sentiers de la gloire" de Stanley Kubrick
Lanneau, Catherine ULiege

in Histoire@Politique: Politique, Culture, Société (2009), 8(Mai-Août 2009), 13

Through the well-known drama of soldiers shot as a warning to others, "Paths of Glory" seemed an angry denunciation of the French army, in spite of Kubrick’s statement that his real aim was any form of ... [more ▼]

Through the well-known drama of soldiers shot as a warning to others, "Paths of Glory" seemed an angry denunciation of the French army, in spite of Kubrick’s statement that his real aim was any form of militarism. Issued in 1958, the film was not distributed in France, then in the midst of the Algerian conflict. Through pressures, demonstrations and threats, some Frenchmen and French sympathizers tried – in vain – to extend the ban to Liege and Brussels screens. They provoked in turn vigorous reactions, which extended far outside the traditional antimilitarist circles. French-speaking Belgium, invoking freedom of expression, refused to be treated as a French cultural or political protectorate. [less ▲]

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See detailOù va la France? L'image de la France et de sa puissance en Belgique francophone (1944-1951)
Lanneau, Catherine ULiege

Doctoral thesis (2006)

Où va la France ? : cette question, liée aux concepts de déclin et de décadence, traverse l’histoire sans jamais se démoder et s’avère toujours d’une brûlante actualité. Par ailleurs, elle sous-tendait ... [more ▼]

Où va la France ? : cette question, liée aux concepts de déclin et de décadence, traverse l’histoire sans jamais se démoder et s’avère toujours d’une brûlante actualité. Par ailleurs, elle sous-tendait déjà notre mémoire de licence, consacré à la période du Front populaire. Les débats passionnés de l’époque nous ont amenée à nous interroger sur l’après-Libération. Comment la France s’est-elle relevée de son effondrement rapide du printemps 1940 et, plus largement, du traumatisme que fut le second conflit mondial ? Quelle place, quel rôle, quelle mission lui accorde-t-on encore et accepte-t-elle d’assumer au sortir de celui-ci, dans un monde en pleine recomposition, entre guerre froide, érosion des Empires et début de la construction européenne ? Cette notion de rôle ou de mission s’applique à la France mieux qu’à toute autre nation. La France dite « éternelle », c’est-à-dire celle qui allie l’héritage royal aux grands principes de la Révolution qu’elle veut universels, joue en effet un rôle particulier dans l’imaginaire collectif, parce qu’elle est stratégiquement, historiquement et culturellement au cœur de l’Europe et parce qu’elle est traditionnellement considérée comme la représentante par excellence de la civilisation européenne. À travers le destin de la France, c’est le devenir d’une certaine tradition, de certaines valeurs et d’un certain mode de vie qui est en jeu. L’axe de réflexion que nous avons privilégié, dans le sillage de plusieurs publications dirigées par les historiens français Robert Frank et René Girault, est le concept de puissance, qui mesure la capacité d’un pays à imposer sa volonté aux autres ou à les influencer et qui, d’autre part, évalue le degré d’indépendance d’un Etat sur la scène mondiale. A la Libération, la France peut-elle encore être considérée comme une grande puissance ou a-t-elle perdu ce statut et, dans ce cas, a-t-elle intégré cette évolution dans ses schémas de pensée ? Plus concrètement, il s’agit de savoir dans quelle mesure et par quels moyens la France a pu préserver sa souveraineté et son rang, pour employer un terme très « gaullien ». Débordant largement la sphère politico-militaire, cette entreprise induit de fortes implications culturelles, tant il est vrai que Paris a souvent voulu compenser sur ce plan les faiblesses qu’elle ne pouvait ni cacher, ni surmonter sur d’autres. Il en découle une autre question fondamentale : la France reste-t-elle une puissance disposant, au surplus, d’une aura culturelle ou n’est-elle plus qu’une puissance culturelle ? D’autre part, cette aura est-elle prospective ou s’avère-t-elle passéiste et limitée à la préservation d’un héritage ? Ceci posé, il importait de déterminer un observateur. Parce qu’ils entretiennent avec la France un rapport particulier et ambigu, parce qu’ils sont à la fois semblables et différents, les francophones de Belgique, Wallons et Bruxellois, nous sont apparus comme un groupe cohérent et pertinent. Ils partagent avec les Français la même langue, la même culture et la même angoisse face à l’Est. Cependant, ils font partie d’un autre Etat et ressortissent à une autre histoire – si l’on excepte les années 1795 à 1815. Leur rapport à la France est donc unique, oscillant entre amour et déception, entre la proclamation d’une parenté spirituelle ou, selon certains, « ethnique » et le souci d’affirmer une identité propre. Par ailleurs, la période 1944-1951 voit, pour la première fois, le mouvement wallon se montrer plus actif et revendicatif que le mouvement flamand, qui a beaucoup gagné avant-guerre, qui se réjouit de la mise sur pied du Benelux mais qui, sur fond d’épuration, doit opérer une courbe rentrante. Si seuls les Wallons les plus radicaux réclament le fédéralisme, l’indépendance ou le rattachement à la France, l’immense majorité d’entre eux font entendre leurs craintes d’étouffement culturel, politique, économique et démographique. Ils sont rejoints en cela par les Bruxellois qui, eux aussi, prennent peur face à la loi du nombre. Enfin, dernier élément méthodologique, il nous a semblé essentiel d’envisager à la fois l’image de la France telle qu’elle a été perçue par les Belges francophones mais également telle qu’elle a été construite par la France elle-même à l’usage de ces voisins particuliers. En effet, si l’opinion est reflet, il est clair que celui-ci peut être façonné ou modifié de l’extérieur. Nous avons donc prêté attention à l’action culturelle de la France, à sa propagande, c’est-à-dire aux tentatives menées par la France officielle – le Quai d’Orsay, l’ambassade à Bruxelles et les divers consulats – pour infléchir son image dans un sens plus favorable ou pour construire une image différente d’elle-même, répondant davantage aux priorités politiques et culturelles définies à Paris. Les sources pour ce qui s’avère avant tout une étude d’opinion sont diverses. Face à la relative indigence, pour la période, des sondages et des études statistiques, nous avons privilégié les témoignages individuels, français et belges, sous forme de souvenirs, discours, brochures, essais, romans, papiers inédits, les sources diplomatiques françaises, belges et britanniques, riches d’observations et de renseignements sur les relations franco-belges, mais aussi et surtout la presse quotidienne et périodique (journaux, revues, illustrés) publiée à Bruxelles et dans les diverses provinces wallonnes. A la fois mine d’or et meule de foin, la presse a ses évidentes limites – nous y consacrons d’ailleurs un chapitre – mais reste incontournable pour les années 1945-1950, qui précèdent l’avènement de la télévision et vivent sous le régime de l’INR, radio d’Etat. Nous l’avons interrogée sur une variété de thèmes permettant d’évaluer la puissance française globale : la politique intérieure française, dans ses aspects institutionnels, sociaux et économiques, la politique étrangère, dans ses aspects diplomatiques et militaires, les questions liées à l’Outremer au sens large, mais aussi la vie culturelle – cinéma, littérature, arts plastiques – et, bien sûr, les relations franco-belges proprement dites, alors parasitées par des préjugés devenus traditionnels, par certaines frictions économiques, par l’omniprésente question royale et par le rôle, souvent fantasmé, de la France dans ce que l’on n’appelle pas encore le conflit communautaire. Quelles sont nos principales conclusions ? Tout d’abord, on notera la succession de deux périodes bien distinctes : les premiers mois de l’après-guerre, ère de glorification du miracle français et de la France nouvelle, laissent place, dès le second semestre de 1945, à la désillusion. La première époque correspond à une profonde adhésion des Belges francophones à la thèse officielle diffusée par le général de Gaulle et son gouvernement : non, la France n’a pas trahi car Vichy ne l’a jamais incarnée ; oui, on peut et on doit plus que jamais l’admirer pour sa résistance héroïque, qui rachète l’écroulement de 1940, et pour son profond désir de réformes politiques, économiques et sociales. En Wallonie et à Bruxelles, où l’on a souvent douté de la France durant l’occupation, chacun se trouve désormais de bonnes raisons de louer la France nouvelle et nombreux sont ceux, surtout à gauche, qui la comparent avantageusement à une Belgique prétendument sclérosée : n’a-t-elle pas la chance d’avoir un chef charismatique, de Gaulle, mais aussi une nuée d’hommes nouveaux, jeunes, dynamiques, issus de la Résistance et – ce qui plaît à droite – souvent élevés dans le sérail chrétien ? En réalité, cette France nouvelle rassure la Belgique francophone parce que celle-ci veut croire encore à un possible retour de l’ordre international classique. Certes, dans les grandes conférences – Yalta, San Francisco, Potsdam –, la France est absente ou minorisée, ce que d’aucuns, d’ailleurs, comprennent ou justifient, mais on se persuade qu’à moyen terme, elle reprendra une place de choix, d’arbitre peut-être, sur la scène mondiale. Toutefois, les mois passant, ce scénario devient de moins en moins crédible. Alors que la Belgique, bonne élève de l’Europe et enfant chérie des Anglo-Saxons, se redresse avec calme et méthode malgré la question royale, la France paraît, au contraire, patauger. Le nouveau régime qu’elle s’est donné ne satisfait réellement personne, la coalition au pouvoir – tripartisme puis Troisième Force – ne parvient nullement à assurer la stabilité de l’Exécutif, l’inflation est galopante, le rationnement reste strict, les grèves, insurrectionnelles ou non, se multiplient, et, jusqu’en 1947-48, certains redoutent une bolchevisation du pays. Bien plus, le malaise de la France, entre rébellion, apathie et nihilisme, semble se répercuter sur l’art contemporain : la littérature, la peinture, le cinéma français créent la polémique et divisent, selon des lignes de partage qui ne recoupent d’ailleurs pas les clivages traditionnels. La politique internationale de Paris, quant à elle, déroute : elle apparaît velléitaire, rigide voire impérialiste alors qu’elle devrait être souple et évolutive. Bref, dans leur grande majorité, les Belges francophones hésitent entre pitié et condescendance, colère et inquiétude. Rares sont les voix discordantes, souvent issues des milieux wallingants ou de sphères idéologiques soucieuses d’épauler leurs homologues françaises au pouvoir. La France est donc perçue par beaucoup comme l’homme malade de l’Europe, dont on craint la contagion. Et le Belge se prend à développer vis-à-vis du Français, incorrigible chauvin à ses yeux, un inhabituel complexe de supériorité. C’est l’époque où le riche touriste belge parade outre-Quiévrain au volant de sa « belle américaine » et s’offre, dans un pays convalescent, le luxe que lui permet son franc fort. C’est l’époque aussi où les plus unitaristes usent de l’état de la France comme d’un répulsif : pourquoi voudrait-on se rattacher à un pays manifestement en déclin ? Revers de l’universalité qu’elle prétend incarner, la France doit, en fait, rendre des comptes non seulement à son propre peuple mais aussi aux peuples voisins, à commencer par ceux qui partagent sa langue et vivent son évolution presque par procuration. Or, et c’est son drame, quel que soit le geste posé, elle se heurte à l’insatisfaction sinon à l’opposition d’une partie des observateurs. Et selon les faits et les moments, l’identité de ses adversaires et de ses défenseurs varie : l’image de la France est, par conséquent, profondément et perpétuellement brouillée et paradoxale. Mais, si paradoxe il y a, n’est-il pas également entretenu par la France elle-même ? L’image qu’elle construit par son action culturelle est, en effet, tout aussi ambivalente. Après avoir travaillé, en 1944-1945, à renouer des liens matériellement et intellectuellement distendus par la guerre et à reconquérir en Belgique un terrain naguère acquis, Paris va chercher à concilier deux exigences presque contradictoires : d’une part, rester fidèle à l’image traditionnelle qui fait de la France le temple des valeurs humanistes, du raffinement et de la douceur de vivre, bref être cette France éternelle, dépositaire d’un passé, et, d’autre part, démontrer son dynamisme, sa modernité au moment où la technique prend le dessus et devient la valeur de référence. La grande inquiétude réside dans la concurrence de plus en plus forte qu’il faut désormais affronter sur le plan culturel, en Flandre comme en Belgique francophone : on citera l’omniprésence du cinéma hollywoodien, le succès croissant du roman anglo-saxon et, en peinture, le déclin de l’École de Paris au profit de New York. Cette concurrence accrue et les restrictions budgétaires amènent la France à recentrer son action culturelle. Au grand dam des plus wallingants, elle mise avant tout sur la Flandre pour des raisons stratégiques : démographiquement, politiquement et économiquement, celle-ci représente l’avenir et l’on veut y sauver ce qui peut encore l’être pour la langue française. Les francophones ne sont pas délaissés mais on estime qu’ils sont capables, structurellement et financièrement, de défendre eux-mêmes une culture qui est aussi la leur. Toutefois, cette vision est peut-être trop optimiste. En effet, le Belge francophone de 1945 peine manifestement à définir ce qu’il attend de la France, preuve d’un déficit de visibilité. Notre analyse est que, pour l’individu lambda, la France s’identifie alors avant tout à une sorte de « paradis intemporel » ou de référent éthéré. Il ne faudrait pas pour autant en déduire qu’on la considère uniquement comme une puissance culturelle au sens large. En effet, les missions qu’on lui prête restent nombreuses et plus vastes : on veut qu’elle soit un garde-fou solide face à l’Allemagne, on veut aussi qu’elle prenne la tête de l’Europe en construction, on voudrait enfin qu’elle résiste à des Anglo-Saxons perçus comme trop matérialistes et pragmatiques. Mais, on estime que l’apport principal de la France au monde réside dans sa vocation éducatrice et civilisatrice ainsi que dans l’universalité de son message. Par ailleurs, il existe bien, dans le discours belge, une corrélation entre l’état de la puissance française, réelle ou supposée, et l’intensité avec laquelle on invoque le facteur culturel, qui peut aisément devenir un argument compensatoire. Remarquons que, de nouveau, les Belges francophones s’approprient ici un mécanisme de défense forgé par la France officielle. Comment, dès lors, ont-ils appréhendé le passage de la France au rang de puissance moyenne ou médiane ? Après une courte période d’euphorie, ils semblent avoir compris, avant les Français, que les temps avaient radicalement changé. Dès 1946, ils ont constaté et, le plus souvent, déploré l’impuissance française ou l’inefficacité des efforts français. Ceci se vérifie dans la presse comme dans les milieux dirigeants. On observe une France qui semble aller de recul en recul, qui, souvent, se replie sur elle-même puis qui, en 1950, surprend avec l’inventif et audacieux Plan Schuman mais, très vite, paraît retomber dans ses travers sur la question du réarmement allemand. D’autre part, on comprend mal le relatif succès du neutralisme tout comme on ne perçoit pas encore les effets bénéfiques de la modernisation et du Plan Monnet, qui ne seront patents que dans les années suivantes. Ce qui domine donc, à chaud, pour les Belges francophones, c’est l’impression d’une France qui s’adapte mal à la nouvelle donne mondiale alors qu’aujourd’hui, a posteriori, on estime plutôt que Paris est alors parvenue à conserver les attributs essentiels d’une puissance tels qu’ils pouvaient s’exprimer au sein d’un bloc dominé par une super-puissance. Mais, quoi qu’il en soit, deux réalités s’imposent : le déplacement du centre de gravité mondial et la modification des rapports internationaux. Les Belges qui, en 1945-1950, ont disserté sur la France appartiennent à trois générations : la première a connu l’affaire Dreyfus et la France revancharde d’avant 1914 ; la deuxième a eu vingt ans au cœur des « années folles » qui ont suivi l’Armistice de 1918 ; la troisième a vécu la seconde guerre comme un rite de passage à l’âge adulte. Pour cette dernière génération, la France n’est plus le centre du monde. Elle reste une référence mais les horizons se sont élargis. La culture anglo-saxonne a commencé à déferler. Les nouveaux décideurs belges, de plus en plus souvent scientifiques ou économistes, ont complété leur formation de l’autre côté de la Manche ou de l’Atlantique alors que leurs aînés, plus littéraires, avaient davantage fréquenté la Sorbonne ou le Collège de France. Les jeunes Wallons et Bruxellois de la Libération restent attachés à la culture et à la langue françaises, qu’ils défendent et dont ils souhaitent préserver la prédominance, mais ils refusent tout exclusivisme. Ils souhaitent aussi que la Belgique francophone devienne plus autonome et que les échanges avec Paris cessent de se faire à sens unique. Leurs pères, eux, sont inquiets voire déroutés par l’évolution en cours, ainsi que le prouvent leurs invocations répétées de la France comme rempart contre un technicisme inhumain. Mais n’est-ce pas parce que le recul de la France signe aussi la fin de « leur » Belgique, la « Belgique de papa », cette « Belgique française » héritée de 1830 ? Par ailleurs, les rapports internationaux sont en train de changer de nature. Le bilatéralisme s’efface progressivement devant le multilatéralisme. Avec l’entrée en guerre froide et les débuts d’une unification inter- ou supra-étatique, la France ne perçoit plus la Belgique comme l’alliée indispensable mais comme un élément parmi d’autres au sein du bloc occidental ou de l’Europe. En conséquence, on voit s’émousser l’attention de Paris pour Bruxelles. La réciproque est vraie, même si le phénomène est peut-être moins affirmé. L’intérêt, si perceptible à la Libération, pour le rôle et la place de la France subsiste au début des années cinquante mais les Belges savent que, quoi qu’il arrive, une architecture nouvelle les protège, dont l’OTAN est la principale incarnation. Désormais, Wallons et Bruxellois veulent simplement que la France soit suffisamment forte pour tenir tête à l’Allemagne, dont ils se méfient encore, et que la culture française demeure suffisamment influente pour leur servir d’argument face aux appétits de la Flandre. Pour le reste, Paris n’est plus la carte maîtresse, celle que l’on brandissait hier, selon les cas, comme un talisman ou comme un épouvantail. [less ▲]

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See detailLa puissance française sous le Front populaire : le regard des Belges francophones
Lanneau, Catherine ULiege

in Guerres Mondiales et Conflits Contemporains (2004), (215), 75-89

Did the French-speaking Belgian opinion, in close contact with France, perceive a decay of the French power under the Popular Front? Well-meaning analyses from a balanced point of view are met with ... [more ▼]

Did the French-speaking Belgian opinion, in close contact with France, perceive a decay of the French power under the Popular Front? Well-meaning analyses from a balanced point of view are met with inflammatory - though sometimes full of nuances - attacks from the most conservative wing and with the bitter disappointment of the socialist-communist fold (except the « socialistes nationaux »). Those judgements are conditioned by the turning point of October 1936: non-intervention in the Spanish conflict; improvement of the French internal conditions; Belgian choice for an independent foreign policy. However, one is aware that Paris is now blindly following the steps of the British diplomacy and will reach a climax of political non-existence: in March 1938, at the time of the Anschluss, France had no government. [less ▲]

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See detailL’idole brisée : la droite belge francophone et la crise morale de la France (1934-1938)
Lanneau, Catherine ULiege

in Journal of Belgian History (2003), XXXIII(1-2), 177-214

The French-speaking right wing in Belgium has always granted a paramount place to France in its ideological cosmography. The concept of everlasting France, of her “mission”, of the part she could play on ... [more ▼]

The French-speaking right wing in Belgium has always granted a paramount place to France in its ideological cosmography. The concept of everlasting France, of her “mission”, of the part she could play on the international scene are topics wondered about constantly in intellectual and middle-class circles. The thirties and mostly the Popular Front era provide the Conservatives with a splendid opportunity to describe the future of their cultural icon with awe: the more the international context is threatening, the more France seems to have become fragile, isolated and going down the slope. Using the news given by the national papers or the widely circulated Parisian press, right-wing Belgians brood, of course, about the eclipse of France’s might, but point chiefly to the moral crisis as its cause. Very often they feel some nostalgia for the “Ancien Régime” and see the origin of the worrying current phenomenon in the hated French Revolution. Lot of factors are intertwined in the definition of the moral decay, but some are particularly highlighted. France is accused to be invaded by foreigners (their Jewish origins and Marxist creeds being stressed); Free-Masonry has a bad influence, as well as laic teaching, perverting youth by its pacifist and internationalist leanings. The degeneration of the religious spirit is lamented on account of its influence on the birth rate: the “Elder Daughter of the Church” gets emptier and emptier, whereas the populations of Fascist Italy and Nazi Germany are blooming. Opposition to parliamentary system is to the fore, as the politico-financial scandals, the governmental instability, the disreputable ways of the politicians themselves contribute all to the idea of the moral crisis. A cultural decline is parallel, with a loss of spirituality in the French society, engulfed in materialism and coarseness. Their stinging attacks, their bombastic style show how deeply rooted is the “decay of France” thesis among Belgian Conservatives. Beyond the French case, they fear a possible contamination of Belgium and the disappearance of their own traditional but vanishing values. Their fears and frights have certainly played a part in the 1936 turn-around towards the so-called Belgian “politique d’indépendance” in foreign affairs. [less ▲]

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