Publications of Vinciane Despret
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See detailEnquêter auprès des morts
Despret, Vinciane ULiege

in Homme (L'): Revue Française d'Anthropologie (2019), 230

De très nombreuses personnes continuent d’entretenir des liens avec des proches disparus et ce dans des formes souvent étonnamment inventives: faire des choses que le mort ne peut plus assumer, continuer ... [more ▼]

De très nombreuses personnes continuent d’entretenir des liens avec des proches disparus et ce dans des formes souvent étonnamment inventives: faire des choses que le mort ne peut plus assumer, continuer en quelque sorte ce qu’il avait entamé et que la mort a interrompu, lui demander parfois de l’aide, rêver de lui, avoir le sentiment de sa présence, rappeler son existence par des gestes, des rituels, … Les récits des personnes qui vivent ces expériences témoignent d’un double souci : celui, d’une part, de maintenir la perplexité et l’indétermination qui accompagnent leur expérience et, d’autre part, celui de préserver la vitalité de la relation avec le défunt et de rendre les morts vivants et présents. Au départ de la proposition d’un médium oeuvrant dans un cercle spirite, « Les morts sont des gens comme les autres », cet article explore la manière dont les cercles spirites peuvent constituer, pour ceux qui assistent aux séances de convocations de défunts, de véritables dispositifs thérapeutiques. [less ▲]

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See detailOSSS—Objets sans statut stable
Despret, Vinciane ULiege

in Gielen, Denis (Ed.) Curlet, Crésus&Crusoé (2019)

Présentation du catalogue: Publié à l’occasion de la rétrospective de l’artiste au MAC’s, ce catalogue présente l’ensemble le plus complet des pratiques de François Curlet. Depuis la fin des années 1980 ... [more ▼]

Présentation du catalogue: Publié à l’occasion de la rétrospective de l’artiste au MAC’s, ce catalogue présente l’ensemble le plus complet des pratiques de François Curlet. Depuis la fin des années 1980, l’artiste français a élaboré un ensemble d’œuvres à travers lesquelles le monde matériel est démantelé par la poésie de tous les jours. En utilisant à la fois l’artefact et la philosophie, l’artiste développe une stratégie dans laquelle les associations mentales prennent la forme d’allégories. De matières existentielles à triviales, son travail est ouvert à la réinvention et à la surprise, utilisant un [less ▲]

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See detailAnita Molinero: « Quelque chose nous apparaissait qui allait beaucoup compliquer notre vie »
Despret, Vinciane ULiege

in Bernard, Paul (Ed.) Anita Molinero (2019)

Voilà à présent ce que m’évoquent les images de ces œuvres, le fil qui les traverse, rouge comme une rigueur, blanc comme un acte manqué, liant, soudant, tissant : une bonne part de ces choses sont des ... [more ▼]

Voilà à présent ce que m’évoquent les images de ces œuvres, le fil qui les traverse, rouge comme une rigueur, blanc comme un acte manqué, liant, soudant, tissant : une bonne part de ces choses sont des contenants, des protecteurs, soit qu’ils aient autrefois protégé nos marchandises ou nos déchets, soit qu’ils l’assument encore explicitement dans l’œuvre — mais dans la mesure où tous les objets gardent quelque chose de leur origine et de leur usage, les premiers retrouvent systématiquement leur fonction dans leur participation à l’œuvre. [less ▲]

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See detailFireflies in Uncertain Times
Despret, Vinciane ULiege

in Ulrich Obrist, Hans (Ed.) Philippe Parreno: Fireflies (2019)

Je fais l'hypothèse que le travail de Parreno est mise en œuvre de ce que le philosophe Etienne Souriau a décrit comme le fait que l’artiste crée pour répondre à la requête d’existences inachevées ... [more ▼]

Je fais l'hypothèse que le travail de Parreno est mise en œuvre de ce que le philosophe Etienne Souriau a décrit comme le fait que l’artiste crée pour répondre à la requête d’existences inachevées, d’existences moindres, qui demandent à être amplifiées, rendues plus réelles. Souriau utilise un très beau terme pour désigner ce travail qui consiste à répondre à l’appel d’un être qui réclame l’existence : le terme d’instaurer. Ce terme prend en charge l’idée que quelque chose doit être construit, créé, fabriqué. Mais au contraire des termes « construire », « fabriquer » ou « créer » qui nous sont familiers, celui d’instaurer oblige à ne pas se précipiter trop vite sur l’idée que ce qui se fabrique serait totalement déterminé par celui qui assume de faire ou de créer un être ou une chose, de donner une âme ou d’amener une oeuvre à l’existence.Les lucioles animées n’ont pas le même mode d’existence qu’une montagne, une pièce de musique, une idée, un Boli du Mali, un algorithme ou un spectre. Mais, à certains égards, elles partagent certaines qualités avec d’autres êtres — avec les algorithmes, bien entendu, mais également avec les personnages de fiction, puisqu’elles deviennent sujets d’histoires, de « vie » ou d’apparition et de mort, ou de disparition. D’apparence de vie ? D’apparence de mort ? Me voilà à hésiter. Et je crois que c’est là l’épreuve à laquelle nous convient également les lucioles de Parreno. Leur régime contaminant d’instabilité les associe alors, même de manière lointaine, aux apparitions des êtres du religieux, des spectres et des anges, qui, tous, se manifestent toujours dans ce régime même d’alternance de présence et d’absence, d’apparitions et de disparitions, un régime de pulsations, de bribes, d’éclairs passagers, d’intermittences. Il me semble alors que les lucioles, qui partagent tant des qualités des êtres de l’apparition, sont venues dans son travail pour prolonger, amplifier, interroger ce qui fait de l’existence de ses œuvres une énigme et, peut-être, répondre à la nécessité d’inventer des modes d’existence inédits et encore inconnus. [less ▲]

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See detailOut of The Books: Field Philosophy
Despret, Vinciane ULiege

in Parallax (2018), 24(4), 416-428

Many philosophers, from Socrates to William James or Leibniz, have conducted inquiries and constituted what is now called in social sciences, "fields". How can we inherit from them? And what is our ... [more ▼]

Many philosophers, from Socrates to William James or Leibniz, have conducted inquiries and constituted what is now called in social sciences, "fields". How can we inherit from them? And what is our specificity, as philosophers, in relation to the practices of the human and social sciences? Based on a field experience that questioned the usual routines of the inquiry, and in particular the practice of anonymity, this article proposes to think about how these routines have some effects both on the people surveyed, and on the knowledge produced with or upon them. This gesture of questioning the practices which forces us to adopt other ways of addressing the situation leads the philosopher inquirer to consider his investigation as a real experiment, and thus it subjects the inquirer to the obligation to think of inquiry as a creative practice. On analysis, one realizes that it is not however proper to the philosophical inquiry, but that it is the essential dimension of any them, be that the scientist explicitly claims it or that she tries on the contrary to minimize to make her inquiry a copy of the reality she claims to reveal. [less ▲]

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See detailEvolution. Lessons from some cooperative ravens
Despret, Vinciane ULiege; Van Dooren, Thom

in Turner, Lynn; Broglio and Undine Sellbach (Eds., Ron; Sellbach, Undine (Eds.) The Edinburgh Companion to Animal Studies (2018)

Corvids cooperate. Whatever else they might do in the world – squabbling at carcasses or ‘stealing’ other birds’ eggs – they also posses rich social lives that include a broad range of cooperative ... [more ▼]

Corvids cooperate. Whatever else they might do in the world – squabbling at carcasses or ‘stealing’ other birds’ eggs – they also posses rich social lives that include a broad range of cooperative interactions, from working together to mob predators and rear their young, to sharing food. This chapter focuses on some cooperative ravens (Corvus corax) and the scientists that study them to explore and challenge the simplistic notion that evolution teaches us that life, at some fundamental level, is inherently selfish and competitive. These ravens remind us that this simply isn’t the case. Or, more accurately, that it is only the case if we accept some very peculiar understandings of ‘selfishness’ that paper over the complexity of our living world. And yet stories about selfishness persist, in different ways, in both the scientific and the popular literatures. In this context, this chapter explores how these framings emerge and the rhetorical power that they possess. Ultimately, what emerges from taking these ravens seriously is a more hopeful account of evolution that opens up space for new kinds of animal studies scholarship that practice an appreciation for the many diverse ways that organism get on with each other to shape our living world. [less ▲]

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See detailNe pas oublier les talents
Despret, Vinciane ULiege

in Englebert, Jérôme; Follet, Valérie (Eds.) Adaptation. Essai collectif à partir des partadigmes éthologiques et évolutionnistes (2016)

Accomplir une œuvre qui réclame achèvement, c’est, je crois, ce que Albert Demaret pourrait aujourd’hui souhaiter : chercher comment elle peut résonner pour nous aujourd’hui, interroger son actualité.

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See detail"Comme si...": des récits de présence
Despret, Vinciane ULiege

in Grimaud; Taylor, Anne-Christine (Eds.) Persona, étrangement humain (2016)

Le « comme si » est souvent utilisé dans les récits de sentiment de présence d'un défunt. Il est un opérateur d’ouverture entre les possibles. Il n’est pas un retrait interprétatif, il n’est pas une ... [more ▼]

Le « comme si » est souvent utilisé dans les récits de sentiment de présence d'un défunt. Il est un opérateur d’ouverture entre les possibles. Il n’est pas un retrait interprétatif, il n’est pas une mesure de prudence, mais un artifice sémantique qui permet d’affirmer et de maintenir activement plusieurs possibilités, « c’est peut-être moi, c’est peut-être pas ». Le « comme si » fait tenir et communiquer ces possibilités. Ce qui veut dire, puisqu’il assume de faire communiquer, que le « comme si » prend acte des écarts et les connecte par petites approximations. Le « comme si » de ce fait, opère de manière semblable, quoique pas identique, à la « présence de la présence » : il performe la coexistence de deux ontologies ; il explore le passage entre deux mondes en le traversant, toujours à pas presque imperceptibles, il relie en zigzagant de l’un à l’autre deux trajets possibles, deux manières de s’y aventurer, sans sauter, sans grands élans, sans grand écart. [less ▲]

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See detailFigures de la re-composition
Despret, Vinciane ULiege

in Krause, Bernie; Boeuf, Gilles; Albert, Bruce (Eds.) et al Le grand orchestre des animaux (2016)

Le musicien et bio accousticien Krause a rompu avec les méthodologies propres aux recherches scientifiques telles qu’elles étaient menées sur les sons chez les animaux. En effet, l’éthos culturel de type ... [more ▼]

Le musicien et bio accousticien Krause a rompu avec les méthodologies propres aux recherches scientifiques telles qu’elles étaient menées sur les sons chez les animaux. En effet, l’éthos culturel de type visuel qui avait jusqu’alors guidé les recherches conduisait les chercheurs à collecter des sons comme on collectionne des spécimens dans les musées, sans tenir compte des rapports que les différentes espèces, voire les différents règnes, pouvaient entretenir. Ce type de démarche de collection relève bien d’un éthos du visuel, c’est-à-dire du stable, de l’immobile et, surtout, du clairement différencié. Comme le sont les formes visibles. Comme un compositeur et comme un musicien, Krause a en revanche cherché comment les animaux composent ensemble, et comment ils composent avec ce qui les entoure, le vent, l’eau, les autres organismes, les mouvements de la végétation, comment ces animaux créent des silences qui vont construire l’accord, comment ils partagent des fréquences, comment ils s’accordent, à nouveau — certes, sur un régime de différenciation, mais justement très différent de régime de différenciation des formes visuelles, les sons, dans ce cadre, sont les effets d’une différenciation qui activement s’agence aux particularités des autres productions sonores. [less ▲]

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See detailBring the dead back to ethology
Despret, Vinciane ULiege

in Latour, Bruno; Leclerc, Christophe (Eds.) Reset Modernity (2016)

Which mode of existence should we confer to the deceased that continue to interfere in the life of the left behind? They do have regularity (albeit local and always in relation to a particular milieu ... [more ▼]

Which mode of existence should we confer to the deceased that continue to interfere in the life of the left behind? They do have regularity (albeit local and always in relation to a particular milieu) that we can rely on. It is therefore possible to constitute a science of the deceased that fits them; one that describes them, anticipates their behaviors, and even that can interpret (in the sense of guiding a reply to) what they want or request. The deceased thus have an ecology (milieu is a crucial issue for them, and we sometimes witness real extinction in highly unfavorable niches) and, above all, an ethology – the science that hitherto studied the behavior of animals. Provided, however – and the same also applies to animals – that we are not referring to the traditional version of what is called classical ethology, otherwise known as behavioral biology and which primarily studies specific instincts and invariants.The science of ethology is above all a practical science. It is the science of what beings do and get others to do, what they are capable of doing. Therefore, the facts that it describes should only be described using the infinitive. [less ▲]

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See detailCosmoecological Sheep and the Arts of Living on a Damaged Planet
Despret, Vinciane ULiege; Meuret, michel

in Environmental Humanities (2016), 8(1), 24-36

In recent decades, in the South of France some young people from urban backgrounds have chosen to become shepherds and to learn to reconnect with the herding practices that many livestock breeders had ... [more ▼]

In recent decades, in the South of France some young people from urban backgrounds have chosen to become shepherds and to learn to reconnect with the herding practices that many livestock breeders had abandoned under the pressure of agricultural modernization policies. In some cases they have found themselves entrusted with sheep that are as naive about herding as they themselves were. Before their introduction to transhumance —seasonal movement between pastures—these animals were primarily confined and fed indoors or in small fenced areas. The shepherds had to learn how to lead, how to understand other modes of living, how to teach their sheep what is edible and what is not, and how to form a flock; the sheep had to learn how to “compose with ” dogs and humans, to acquire new feeding habits, a new ethos, and moreover, new ways of living in an enlarged world. These practices cannot be reduced to a livestock economy: shepherds consider herding a work of transformation and ecological recuperation — of the land, of the sheep, of ways of being together. Learning the “ arts of living on a damaged planet ” as Anna Tsing has termed it, humans and animals are making their own contributions to a new cosmoecology, creating cosmoecological connections and contributing to what Ghassan Hage has called alter-politics. [less ▲]

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See detailThinking like a rat
Despret, Vinciane ULiege; Bussolini, Jeffrey

in Angelaki: Journal of the Theoretical Humanities (2015), 20(2), 121-134

In submitting rats to tests such as running a maze, behaviorist researchers failed to take into account the interest and point of view of the rats. As a result, the research missed important questions and ... [more ▼]

In submitting rats to tests such as running a maze, behaviorist researchers failed to take into account the interest and point of view of the rats. As a result, the research missed important questions and relations at hand. The critiques about experimenter effect and intuitive perception of researchers questions by research subjects can be more fully extended to animals as research subjects and interactants in research who perceive and interpret situations, set-ups, and questions. Taking meaning and biosemiotics into account helps give a better model of animal subjectivity as exercised in the interpretation of situations and the pursuit of interest. © 2015 Taylor & Francis. [less ▲]

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See detailThe enigma of the raven
Despret, Vinciane ULiege; Bussolini, Jeffrey

in Angelaki: Journal of the Theoretical Humanities (2015), 20(2), 57-72

Bernd Heinrich and Maine ravens are exemplars of Despret's concepts of politeness, "faire connaissance" and recruitment. He was dissuaded by his mentor from studying them due to their intelligence and ... [more ▼]

Bernd Heinrich and Maine ravens are exemplars of Despret's concepts of politeness, "faire connaissance" and recruitment. He was dissuaded by his mentor from studying them due to their intelligence and their recalcitrance against reductive methods. Gaining their condence would take years. Once he did so they allowed him to see an astonishing range of behaviors and they accepted him as a socius. This was research that took into account the interests of the ravens themselves to answer complicated questions about their behavior. Ravens also practice this intermingling of interests and action with wolves. © 2015 Taylor & Francis. [less ▲]

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See detailLes morts utiles
Despret, Vinciane ULiege

in Terrain: Revue d'Ethnologie de l'Europe (2014), 62

It is not unusual nowadays to hear of people telling us that individuals who had been close to them have helped them after death. These people may have told them what to do when they were faced with ... [more ▼]

It is not unusual nowadays to hear of people telling us that individuals who had been close to them have helped them after death. These people may have told them what to do when they were faced with difficulties, comforted them, sent them messages of reassurance or even have given them advice. We find this kind of phenomenon in a remarkable number of cultures throughout the world. In this way then it is possible for the dead to continue to help and to engage in fruitful post mortem careers which enrich the lives of living people who may have been close to them and in some cases of strangers who can become the channels for this unexpected help. In this way vocations may be created, whether these be those of the departed or those who benefit from the received guidance acting either as experts or merely as helpers. These post mortem destinies do not simply follow from the realisation of such a vocation. All sorts of careers are open to the dead, whether these result from their own free will or not. They are called upon to participate in exchanges of services or of goods; they may be asked to reorganise solidarities. Sometimes the dead may even be expected to participate in political projects. [less ▲]

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See detailLa réflexivité : de la vertu épistémologique aux versions mises en rapports, en passant par les incidents diplomatiques
Thoreau, François ULiege; Despret, Vinciane ULiege

in Revue d'Anthropologie des Connaissances (2014), 8(2), 391-424

Dans cet article, nous proposons la mise en œuvre d’un dispositif d’enquête que nous qualifions de « diplomatique ». L’objet de cette enquête est la question de la réflexivité des scientifiques. Tout ... [more ▼]

Dans cet article, nous proposons la mise en œuvre d’un dispositif d’enquête que nous qualifions de « diplomatique ». L’objet de cette enquête est la question de la réflexivité des scientifiques. Tout au long de l’article, nous explorons avec les scientifiques que nous avons rencontrés différents modes sur lesquels peut se décliner cette « réflexivité ». Toutefois, chacun de ces modes nous invite à considérer plusieurs manières de partager ce problème et de le construire avec eux. Chemin faisant, il n’y a donc pas que la question de la réflexivité qui bifurque, mais également le sens même de l’approche diplomatique pour laquelle nous avons opté. C’est à cette exploration conjointe des significations de la réflexivité des scientifiques et des modalités de la diplomatie que nous convions le lecteur. [less ▲]

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See detailFROM SECRET AGENTS TO INTERAGENCY
Despret, Vinciane ULiege

in History and Theory (2013), 52

Some scientists who study animals have emphasized the need to focus on the “point of view” of the animals they are studying. This methodological shift has led to animals being credited with much more ... [more ▼]

Some scientists who study animals have emphasized the need to focus on the “point of view” of the animals they are studying. This methodological shift has led to animals being credited with much more agency than is warranted. However, as critics suggest, on the one hand, the “perspective” of another being rests mostly upon “sympathetic projection,” and may be difficult to apply to unfamiliar beings, such as bees or even flowers. On the other hand, the very notion of agency still conveys its classic understanding as intentional, rational, and premeditated, and is still embedded in humanist and Christian conceptions of human exceptionalism. This paper seeks, in the first part, to investigate the practical link between these two notions and the problems they raise. In the second part, following the work of two historians of science who have revisited Darwin’s studies of orchids and their pollinators, it will observe a shift in the meaning of the concept of agency. Indeed, creatures may appear as “secret agents” as long as we adopt a conventional definition of agency based on subjective experience and autonomous intention. However, when reframed in the terms of “agencement”—an assemblage that produces “agentivity”— agency seems to be much more extensively shared in the living world. We will then explore some of the concrete situations in which these agencements are manifested, and through which creatures of different species become, one for another and one with another, companion-agents. [less ▲]

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See detailResponding Bodies and Partial Affinities in Human–Animal Worlds
Despret, Vinciane ULiege

in Theory, Culture and Society (2013), 30(7/8), 66-91

The aim of this paper is to explore the different manners in which scientists’ bodies are actively engaged when interacting with the animals they observe in the field. Bodies are multiple, as are the ... [more ▼]

The aim of this paper is to explore the different manners in which scientists’ bodies are actively engaged when interacting with the animals they observe in the field. Bodies are multiple, as are the practices that involve them: sharing the same diet, feeling similar affects, acting the same, inhabiting the same world of perceptions, constructing empathic affinities, etc.
Some scientists aim to embody the animals’ experiences. Some are willing to empathetically experience situations “from inside”, while others “undo and redo” their own bodies in order to interact more closely with the animals and to respond to them more cautiously. Still others are faced with the question: what can we do or what are we allowed to do with our bodies when we are with our animals?
All of these practices present a very different version of “embodied empathy”, a concept which describes feeling/seeing/thinking bodies that undo and redo each other, reciprocally though not symmetrically, as partial perspectives that attune themselves to each other. Therefore, empathy is not experiencing with one’s own body what the other experiences, but rather creating the possibilities of an embodied communication. [less ▲]

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See detailQue diraient les animaux si...
Despret, Vinciane ULiege

Conference given outside the academic context (2013)

Le fait que les animaux aient beaucoup changé ces dernière décennies n'est pas sans lien avec le travail des scientifiques qui ont eux-mêmes modifié leurs questionnements, leurs dispositifs, leurs ... [more ▼]

Le fait que les animaux aient beaucoup changé ces dernière décennies n'est pas sans lien avec le travail des scientifiques qui ont eux-mêmes modifié leurs questionnements, leurs dispositifs, leurs conceptions de ce qu'exige une bonne science. On en trouve de très nombreux exemples, depuis les primates jusqu'aux moutons et aux cochons. [less ▲]

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See detailLes Jourdain de la réflexivité : Du bon usage des incidents diplomatiques
Thoreau, François ULiege; Despret, Vinciane ULiege

E-print/Working paper (2012)

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See detailPenser par le milieu, cultiver l'équivocation
Despret, Vinciane ULiege

Conference (2012, September 17)

« Gorgias, écrivait Barbara Cassin, montre comment le Poème de Parménide, loin de partir, comme il le prétend, d'un “il y a” de être (esti : es gibt Sein, dit Heidegger), fabrique bien plutôt l'être en le ... [more ▼]

« Gorgias, écrivait Barbara Cassin, montre comment le Poème de Parménide, loin de partir, comme il le prétend, d'un “il y a” de être (esti : es gibt Sein, dit Heidegger), fabrique bien plutôt l'être en le disant, le fait être ; on ne va pas de l'être au dire de l'être, en toute fidélité et adéquation, mais, à l'inverse, l'être est un effet de dire, un produit du poème, la conséquence d'une performance discursive. C'est de là que je suis repartie. » Au cœur de sa réflexion sur la performativité du langage se déploie, chez Cassin, la question de l’efficace créatif de la traduction. Cette question peut être mise en rapport avec la notion développée par l’anthropologue Eduardo Viveiros de Castro sous le terme d’« équivocation ». Traduire, dit-il, c’est présumer qu’une équivocation existe toujours ; c’est communiquer par différences, différences dans sa langue — sous le même terme, quantité de choses peuvent revendiquer répondre de ce terme—, différences dans la langue de l’autre, et différences dans l’opération même de traduction— car les deux équivocités ne sont pas superposables. C’est ce qui conduit Viveiros de Castro à dire que « la comparaison est au service de la traduction », et non l’inverse. On ne traduit pas pour comparer, on compare à la seule fin de réussir à traduire. Et on compare des différences, des équivoques, des homonymes. L’équivocation est, en ce sens, le déploiement des versions. Dans une traduction, explique Cassin, non seulement chaque terme et chaque opération syntaxique de la langue source peuvent recevoir plusieurs sens, mais ils vont être traduits, dans la langue d’arrivée par des termes et des opérateurs syntaxiques qui, eux-mêmes, peuvent en avoir plusieurs. La version cultive ces divergences et ces bifurcations, de manière contrôlée— mais comme on dit que marcher est une manière contrôlée de tomber. Cette pratique de l’équivocation comme volonté de maintien de la contradiction est à l’œuvre dans les travaux les plus divers de la philosophe. Je m’attacherai plus particulièrement à la partie plus littéraire de ceux-ci. Au départ de la nouvelle « Les mots de tous les jours et l’orchidée de la nuit », que je mettrai en rapport avec une analyse de la thématique de la transmission, de l’identité et du deuil proposée par le psychanalyste Jean Allouch, je souhaiterais dégager les effets pragmatiques et féconds d’une traduction assumant et cultivant la possibilité de faire tenir des traductions divergentes et contradictoires d’un même énoncé. [less ▲]

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