Publications of Vinciane Despret
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See detailHabiter en oiseau
Despret, Vinciane ULiege

Book published by Actes sud (2019)

Que pourrait vouloir dire « un territoire » pour un animal ? Ce livre raconte l’enquête auprès des ornithologues. Car, quand arrive le printemps, le comportement des oiseaux les impressionne au plus haut ... [more ▼]

Que pourrait vouloir dire « un territoire » pour un animal ? Ce livre raconte l’enquête auprès des ornithologues. Car, quand arrive le printemps, le comportement des oiseaux les impressionne au plus haut point : ils assistent à une métamorphose spectaculaire. Les oiseaux s’isolent, chantent à gorge déployée, ne supportent plus la présence de leurs congénères et s’adonnent frénétiquement à toutes les extravagances de menaces et d’attaques si l’un de ceux-ci passe une ligne, invisible à nos yeux mais qui semble bien dessiner avec une précision remarquable une frontière. Ce qui intéresse surtout Vinciane Despret, c’est d’observer la naissance et le développement de l’intérêt que leur portent les scientifiques. Où l’on voit alors que, plus on étudie les oiseaux, plus les choses se compliquent. Les théories s’affrontent et s’enrichissent. D’une espèce à l’autre, d’un groupe à l’autre, de nouvelles manières de faire territoire apparaissent, bien plus complexes que ce que les ornithologues pouvaient imaginer. Et si ce n’était que du spectacle, du bluff, des parades dont personne n’est vraiment dupe ? Et si l’agression n’était qu’un jeu, pour “faire semblant” ? Et si l’on prêtait attention au fait que les territoires sont toujours collés les uns aux autres ? Ne seraient-ils pas, alors, une façon pour les oiseaux de continuer à vivre ensemble en étant autrement organisés ? Alouettes des champs, merles, bruants et bien d’autres encore, grâce à leur territoire, se feraient des voisins, apprendraient à chanter ensemble, pourraient même, parfois,s’allier pour attirer les femelles… [less ▲]

Detailed reference viewed: 97 (4 ULiège)
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See detailEnquêter auprès des morts
Despret, Vinciane ULiege

in Homme (L'): Revue Française d'Anthropologie (2019), 230

De très nombreuses personnes continuent d’entretenir des liens avec des proches disparus et ce dans des formes souvent étonnamment inventives: faire des choses que le mort ne peut plus assumer, continuer ... [more ▼]

De très nombreuses personnes continuent d’entretenir des liens avec des proches disparus et ce dans des formes souvent étonnamment inventives: faire des choses que le mort ne peut plus assumer, continuer en quelque sorte ce qu’il avait entamé et que la mort a interrompu, lui demander parfois de l’aide, rêver de lui, avoir le sentiment de sa présence, rappeler son existence par des gestes, des rituels, … Les récits des personnes qui vivent ces expériences témoignent d’un double souci : celui, d’une part, de maintenir la perplexité et l’indétermination qui accompagnent leur expérience et, d’autre part, celui de préserver la vitalité de la relation avec le défunt et de rendre les morts vivants et présents. Au départ de la proposition d’un médium oeuvrant dans un cercle spirite, « Les morts sont des gens comme les autres », cet article explore la manière dont les cercles spirites peuvent constituer, pour ceux qui assistent aux séances de convocations de défunts, de véritables dispositifs thérapeutiques. [less ▲]

Detailed reference viewed: 73 (9 ULiège)
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See detailOSSS—Objets sans statut stable
Despret, Vinciane ULiege

in Gielen, Denis (Ed.) Curlet, Crésus&Crusoé (2019)

Présentation du catalogue: Publié à l’occasion de la rétrospective de l’artiste au MAC’s, ce catalogue présente l’ensemble le plus complet des pratiques de François Curlet. Depuis la fin des années 1980 ... [more ▼]

Présentation du catalogue: Publié à l’occasion de la rétrospective de l’artiste au MAC’s, ce catalogue présente l’ensemble le plus complet des pratiques de François Curlet. Depuis la fin des années 1980, l’artiste français a élaboré un ensemble d’œuvres à travers lesquelles le monde matériel est démantelé par la poésie de tous les jours. En utilisant à la fois l’artefact et la philosophie, l’artiste développe une stratégie dans laquelle les associations mentales prennent la forme d’allégories. De matières existentielles à triviales, son travail est ouvert à la réinvention et à la surprise, utilisant un [less ▲]

Detailed reference viewed: 46 (10 ULiège)
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See detailAnita Molinero: « Quelque chose nous apparaissait qui allait beaucoup compliquer notre vie »
Despret, Vinciane ULiege

in Bernard, Paul (Ed.) Anita Molinero (2019)

Voilà à présent ce que m’évoquent les images de ces œuvres, le fil qui les traverse, rouge comme une rigueur, blanc comme un acte manqué, liant, soudant, tissant : une bonne part de ces choses sont des ... [more ▼]

Voilà à présent ce que m’évoquent les images de ces œuvres, le fil qui les traverse, rouge comme une rigueur, blanc comme un acte manqué, liant, soudant, tissant : une bonne part de ces choses sont des contenants, des protecteurs, soit qu’ils aient autrefois protégé nos marchandises ou nos déchets, soit qu’ils l’assument encore explicitement dans l’œuvre — mais dans la mesure où tous les objets gardent quelque chose de leur origine et de leur usage, les premiers retrouvent systématiquement leur fonction dans leur participation à l’œuvre. [less ▲]

Detailed reference viewed: 36 (4 ULiège)
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See detailFireflies in Uncertain Times
Despret, Vinciane ULiege

in Ulrich Obrist, Hans (Ed.) Philippe Parreno: Fireflies (2019)

Je fais l'hypothèse que le travail de Parreno est mise en œuvre de ce que le philosophe Etienne Souriau a décrit comme le fait que l’artiste crée pour répondre à la requête d’existences inachevées ... [more ▼]

Je fais l'hypothèse que le travail de Parreno est mise en œuvre de ce que le philosophe Etienne Souriau a décrit comme le fait que l’artiste crée pour répondre à la requête d’existences inachevées, d’existences moindres, qui demandent à être amplifiées, rendues plus réelles. Souriau utilise un très beau terme pour désigner ce travail qui consiste à répondre à l’appel d’un être qui réclame l’existence : le terme d’instaurer. Ce terme prend en charge l’idée que quelque chose doit être construit, créé, fabriqué. Mais au contraire des termes « construire », « fabriquer » ou « créer » qui nous sont familiers, celui d’instaurer oblige à ne pas se précipiter trop vite sur l’idée que ce qui se fabrique serait totalement déterminé par celui qui assume de faire ou de créer un être ou une chose, de donner une âme ou d’amener une oeuvre à l’existence.Les lucioles animées n’ont pas le même mode d’existence qu’une montagne, une pièce de musique, une idée, un Boli du Mali, un algorithme ou un spectre. Mais, à certains égards, elles partagent certaines qualités avec d’autres êtres — avec les algorithmes, bien entendu, mais également avec les personnages de fiction, puisqu’elles deviennent sujets d’histoires, de « vie » ou d’apparition et de mort, ou de disparition. D’apparence de vie ? D’apparence de mort ? Me voilà à hésiter. Et je crois que c’est là l’épreuve à laquelle nous convient également les lucioles de Parreno. Leur régime contaminant d’instabilité les associe alors, même de manière lointaine, aux apparitions des êtres du religieux, des spectres et des anges, qui, tous, se manifestent toujours dans ce régime même d’alternance de présence et d’absence, d’apparitions et de disparitions, un régime de pulsations, de bribes, d’éclairs passagers, d’intermittences. Il me semble alors que les lucioles, qui partagent tant des qualités des êtres de l’apparition, sont venues dans son travail pour prolonger, amplifier, interroger ce qui fait de l’existence de ses œuvres une énigme et, peut-être, répondre à la nécessité d’inventer des modes d’existence inédits et encore inconnus. [less ▲]

Detailed reference viewed: 45 (4 ULiège)
See detailPréface au livre de Donna Haraway
Despret, Vinciane ULiege

in Haraway, Donna (Ed.) Manifeste des espèces compagnes. Chiens, humains et autres partenaires (2019)

Le terme natureculture est le terme qu’Haraway a forgé pour répondre au fait que les termes de nature et de culture ne peuvent plus constituer des catégories pertinentes, comme ils ne peuvent plus être ... [more ▼]

Le terme natureculture est le terme qu’Haraway a forgé pour répondre au fait que les termes de nature et de culture ne peuvent plus constituer des catégories pertinentes, comme ils ne peuvent plus être des termes antagonistes. En effet, tant les nouvelles questions de la biologie que les récits que nous ramène l’anthropologie nous apprennent qu’a perdu tout son sens l’idée, autrefois si évidente, qu’il y aurait, bien séparées, une nature et une (ou des) culture(s). La coévolution des chiens et des humains, explique Haraway, est un lieu privilégié pour ce type d’exploration — à condition d’accepter une définition plus large que celle couramment admise par les biologistes et dont l’adaptation mutuelle des fleurs et des insectes constitue l’exemple paradigmatique. [less ▲]

Detailed reference viewed: 32 (3 ULiège)
See detailHabiter le trouble avec Donna Haraway
Caeymaex, Florence ULiege; Despret, Vinciane ULiege; Pieron, Julien ULiege

Book published by Editions Dehors (2019)

Detailed reference viewed: 278 (18 ULiège)
See detailLe rire de Méduse. Entretien avec Donna Haraway
Caeymaex, Florence ULiege; Despret, Vinciane ULiege; Pieron, Julien ULiege

in Caeymaex, Florence; Despret, Vinciane; Pieron, Julien (Eds.) Habiter le trouble, avec Donna Haraway (2019)

Detailed reference viewed: 184 (12 ULiège)
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See detailOut of The Books: Field Philosophy
Despret, Vinciane ULiege

in Parallax (2018), 24(4), 416-428

Many philosophers, from Socrates to William James or Leibniz, have conducted inquiries and constituted what is now called in social sciences, "fields". How can we inherit from them? And what is our ... [more ▼]

Many philosophers, from Socrates to William James or Leibniz, have conducted inquiries and constituted what is now called in social sciences, "fields". How can we inherit from them? And what is our specificity, as philosophers, in relation to the practices of the human and social sciences? Based on a field experience that questioned the usual routines of the inquiry, and in particular the practice of anonymity, this article proposes to think about how these routines have some effects both on the people surveyed, and on the knowledge produced with or upon them. This gesture of questioning the practices which forces us to adopt other ways of addressing the situation leads the philosopher inquirer to consider his investigation as a real experiment, and thus it subjects the inquirer to the obligation to think of inquiry as a creative practice. On analysis, one realizes that it is not however proper to the philosophical inquiry, but that it is the essential dimension of any them, be that the scientist explicitly claims it or that she tries on the contrary to minimize to make her inquiry a copy of the reality she claims to reveal. [less ▲]

Detailed reference viewed: 47 (5 ULiège)
See detailPréface au livre de Baptiste Morizot: "Sur la piste animale"
Despret, Vinciane ULiege

in Morizot, Baptiste (Ed.) Sur la piste animale (2018)

La forme d’enquête que propose Morizot indique d’abord une mutation profonde dans nos relations aux autres qu’humains. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir vivre autrement avec les animaux, à ... [more ▼]

La forme d’enquête que propose Morizot indique d’abord une mutation profonde dans nos relations aux autres qu’humains. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir vivre autrement avec les animaux, à rêver de renouer d’anciens rapports, de reprendre langue, comme on dit. Mais comment ? Que devons-nous faire ? Que devrions nous apprendre ? Comment habiter avec d’autres êtres qui nous sont, pour la plupart, totalement étrangers ? C’est là que cette enquête intervient. Comme enquête géopolitique, elle s’efforce de trouver les moyens de répondre à la question du comment habiter ensemble avec les autres qu’humains, non plus comme un rêve assez abstrait du retour à la nature, mais concrètement, pratiquement. Certes, Morizot ne l’oublie pas, le pistage renoue avec les plus anciennes pratiques des chasseurs, pas plus qu’il ne néglige l’éthologie qui s’en est elle-même inspirée et qui nourrit à présent son projet. Ce sont des arts de l’attention. Toutefois, contrairement aux premières, il ne s’agit plus de connaître pour s’approprier et, contrairement à la seconde, il ne s’agit plus seulement de connaître pour connaître, mais de « connaître pour cohabiter dans des territoires partagés » (70). Ce qu’il s’agit de remettre au travail, avec le pistage, c’est la possibilité de tisser des rapports sociaux avec les autres qu’humains. [less ▲]

Detailed reference viewed: 59 (3 ULiège)
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See detailEvolution. Lessons from some cooperative ravens
Despret, Vinciane ULiege; Van Dooren, Thom

in Turner, Lynn; Broglio and Undine Sellbach (Eds., Ron; Sellbach, Undine (Eds.) The Edinburgh Companion to Animal Studies (2018)

Corvids cooperate. Whatever else they might do in the world – squabbling at carcasses or ‘stealing’ other birds’ eggs – they also posses rich social lives that include a broad range of cooperative ... [more ▼]

Corvids cooperate. Whatever else they might do in the world – squabbling at carcasses or ‘stealing’ other birds’ eggs – they also posses rich social lives that include a broad range of cooperative interactions, from working together to mob predators and rear their young, to sharing food. This chapter focuses on some cooperative ravens (Corvus corax) and the scientists that study them to explore and challenge the simplistic notion that evolution teaches us that life, at some fundamental level, is inherently selfish and competitive. These ravens remind us that this simply isn’t the case. Or, more accurately, that it is only the case if we accept some very peculiar understandings of ‘selfishness’ that paper over the complexity of our living world. And yet stories about selfishness persist, in different ways, in both the scientific and the popular literatures. In this context, this chapter explores how these framings emerge and the rhetorical power that they possess. Ultimately, what emerges from taking these ravens seriously is a more hopeful account of evolution that opens up space for new kinds of animal studies scholarship that practice an appreciation for the many diverse ways that organism get on with each other to shape our living world. [less ▲]

Detailed reference viewed: 45 (2 ULiège)
See detailPHILOSTORY : autour du spectacle d’Isabelle Pousseur « Last Exit to Brooklyn (Coda) » (Hubert Selby Jr.)
Hagelstein, Maud ULiege; Janvier, Antoine ULiege; Despret, Vinciane ULiege et al

Conference given outside the academic context (2017)

What are the links between the return of the wolf to the forests of the Cévennes and life in Brooklyn's urban communities? This large apparent gap is the challenge for the thought of the next Philostory ... [more ▼]

What are the links between the return of the wolf to the forests of the Cévennes and life in Brooklyn's urban communities? This large apparent gap is the challenge for the thought of the next Philostory evening organised at the Théâtre de Liège (02/10). On the one hand, Isabelle Pousseur's play, Last Exit to Brooklyn (Coda), based on Hubert Selby Jr.'s text on the life of a building in a major American city and the social relations that are established there. On the other hand, the unprecedented experience of a philosopher seeking to think about the spontaneous return of the wolf to France, and building from there new figures of the "diplomat". By crossing these two narratives, we can consider new forms of cohabitation, new ways of composing relationships, which take into account without denying them the fear of the savage, violence (power of conflict), promiscuity, a sense of territory, the inequality of relationships, but also the need for alliances and the invention of a common language. A plea for a different model of diplomacy. [less ▲]

Detailed reference viewed: 17 (3 ULiège)
See detailLe chez soi des animaux
Despret, Vinciane ULiege

Book published by actes sud (2017)

Le livre raconte aux enfants des histoires sur le rapport des animaux à leur habitat et à leur identité. Pour comprendre qu’au-delà des ressemblances et des différences, “ainsi va la vie sur cette terre ... [more ▼]

Le livre raconte aux enfants des histoires sur le rapport des animaux à leur habitat et à leur identité. Pour comprendre qu’au-delà des ressemblances et des différences, “ainsi va la vie sur cette terre qui est, pour chacun et pour nous tous, notre chez-nous”. [less ▲]

Detailed reference viewed: 76 (10 ULiège)
See detailComposer avec les moutons. Lorsque des brebis apprennent à leurs bergers à leur apprendre
Despret, Vinciane ULiege; Meuret, Michel

Book published by Cardère (2016)

Si les moutons traînent derrière eux une réputation d’animaux stupides, c’est la faute de Panurge. Les moutons n’adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu’ils sont d’accord et y trouvent de ... [more ▼]

Si les moutons traînent derrière eux une réputation d’animaux stupides, c’est la faute de Panurge. Les moutons n’adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu’ils sont d’accord et y trouvent de l’intérêt : il n’y a pas de moutons idiots, juste des animaux « mal élevés ». Une philosophe et un écologue ont retracé, avec une dizaine de bergers, une aventure rarement évoquée, celle où des animaux apprennent à des humains à leur apprendre. Leur objectif : comprendre comment cet apprentissage se construit. Cet ouvrage révèle un fait peu connu : bergers et brebis sont engagés dans une conversation permanente, faite d’apprentissages réciproques et de respect. Ensemble, ils créent de la cohérence et cultivent l’idée de ce que peut être la possible beauté du monde. Les moutons font mieux : ils réalisent cette idée. Et ils le font, notamment, en mangeant. Composer avec les moutons, voilà ce qu’apprennent à faire, au quotidien, ces bergers. Humains et animaux s’engagent ensemble dans la création, non seulement d’un accord, mais également d’un éthos des manières d’habiter le monde. Tout un art de reconstruire l’étoffe un peu partout abîmée des continuités sensorielles. C’est cela aussi, composer avec les moutons. [less ▲]

Detailed reference viewed: 75 (7 ULiège)
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See detailNe pas oublier les talents
Despret, Vinciane ULiege

in Englebert, Jérôme; Follet, Valérie (Eds.) Adaptation. Essai collectif à partir des partadigmes éthologiques et évolutionnistes (2016)

Accomplir une œuvre qui réclame achèvement, c’est, je crois, ce que Albert Demaret pourrait aujourd’hui souhaiter : chercher comment elle peut résonner pour nous aujourd’hui, interroger son actualité.

Detailed reference viewed: 55 (2 ULiège)
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See detail"Comme si...": des récits de présence
Despret, Vinciane ULiege

in Grimaud; Taylor, Anne-Christine (Eds.) Persona, étrangement humain (2016)

Le « comme si » est souvent utilisé dans les récits de sentiment de présence d'un défunt. Il est un opérateur d’ouverture entre les possibles. Il n’est pas un retrait interprétatif, il n’est pas une ... [more ▼]

Le « comme si » est souvent utilisé dans les récits de sentiment de présence d'un défunt. Il est un opérateur d’ouverture entre les possibles. Il n’est pas un retrait interprétatif, il n’est pas une mesure de prudence, mais un artifice sémantique qui permet d’affirmer et de maintenir activement plusieurs possibilités, « c’est peut-être moi, c’est peut-être pas ». Le « comme si » fait tenir et communiquer ces possibilités. Ce qui veut dire, puisqu’il assume de faire communiquer, que le « comme si » prend acte des écarts et les connecte par petites approximations. Le « comme si » de ce fait, opère de manière semblable, quoique pas identique, à la « présence de la présence » : il performe la coexistence de deux ontologies ; il explore le passage entre deux mondes en le traversant, toujours à pas presque imperceptibles, il relie en zigzagant de l’un à l’autre deux trajets possibles, deux manières de s’y aventurer, sans sauter, sans grands élans, sans grand écart. [less ▲]

Detailed reference viewed: 95 (6 ULiège)
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See detailFigures de la re-composition
Despret, Vinciane ULiege

in Krause, Bernie; Boeuf, Gilles; Albert, Bruce (Eds.) et al Le grand orchestre des animaux (2016)

Le musicien et bio accousticien Krause a rompu avec les méthodologies propres aux recherches scientifiques telles qu’elles étaient menées sur les sons chez les animaux. En effet, l’éthos culturel de type ... [more ▼]

Le musicien et bio accousticien Krause a rompu avec les méthodologies propres aux recherches scientifiques telles qu’elles étaient menées sur les sons chez les animaux. En effet, l’éthos culturel de type visuel qui avait jusqu’alors guidé les recherches conduisait les chercheurs à collecter des sons comme on collectionne des spécimens dans les musées, sans tenir compte des rapports que les différentes espèces, voire les différents règnes, pouvaient entretenir. Ce type de démarche de collection relève bien d’un éthos du visuel, c’est-à-dire du stable, de l’immobile et, surtout, du clairement différencié. Comme le sont les formes visibles. Comme un compositeur et comme un musicien, Krause a en revanche cherché comment les animaux composent ensemble, et comment ils composent avec ce qui les entoure, le vent, l’eau, les autres organismes, les mouvements de la végétation, comment ces animaux créent des silences qui vont construire l’accord, comment ils partagent des fréquences, comment ils s’accordent, à nouveau — certes, sur un régime de différenciation, mais justement très différent de régime de différenciation des formes visuelles, les sons, dans ce cadre, sont les effets d’une différenciation qui activement s’agence aux particularités des autres productions sonores. [less ▲]

Detailed reference viewed: 57 (4 ULiège)
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See detailBring the dead back to ethology
Despret, Vinciane ULiege

in Latour, Bruno; Leclerc, Christophe (Eds.) Reset Modernity (2016)

Which mode of existence should we confer to the deceased that continue to interfere in the life of the left behind? They do have regularity (albeit local and always in relation to a particular milieu ... [more ▼]

Which mode of existence should we confer to the deceased that continue to interfere in the life of the left behind? They do have regularity (albeit local and always in relation to a particular milieu) that we can rely on. It is therefore possible to constitute a science of the deceased that fits them; one that describes them, anticipates their behaviors, and even that can interpret (in the sense of guiding a reply to) what they want or request. The deceased thus have an ecology (milieu is a crucial issue for them, and we sometimes witness real extinction in highly unfavorable niches) and, above all, an ethology – the science that hitherto studied the behavior of animals. Provided, however – and the same also applies to animals – that we are not referring to the traditional version of what is called classical ethology, otherwise known as behavioral biology and which primarily studies specific instincts and invariants.The science of ethology is above all a practical science. It is the science of what beings do and get others to do, what they are capable of doing. Therefore, the facts that it describes should only be described using the infinitive. [less ▲]

Detailed reference viewed: 118 (5 ULiège)
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See detailCosmoecological Sheep and the Arts of Living on a Damaged Planet
Despret, Vinciane ULiege; Meuret, michel

in Environmental Humanities (2016), 8(1), 24-36

In recent decades, in the South of France some young people from urban backgrounds have chosen to become shepherds and to learn to reconnect with the herding practices that many livestock breeders had ... [more ▼]

In recent decades, in the South of France some young people from urban backgrounds have chosen to become shepherds and to learn to reconnect with the herding practices that many livestock breeders had abandoned under the pressure of agricultural modernization policies. In some cases they have found themselves entrusted with sheep that are as naive about herding as they themselves were. Before their introduction to transhumance —seasonal movement between pastures—these animals were primarily confined and fed indoors or in small fenced areas. The shepherds had to learn how to lead, how to understand other modes of living, how to teach their sheep what is edible and what is not, and how to form a flock; the sheep had to learn how to “compose with ” dogs and humans, to acquire new feeding habits, a new ethos, and moreover, new ways of living in an enlarged world. These practices cannot be reduced to a livestock economy: shepherds consider herding a work of transformation and ecological recuperation — of the land, of the sheep, of ways of being together. Learning the “ arts of living on a damaged planet ” as Anna Tsing has termed it, humans and animals are making their own contributions to a new cosmoecology, creating cosmoecological connections and contributing to what Ghassan Hage has called alter-politics. [less ▲]

Detailed reference viewed: 118 (2 ULiège)
See detailWhat would animals say if we asked the right questions?
Despret, Vinciane ULiege; Buchanan, Brett

Book published by University of Minnesota Press (2016)

“You are about to enter a new genre, that of scientific fables, by which I don’t mean science fiction, or false stories about science, but, on the contrary, true ways of understanding how difficult it is ... [more ▼]

“You are about to enter a new genre, that of scientific fables, by which I don’t mean science fiction, or false stories about science, but, on the contrary, true ways of understanding how difficult it is to figure out what animals are up to.” -Bruno Latour, form the Foreword Is it all right to urinate in front of animals? What does it mean when a monkey throws its feces at you? Do apes really know how to ape? Do animals form same-sex relations? Are they the new celebrities of the twenty-first century? This book poses twenty-six such questions that stretch our preconceived ideas about what animals do, what they think about, and what they want. In a delightful abecedarium of twenty-six chapters, Vinciane Despret argues that behaviors we identify as separating humans from animals do not actually properly belong to humans. She does so by exploring incredible and often funny adventures about animals and their involvements with researchers, farmers, zookeepers, handlers, and other human beings. Do animals have a sense of humor? In reading these stories it is evident that they do seem to take perverse pleasure in creating scenarios that unsettle even the greatest of experts, who in turn devise newer and riskier hypotheses that invariably lead them to conclude that animals are not nearly as dumb as previously thought. These deftly translated accounts oblige us, along the way, to engage in both ethology and philosophy. Combining serious scholarship with humor that will resonate with anyone, this book-with a foreword by noted French philosopher, anthropologist, and sociologist of science Bruno Latour-is a must not only for specialists but also for general readers, including dog owners, who will never look at their canine companions the same way again. © 2016 by the Regents of the University of Minnesota. All rights reserved. [less ▲]

Detailed reference viewed: 71 (6 ULiège)