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See detailEntre journal et recueil. Les temporalités médiatiques de l’image Aubert
Stienon, Valérie ULiege

Scientific conference (2019, May 24)

L’éditeur Aubert s’assure l’hégémonie du marché parisien de l’estampe sous la monarchie de Juillet. Il en fait tout à la fois un message politique, une esthétique originale et un commerce avisé. Il ... [more ▼]

L’éditeur Aubert s’assure l’hégémonie du marché parisien de l’estampe sous la monarchie de Juillet. Il en fait tout à la fois un message politique, une esthétique originale et un commerce avisé. Il invente le quotidien illustré, fait de la bande dessinée un genre, promeut des vedettes du crayon telles que Grandville, Daumier, Gavarni, Traviès, Cham et Doré. À l’époque de la littérature industrielle, il conçoit des œuvres en série façonnées par les logiques de la collection et les impératifs de l’ère médiatique. En contexte de censure, il raille les emblèmes d’un régime décrié et explore par l’étude de mœurs les facettes d’une société complexe. Face à une hiérarchie des arts qui minorise le dessin de presse, il accorde à celui-ci une place centrale et décisive, supérieure à l’illustration. En examinant comment s’organisent, du journal au recueil, et du volume collectionnable à la caricature à la pièce, cette véritable industrie médiatique de l’image, la communication montrera l’importance du réseau de l’équipe, de la stratégie de marque et de la réorganisation des fonctions de l’éditeur au sein de la maison Aubert. [less ▲]

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See detailBanalité, délégitimation, oubli : des conditions du ratage en littérature
Stienon, Valérie ULiege

Conference (2019, May 16)

L’échec gagne à être considéré autrement que par défaut, comme une absence de réussite. Tout particulièrement en littérature, où il a une rentabilité particulière, selon les époques et les configurations ... [more ▼]

L’échec gagne à être considéré autrement que par défaut, comme une absence de réussite. Tout particulièrement en littérature, où il a une rentabilité particulière, selon les époques et les configurations du champ, qui peuvent opérer un renversement et motiver une lecture valorisante de réhabilitation ou de redécouverte. Mais peut-on pour autant le définir positivement, en propre ? Il semble réunir une double dimension: empirique de tentative effective, et déclarative de formulation d’un projet. Or, on sait combien il est difficile en littérature de faire la part du discours et de l’acte. Par ailleurs, que signifie essayer, en littérature : être passé par le dispositif éditorial, avoir été lu par un public, avoir reçu un jugement négatif, avoir été entravé dans une trajectoire naissante, y avoir mis fin soi-même, ou encore avoir été effacé par le temps, après avoir réalisé une trajectoire de plus ou moins grande envergure ? Comme l’échec touche de près aux différentes modalités d’attribution ou d’obtention de la valeur dans le champ littéraire, il importe de se donner les moyens de le considérer sur chacun des plans économique, symbolique et relationnel. La communication propose d'aborder ces aspects pour rendre compte d'un phénomène multifactoriel et complexe. [less ▲]

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See detailCerner les figures du critique-écrivain : quelques réflexions transversales
Stienon, Valérie ULiege; van Nuijs, Laurence; Absalyamova, Elina

in Stienon, Valérie; van Nuijs, Laurence; Absalyamova, Elina (Eds.) Figures du critique-écrivain. XIXe – XXIe siècles (2019)

Du XIXe siècle à nos jours, de nombreux auteurs ont combiné l'écriture de création et une pratique de critique littéraire. Que l'on pense aux figures de Sainte-Beuve, Jean-Paul Sartre, Roland Barthes ... [more ▼]

Du XIXe siècle à nos jours, de nombreux auteurs ont combiné l'écriture de création et une pratique de critique littéraire. Que l'on pense aux figures de Sainte-Beuve, Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, François Nourissier ou encore Julia Kristeva : leurs oeuvres signalent toutes une partition plus ou moins explicite entre une production majeure ou principale et une oeuvre « résiduelle ». Au vu de la diversité des rapports revendiqués, perçus et imaginés entre la critique et la création, nous avons fait le choix de désigner notre objet comme les "figures du critique-écrivain", où « figures » peut s’entendre au triple sens identitaire, postural et rhétorique. Cet article propose de réfléchir aux formes et aux enjeux que prend la relation critique depuis l'institutionnalisation qu'elle connaît au XIXe siècle jusqu'aux formes plus récentes du commentaire littéraire. [less ▲]

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See detailFigures du critique-écrivain. XIXe – XXIe siècles
Stienon, Valérie ULiege; van Nuijs, Laurence; Absalyamova, Elina

Book published by Presses universitaires de Rennes (2019)

Du XIXe siècle à nos jours, de nombreux auteurs ont combiné l’écriture de création et la critique littéraire dans le journalisme, l’essai ou la théorie. Leurs écrits témoignent de la partition entre une ... [more ▼]

Du XIXe siècle à nos jours, de nombreux auteurs ont combiné l’écriture de création et la critique littéraire dans le journalisme, l’essai ou la théorie. Leurs écrits témoignent de la partition entre une oeuvre prédominante et une production supposée résiduelle. Mais faire oeuvre signifie aussi intégrer le discours à l’écriture, voire subordonner le texte à son commentaire. Cet ouvrage examine les choix d’une telle pratique et les raisons de sa légitimité problématique. Il montre comment, de l’institution de la critique à la spécialisation culturelle, les classements par l’histoire interagissent avec des catégories intériorisées en (anti)modèles : critique fustigée de Balzac à Morand, critique laboratoire chez Barthes ou Butor, critique professorale reprochée à Sartre, critique poéticienne de Ponge, critique frondeuse de Bayard. [less ▲]

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See detailPenser l’anticipation par le discours social. Variations sur le radium
Stienon, Valérie ULiege

in Barel-Moisan, Claire; Chassay, Jean-François (Eds.) Le roman des possibles : l’anticipation dans l’espace médiatique francophone (1860-1940) (2019)

L’approche contextuelle et médiatique de l’anticipation permet de réévaluer ses cadres de lecture, trop souvent limités à l’alternative entre le prophétisme du texte supposé visionnaire et l’obsolescence ... [more ▼]

L’approche contextuelle et médiatique de l’anticipation permet de réévaluer ses cadres de lecture, trop souvent limités à l’alternative entre le prophétisme du texte supposé visionnaire et l’obsolescence de l’événement non advenu ou passé de mode. Sortir de ce binarisme nécessite d’étudier comment l’anticipation, considérée comme un ensemble de textes faisant intervenir une composante conjecturale, interagit avec les productions participant au même discours social. L'article analyse la fureur pour le radium qui s’empare du premier tiers du XXe siècle, sur une période d’environ quarante années, allant de la découverte des rayons X par Röntgen en 1895 et de la radioactivité par Becquerel en 1896 puis du radium par le couple Curie en 1898, jusqu’à la mort de Marie Curie en 1934. Cet engouement constitue un cas intéressant pour interroger les possibles de la science, l’extension de l’imaginaire social par ses applications au quotidien et ses modalités de mise en récit, entre réalité, croyance et fiction. [less ▲]

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See detailRencontre littéraire avec Laurent Demoulin, auteur du roman "Robinson" (Gallimard, 2016 - Prix Rossel 2017)
Stienon, Valérie ULiege

Conference given outside the academic context (2019)

Entretien littéraire avec l'écrivain et universitaire Laurent Demoulin, autour de son roman "Robinson" (Gallimard, 2016): poétique d'écriture, projet esthétique, rapports entre écriture et handicap

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See detailLes fins du monde font-elles genre ? Ou comment reconnaître une dystopie quand on en lit une
Stienon, Valérie ULiege

Scientific conference (2019, March 07)

Les récits d'anticipation envisageant une extinction imminente de l’espèce humaine, une société anxiogène aliénante ou un contexte urbain problématique sont-elles lisibles comme des dystopies, à la mode ... [more ▼]

Les récits d'anticipation envisageant une extinction imminente de l’espèce humaine, une société anxiogène aliénante ou un contexte urbain problématique sont-elles lisibles comme des dystopies, à la mode de nos jours et préparées par les romans-phares de Huxley, Orwell, Bradbury, Zamiatine notamment ? Une grille de lecture commune entre ces diverses productions, en mots et en images, est-elle possible pour la période allant de 1800 à 1950, dans l'ère culturelle francophone ? Ces textes relèvent-ils du même genre ? La question en recouvre au moins deux : les assimilons-nous au même ensemble ; les lecteurs de l’époque les lisaient-ils comme faisant partie d’un ensemble ? Cette communication consacrée aux dystopies réfléchit aux critères de la généricité manifestés par des classes de textes hétérogènes et constituées, en partie, rétrospectivement. [less ▲]

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See detailQui sont les auteurs Aubert ? La figure auctoriale en régime promotionnel
Stienon, Valérie ULiege

in Diaz, Brigitte (Ed.) L'auteur et ses stratégies publicitaires au XIXe siècle (2019)

Si l’auteur ne peut se faire un nom sans publicité, parvient-il pour autant à exister lorsque tout n’est que publicité ? C’est la question que pose l’équipe d’écrivains et de dessinateurs de la maison ... [more ▼]

Si l’auteur ne peut se faire un nom sans publicité, parvient-il pour autant à exister lorsque tout n’est que publicité ? C’est la question que pose l’équipe d’écrivains et de dessinateurs de la maison Aubert, spécialisée dans le commerce de l’estampe lithographique sous la Monarchie de Juillet. Cet article examine les modalités de la figure d’auteur dans un réseau et des supports participant des stratégies promotionnelles de l’ère médiatique naissante. [less ▲]

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See detailDu journal au joujou. Sur les objets en papier de la librairie pittoresque (1830-1860)
Stienon, Valérie ULiege

in Wrona, Adeline; Thérenty, Marie-Eve (Eds.) Objets insignes, objets infâmes de la littérature (2019)

La civilisation du journal ne voit pas seulement apparaître une circulation accrue des idées, une extension du lectorat, un mode d’information tissé de romanesque et de nouveaux rythmes liés à la ... [more ▼]

La civilisation du journal ne voit pas seulement apparaître une circulation accrue des idées, une extension du lectorat, un mode d’information tissé de romanesque et de nouveaux rythmes liés à la quotidienneté. Elle instaure aussi un rapport spécifique à l’objet en papier. À l’heure où triomphe la chose imprimée, la culture médiatique est éminemment matérielle : manipulations, appropriations, circulations invitent à considérer les usages concrets du livre, du journal, de la brochure et de l’affiche, depuis les modes d’étalage à la vente jusqu’aux modalités de collection du livre et de conservation du roman-feuilleton, en passant par le démembrement du tract et le recyclage de l’affiche. Cet article examine les objets en papier produits par les éditeurs de pittoresques et de littérature panoramique dans les années 1830-1860 en France. [less ▲]

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See detailDésignations et déclinaisons du livre d’images chez Aubert (1830-1860)
Stienon, Valérie ULiege

Scientific conference (2018, November 09)

Sous la monarchie de Juillet, la maison Aubert et son gérant Charles Philipon sont à la tête d’une entreprise de presse satirique illustrée fondatrice d’un puissant langage visuel. L’image, sous la double ... [more ▼]

Sous la monarchie de Juillet, la maison Aubert et son gérant Charles Philipon sont à la tête d’une entreprise de presse satirique illustrée fondatrice d’un puissant langage visuel. L’image, sous la double forme de l’estampe lithographique et de la vignette gravée, est tellement centrale que tout accompagnement par le texte apparaît bien souvent second, suivant en cela une dynamique semblable à celle des caricatures qui circulaient dans les bureaux de rédaction en attente d’une légende qui en arrête le sens, parmi de nombreux autres. Aussi l’équipe de journalistes et de dessinateurs de la maison Aubert se consacre-t-elle à développer, parallèlement aux journaux, des produits dérivés sur divers supports et dans des formats variés qui réaccommodent l’estampe en volume. Pour comprendre ce qu’impliquent ces déclinaisons créatives et transmédiales du recueil d’images, on propose d’étudier le métadiscours (dans les catalogues, la presse et le paratexte des œuvres) qui accompagne, annonce et présente des produits culturels allant du « livre à gravures » au « livre-album » en passant par l’« album avec/sans texte ». Il s’agira, à partir de cette enquête dans les désignations génériques, de tenter de cerner l’apport de la maison Aubert au dispositif iconotextuel et de rendre compte des renégociations de la hiérarchie du texte et de l’image, en lien tout à la fois avec la sérialité de la périodicité médiatique, le marché du livre romantique et une certaine économie publicitaire qui sont investis avec brio par l’imprimeur-éditeur. [less ▲]

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See detailL'anticipation dans les discours médiatiques et sociaux : genres, supports, valeurs
Stienon, Valérie ULiege; Letourneux, Matthieu

in COnTEXTES: Revue de Sociologie de la Littérature (2018), 21

Précédant la science-fiction, dont l’émergence est identifiée aux premières collections éditoriales spécialisées apparues dans les années 1950, la littérature d’anticipation francophone est rarement ... [more ▼]

Précédant la science-fiction, dont l’émergence est identifiée aux premières collections éditoriales spécialisées apparues dans les années 1950, la littérature d’anticipation francophone est rarement considérée pour elle-même au-delà des figures de Jules Verne, Rosny aîné et Maurice Renard. Les œuvres d’anticipation sont trop souvent appréhendées hors du contexte qui leur donne sens : supports de publication, désignations génériques, horizons d’attente, influences idéologiques et sociales, sociabilités des auteurs, culture visuelle, etc. Omettre ces données fondamentales conduit, pour les écrivains reconnus, à analyser a posteriori leur importance dans la constitution de ce point d’aboutissement que serait la science-fiction et, pour les autres, à minimiser leur production en l’alignant sur des pratiques génériques et esthétiques plus visibles ou valorisées. A rebours de ces approches, c’est la réalité sociale et médiatique des genres que nous avons voulu explorer, afin d’essayer de comprendre les raisons du développement d’un imaginaire de l’anticipation, mais aussi de formes proches, comme le merveilleux scientifique, le conte futur, les aventures fantastiques, etc. Il convient, pour étudier ces corpus, d’interroger les conditions historiques et matérielles de développement de l’anticipation comme autant d’incidences du contexte de production sur la forme des textes et leur signification. Ces données sont susceptibles d’éclairer par la continuité et la récurrence, plutôt que par l’exception problématique, une littérature largement tributaire des discours de son temps. [less ▲]

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See detailPrévision et prévention. Le roman d’anticipation dans les discours de l’hygiène
Stienon, Valérie ULiege

in COnTEXTES: Revue de Sociologie de la Littérature (2018), 21

Les romans d’anticipation thématisent volontiers l’organisation des communautés et des modes de vie collective. En élaborant en fiction un programme conçu comme un prolongement possible du réel ou comme ... [more ▼]

Les romans d’anticipation thématisent volontiers l’organisation des communautés et des modes de vie collective. En élaborant en fiction un programme conçu comme un prolongement possible du réel ou comme l’une de ses alternatives, ils proposent une lecture orientée de l’état de société connu, qu’il s’agisse d’émettre un commentaire valorisant ou critique sur les principales préoccupations du moment, ou de mettre en perspective ce qui fait saillance dans leur premier contexte. Très tôt, déjà chez Thomas More en 1516, la santé et l’hygiène interviennent dans les mœurs des Utopiens décrites à travers le témoignage de Raphaël Hythloday. On se demandera donc dans quelle mesure l’hygiène fait sens dans le récit d’anticipation du long xixe siècle, au double regard de l’histoire des préoccupations sanitaires et des logiques de formation d’un genre littéraire. En observant successivement l’expression des enjeux de l’hygiénisme et la diversité de ses réappropriations romanesques, cette étude cherche à interroger, au plus près de leurs différents contextes, les cadres discursifs, médiatiques et génériques qui participent à la poétique du récit conjectural. [less ▲]

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See detailL'anticipation dans les discours médiatiques et sociaux
Stienon, Valérie ULiege; Letourneux, Matthieu

in COnTEXTES: Revue de Sociologie de la Littérature (2018), 21

Précédant la science-fiction, dont l’émergence est identifiée aux premières collections éditoriales spécialisées apparues dans les années 1950, la littérature d’anticipation francophone est rarement ... [more ▼]

Précédant la science-fiction, dont l’émergence est identifiée aux premières collections éditoriales spécialisées apparues dans les années 1950, la littérature d’anticipation francophone est rarement considérée pour elle-même au-delà des figures de Jules Verne, Rosny aîné et Maurice Renard. Les études rassemblées dans ce numéro étudient cette production en l'inscrivant dans ses multiples contextes. Elles soulèvent ainsi des questions cruciales : quelle est la part éditoriale, médiatique et collective du genre ? En quoi l’inscription des textes dans des supports de diffusion et des cohérences discursives (feuilleton, livre de prix, littérature pour la jeunesse, vulgarisation) engage-t-elle des discours de sens et de valeurs différents ? Peut-on rendre compte des dynamiques intertextuelles et architextuelles qui organisent et définissent cette production ? Comment les discours sociaux prennent-ils sens dans leurs actualisations médiatiques ? [less ▲]

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See detailLa littérature industrielle est-elle une littérature populaire ? Réflexions sur un corpus (1830-1850)
Stienon, Valérie ULiege

Conference (2018, October 13)

Les études des productions populaires françaises hésitent à tenir compte des années 1830-1850, pourtant identifiées au début de l’ère médiatique avec le lancement de La Presse en 1836 et à l’apparition de ... [more ▼]

Les études des productions populaires françaises hésitent à tenir compte des années 1830-1850, pourtant identifiées au début de l’ère médiatique avec le lancement de La Presse en 1836 et à l’apparition de la littérature « industrielle » depuis la désignation de Sainte-Beuve en 1839. Si on repère volontiers des thèmes et des codes repris ultérieurement par le récit criminel, le roman d’aventures ou la bande dessinée, on va rarement au-delà de la perspective axiologique induite par la désignation clivante, renforcée encore par la modélisation bourdieusienne en deux sous-champs de production. La littérature dite « industrielle » pose pourtant des questions fondamentales à la lumière des acquis récents des études culturelles, médiatiques et sociohistoriques. On observe à son propos des circulations significatives entre éditeurs, cabinets de lecture et dépôts de pittoresques, des prolongements de la pratique du colportage dans un contexte qui oscille entre idéalisation et stigmatisation du peuple, une diffusion massive et internationale de certaines œuvres à l’instar du mystère urbain. Le feuilleton, les livraisons et les journaux-romans invitent à l’appropriation sérielle même si elle n’est pas aussi formalisée qu’avec les collections et les fascicules du siècle suivant. On n’assiste pas encore au triomphe de la culture marchande, mais la fantasmagorie benjaminienne et les produits dérivés sont déjà à l’œuvre. Les auteurs ne sont pas assimilables aux stars, mais certains connaissent une vedettarisation par la presse et l’image. Les productions sont antérieures aux expositions universelles parisiennes et à l’invention du cinéma, mais elles participent au début des loisirs et des spectacles de masse (panoramas, dioramas), en dialogue avec les dispositifs de l’image fixe ou animée. Malgré ces paramètres, la période est généralement délaissée au profit de la seconde moitié du siècle dans l’approche des productions populaires. La communication propose d’y réfléchir, en évitant autant que possible les écueils de l’anachronisme, de la réification des catégories et de l’amalgame des critères de définition. [less ▲]

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See detailLa communauté charivarique de la blague
Stienon, Valérie ULiege

in Vaillant, Alain; Vérilhac, Yoan (Eds.) Vie de bohème et petite presse du XIXe siècle. Sociabilité littéraire ou solidarité journalistique ? (2018)

Boutique d’estampes devenue librairie, imprimerie lithographique et bureau de rédaction de presse, la maison Aubert s’assure l’hégémonie du marché de l’album illustré comique et de la petite presse ... [more ▼]

Boutique d’estampes devenue librairie, imprimerie lithographique et bureau de rédaction de presse, la maison Aubert s’assure l’hégémonie du marché de l’album illustré comique et de la petite presse satirique dans les années 1830-1860. Le Charivari, prolongement et emblème des productions Aubert, connaît de 1832 à 1937 une remarquable longévité, marquée par les aménagements de sa ligne éditoriale, en particulier après les lois de censure du dessin politique en septembre 1835, et par les reventes pour survivre aux amendes des condamnations. Si le premier quotidien satirique illustré crée un phénomène de société lié au «culte adoripoire», il constitue surtout une marque de fabrique de l’équipe de journalistes, dessinateurs, imprimeurs et publicistes fédérés et en grande partie lancés dans le métier par Charles Philipon. Aborder les sociabilités journalistiques dans une période qui précède de peu l’an I de l’ère médiatique et qui en accompagne ensuite les premiers développements permet d’observer comment une publication périodique répartie sur des supports distincts au sein d’un même réseau éditorial se réapproprie, sur les plans figuratif et discursif, la collectivité dont elle doit nécessairement procéder pour assumer l’ensemble des tâches, en s’en ressaisissant comme d’un projet esthétique. Les sociabilités affichées dans les manières d’assigner une identité à ses collaborateurs effectifs redoublent certes des adhésions professionnelles généralement décidées en amont. Mais la contrainte initiale s’est progressivement intériorisée en posture médiatique et en poétique d’écriture, comme le montrent les liens complexes établis en mots et en images avec l’éditeur et l’illustrateur, à travers nombre de scénographies qui rapprochent le journaliste-écrivain du premier posé en figure impérieuse mais avisée, et du second présenté en figure tutélaire dont le style visuel pourrait trouver un équivalent textuel. Ces constats rencontrent, en définitive, les paradoxes d’un rire à la fois frondeur et consensuel. [less ▲]

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See detailDes années folles ? L’écriture de la catastrophe de Claude Farrère à Léon Groc
Stienon, Valérie ULiege

in Eidôlon (2018), 123

Marquées par le relâchement festif, la sociabilité culturelle et le rayonnement surréaliste, les années 20 en France sont aussi entachées par la perte humaine, l’endettement national, la course à la ... [more ▼]

Marquées par le relâchement festif, la sociabilité culturelle et le rayonnement surréaliste, les années 20 en France sont aussi entachées par la perte humaine, l’endettement national, la course à la croissance industrielle et la crainte d’un nouveau conflit. Ce sont d’abord des années de traumatisme, de déséquilibre des générations et de montée en puissance des idéologies – celles du capitalisme américain, du communisme soviétique et du fascisme italien . « Folles » en raison de la perte des repères qui les caractérise plutôt que pour la fantaisie qu’on leur prête, ces années ne voient réapparaître une confiance en la prospérité qu’à la fin de la décennie, alors même que se profile la crise boursière. Entre ces deux épreuves, on assiste à la fin du récit guerrier héroïque face au constat éploré de la tuerie de masse. En littérature, ces déterminations contextuelles alimentent, parallèlement au roman des tranchées et à l’écrit testimonial, une veine d’anticipation particulièrement marquée par la négativité et le pessimisme. Le récit conjectural de cette période est doublement caractérisé par un ralentissement de la production et une dissémination des supports de diffusion. En outre, alors même qu’elle se fait l’écho des préoccupations sociétales, la littérature d’anticipation tend à se distancier, à ce moment, des progrès scientifiques réels pour se replier sur des thématiques convenues : fin du monde, guerre future, monde perdu, voyage extraordinaire, savant fou. C’est dans ce panorama littéraire incertain, codifié et dispersé, que s’expriment les échos d’un contexte sociopolitique et culturel troublé. [less ▲]

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See detailRecension de Jean-Louis Cabanès et Vincent Laisney (dir.), L’année 1855. La littérature à l’âge de l’Exposition universelle (Classiques Garnier, 2016)
Stienon, Valérie ULiege

in Romantisme (2018), 181

Contrairement aux millésimes littéraires tels 1857, l’année étudiée dans ce volume est a priori non remarquable en ce qu’elle n’est pas consacrée à la gloire d’une œuvre ni à la mémoire d’un auteur. Elle ... [more ▼]

Contrairement aux millésimes littéraires tels 1857, l’année étudiée dans ce volume est a priori non remarquable en ce qu’elle n’est pas consacrée à la gloire d’une œuvre ni à la mémoire d’un auteur. Elle n’en est pas moins significative, comme le montrent avec brio les études développées ici, qui mettent en évidence ce qui se prépare dans une période qui n’est creuse que si on ne donne pas les moyens de l’interroger adéquatement. Particulièrement exposante, 1855 s’avère une année charnière, intéressante précisément en raison de sa non-exceptionnalité qui engage une démarche épistémique fructueuse vers une histoire littéraire et culturelle renouvelée. [less ▲]

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See detailLa caricature par la manière : la technique des images selon les Goncourt
Stienon, Valérie ULiege

in Cahiers Edmond et Jules de Goncourt (2018), 24

Considérer l’image dans la dimension technique de son élaboration n’est pas une réflexion périphérique à la question de la caricature chez les Goncourt. Si l’image est plus volontiers abordée sur les ... [more ▼]

Considérer l’image dans la dimension technique de son élaboration n’est pas une réflexion périphérique à la question de la caricature chez les Goncourt. Si l’image est plus volontiers abordée sur les plans stylistique et politique, la fabrique des estampes caricaturales demeure un paramètre majeur, ce dont témoigne le discours critique et essayiste des Goncourt développé dans le Journal, la correspondance, la critique d’art ou encore la monographie sur Gavarni. La fabrique graphique de la caricature, c’est d’abord une pratique personnelle pour les Goncourt. On sait par ailleurs la passion des deux frères pour la collection et leur attrait pour la bibliophilie, intérêts qui questionnent directement l’esthétique, la facture et la valeur de l’image. Si le commentaire des Goncourt prend la forme d’un discours avisé, c’est aussi parce qu’ils ont été très tôt versés dans la critique d’art. Ces considérations posent la question de la nature et de la portée du propos des Goncourt sur les modalités matérielles de la fabrique des images caricaturales, que ce savoir émane des sociabilités artistiques et culturelles, d’une expérience de critique d’art ou encore d’une participation à la presse. Gravure, lithographie, eau-forte occupent une place centrale dans la vision du monde des Goncourt, à une époque où l’estampe gagne une visibilité à travers les associations d’artistes. Mais c’est avant tout par les sociabilités et le réseau amical que se forme chez les deux frères une conscience des techniques de l’image. [less ▲]

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See detailUn roman de la rumeur médiatique. Événement, suspense et anticipation dans Le Péril bleu de Maurice Renard
Stienon, Valérie ULiege

in ReS Futurae: Revue d'Études sur la Science-Fiction (2018), 11

Le Péril bleu raconte la disparition inquiétante de personnes qui s’avèrent avoir été enlevées par des extraterrestres invisibles. Le suspense généré par la révélation progressive de la situation, dont la ... [more ▼]

Le Péril bleu raconte la disparition inquiétante de personnes qui s’avèrent avoir été enlevées par des extraterrestres invisibles. Le suspense généré par la révélation progressive de la situation, dont la dimension horrifique est croissante, se trouve lui-même rythmé par les annonces de presse, les expressions de la rumeur sociale et les modulations de l’opinion publique, tandis que l’enquête officielle tâtonne en multipliant les conjectures fantaisistes. Laissant ainsi entrevoir comment se crée un événement médiatique et à quel point se manipule sa dimension sensationnelle, le roman convoque divers protocoles d’authentification et de témoignage (chronique d’enquêteur, journal intime, notes prises sur le vif, échange de correspondance, pièces d’archives) pour mieux les subvertir et questionner leur véracité. L’article propose d’étudier la « tension narrative » de cette fiction du reportage qui s’amuse des codes du merveilleux scientifique, d’une part en examinant les particularités génériques du récit d’anticipation lorsqu’il est conçu sur un faible écart chronologique (2 ans) avec l’année de sa publication (1910), ce qui le rapproche de la chronique populaire ici mise en abyme, d’autre part en comparant la version du récit parue en volume avec sa réédition en feuilleton dans L’Intransigeant en 1919, occasion de réfléchir aux spécificités poétiques des cadres de la fiction, eux-mêmes liés à la dimension médiatique. [less ▲]

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Peer Reviewed
See detailFaire voir le fait divers : l’œil de la police et ses dispositifs graphiques
Stienon, Valérie ULiege

Conference (2018, March 27)

Si le fait divers a été abondamment étudié comme élément majeur de la culture médiatique , depuis les canards jusqu’aux tabloïds, s’il a été bien analysé en lien avec l’émergence des pratiques d’enquête ... [more ▼]

Si le fait divers a été abondamment étudié comme élément majeur de la culture médiatique , depuis les canards jusqu’aux tabloïds, s’il a été bien analysé en lien avec l’émergence des pratiques d’enquête de la police, la naissance du roman policier et l’élaboration d’un nouveau langage pré-cinématographique, s’il a été approché sous l’angle des discours (pour mettre en évidence son immanence, sa fictionnalité ou sa circulation dans l’interdiscours), il a été moins considéré pour son esthétique visuelle propre, avec son iconographie, ses matériaux graphiques et son potentiel de représentation spectaculaire, inhérent à la pulsion scopique sur laquelle repose le sensationnel. Le XIXe siècle, moment privilégié de développement de la presse illustrée, est crucial dans l’élaboration visuelle du fait divers, auquel il apporte une esthétique expressive, des traits stylistiques et des modalités de diffusion. La presse populaire développe ainsi des périodiques et des suppléments spécialisés dans les faits divers en images tels que The Terrific Register (1823-1825), The Illustrated London News (1842-1971), The Illustrated Police News (1864-1938), Le Petit Journal-supplément illustré (1884-1920), Le Petit Parisien-supplément littéraire illustré (1889-1912), Les Faits-divers illustrés (1905-1910) et L’Œil de la police (1908-1914). À partir de ce corpus médiatique qui place en son centre la vision, comme en témoignent les thématisations de l’œil, le soin apporté aux angles de vue et l’intégration de l’acte d’observation dans les scènes représentées, la communication propose d’étudier un imaginaire visuel appelé à une importante expansion, situé entre la scénographie du théâtre du Grand-Guignol, l’affiche urbaine et les couvertures de fascicules populaires d’une part, et l’émergence au siècle suivant de dessinateurs spécialisés dans le fait divers comme Angelo Di Marco d’autre part. En se centrant sur le périodique illustré L'Oeil de la Police, la communication propose une étude poétique et matérielle de l’image de presse prenant en charge le fait divers (techniques de production de l’image, articulation du texte-image avec subordination du textuel à l’iconique, sélection et rendu des scènes paroxystiques, usages localisés de la couleur, codes de la polychromie, construction tabulaire de la page, découpage créatif des vignettes, dialectique du caché et du visible). [less ▲]

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