{\rtf1\ansi\ansicpg1252\uc1 \deff12\deflang1036\deflangfe1036{\fonttbl{\f0\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 02020603050405020304}Times New Roman;}{\f12\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 00000000000000000000}New York{\*\falt Times New Roman};}
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\super \sbasedon10 endnote reference;}{\*\cs19 \additive \super \sbasedon10 footnote reference;}}{\info{\title LE BOULANGER, LA RENTE ET LE JUGE}{\author Lissoir B_n_dicte}{\operator Lecocq Pascale}{\creatim\yr2003\mo10\dy13\hr12\min45}
{\revtim\yr2003\mo10\dy13\hr12\min45}{\version2}{\edmins1}{\nofpages9}{\nofwords3148}{\nofchars17945}{\*\company ULG - Facult\'e9 de Droit}{\nofcharsws22037}{\vern8269}}\paperw11906\paperh16838\margl1417\margr1417\margt1417\margb1417 
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\linex0\headery709\footery709\colsx709\endnhere\sectdefaultcl {\footer \pard\plain \s15\ql \li0\ri0\widctlpar\tqc\tx4536\tqr\tx9072\phmrg\posxr\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs20 \chpgn 
\par }\pard \s15\ql \li0\ri360\widctlpar\tqc\tx4536\tqr\tx9072\faauto\rin360\lin0\itap0 {\fs20 
\par }}{\*\pnseclvl1\pnucrm\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl2\pnucltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl3\pndec\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta .}}{\*\pnseclvl4\pnlcltr\pnstart1\pnindent720\pnhang{\pntxta )}}
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\b\fs20 
\par La rente et la galette : 
\par \'e0 propos du remboursement anticip\'e9 d'un cr\'e9dit}{\fs20 
\par 
\par 
\par 
\par }\pard \ql \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\fs20 \tab \tab \tab \tab }{\i\fs20 "Maman Coupeau, qui avait touss\'e9 et \'e9touff\'e9 tout 
\par \tab \tab \tab \tab d\'e9cembre, dut se coller dans le lit apr\'e8s les Rois.  
\par \tab \tab \tab \tab C'\'e9tait sa rente : chaque hiver, elle attendait \'e7a"}{\fs20  
\par \tab \tab \tab \tab (ZOLA, }{\i\fs20 La terre}{\fs20 , I, II)
\par 
\par 
\par 
\par }\pard \qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\fs20 1.\tab Au contraire du personnage de Zola, les parties \'e0 la d\'e9cision rapport\'e9e devaient probablement se lever d\'e8s potron-minet \'e0 l'approche de l'\'c9piphanie : c'est qu'ils \'e9
taient boulangers de leur \'e9tat.  Plus exactement, les \'e9poux A avaient-ils c\'e9d\'e9 aux consorts B leur fonds de commerce de boulangerie, d'une part, l'immeuble o\'f9 ce commerce s'exer\'e7ait, d'autre part.  Les prix de ces cessions avaient \'e9t
\'e9 fix\'e9s, respectivement, \'e0 deux et six millions de francs mais - et l\'e0 g\'eet la particularit\'e9 de l'esp\'e8ce - il fut stipul\'e9 que ces prix seraient payables en 180 mensualit\'e9s, de 25 000 francs pour le fonds de commerce et de 75\~
000 francs pour l'immeuble.  Un rapide calcul d\'e9montre que le total des sommes \'e0 payer - 18 millions en 15 ans - \'e9tait largement sup\'e9rieur aux prix en capital : elles incluaient une part d'int\'e9r\'eats }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote 
\pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ En l'occurrence, le taux d'int\'e9r\'eat actuariel s'\'e9l\'e8ve, selon nos calculs, \'e0 13,54 %.}}}{\fs20  .

\par 
\par Quelques ann\'e9es plus tard, les cessionnaires, pour une raison non pr\'e9cis\'e9e mais vraisemblablement li\'e9e \'e0 la baisse du loyer de l'argent, \'e9mirent le souhait de proc\'e9der \'e0 un remboursement anticip\'e9 de ce qu'ils consid\'e9raient 
\'eatre des pr\'eats en leur faveur.  Ayant refus\'e9 d'acc\'e9der \'e0 cette demande, les c\'e9dants se virent assign\'e9s devant le tribunal civil de Li\'e8ge.  Celui-ci, sans retenir l'existence de pr\'eats, dit satisfactoire l'offre des \'e9
poux B au motif que n'\'e9tait pas renvers\'e9e la pr\'e9somption selon laquelle le terme \'e9tait stipul\'e9 en faveur du d\'e9biteur (art. 1187 C. civ.).
\par 
\par L'arr\'eat analys\'e9, s'il qualifie \'e9galement, et uniquement, de ventes les conventions litigieuses, pr\'e9cise que le prix de celles-ci \'e9tait stipul\'e9 payable par le service d'une "}{\i\fs20 rente fixe mensuelle}{\fs20 ".  Il consid\'e8
re que la loi n'autorise pas le rachat }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Le }{\i 
Vocabulaire juridique Capitant}{ d\'e9finit le rachat d'une rente comme \'e9tant l'}{\i "acte par lequel le d\'e9biteur d'une rente perp\'e9tuelle se lib\'e8re de l'obligation d'en servir les arr\'e9rages en versant au cr\'e9direntier une somme \'e9
gale au  capital repr\'e9sentatif de la rente}{" (Association Capitant, }{\i Vocabulaire juridique}{ (sous la direction de G. CORNU), }{\i P.U.F}{, 1987, }{\i v\'b0 rachat).}}}{\fs20 
 d'une telle rente en l'absence d'un accord des parties.  Constatant que cet accord n'existait pas en l'esp\'e8ce et que les conventions elles-m\'eames n'avaient pas r\'e9serv\'e9 aux cessionnaires la possibilit\'e9 de proc\'e9der \'e0 ce rachat, l'arr
\'eat conclut que : "}{\i\fs20 Ni (les cessionnaires) ni les juges ne peuvent obliger les (c\'e9dants) \'e0 consentir \'e0 une modification des conventions litigieuses  et/ou \'e0 un rachat que la loi ne leur impose pas}{\fs20 ".  Il r\'e9forme en cons
\'e9quence la d\'e9cision dont appel et d\'e9boute les \'e9poux B de leur demande originaire.  
\par 
\par L'objet de la pr\'e9sente note est d'examiner les diff\'e9rents moyens dont disposaient ou auraient pu disposer les \'e9poux B pour se lib\'e9rer, comme ils le souhaitaient, de leurs obligations par un paiement unique anticip\'e9
.  Nous commencerons ce tour d'horizon par l'examen des dispositions - sp\'e9cifiques au pr\'eat - qui \'e9taient effectivement invoqu\'e9es par les \'e9poux B (}{\i\fs20 cf}{\fs20 . n\'b0 2 ci-apr\'e8s).  Apr\'e8s avoir examin\'e9 l'application \'e9
ventuelle de ces l\'e9gislations modernes et sp\'e9cifiques que sont les lois sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation et le cr\'e9dit hypoth\'e9caire (}{\i\fs20 cf}{\fs20 . n\'b0 3), nous \'e9tudierons la solution d\'e9
coulant de l'application du droit commun des obligations (}{\i\fs20 cf}{\fs20 . n\'b0 4).  S'agira-t-il encore d'analyser, puisque l'arr\'eat y consacre quelques attendus, les cons\'e9quences de la qualification de rente et plus pr\'e9cis\'e9
ment de "rente \'e0 terme fixe" (}{\i\fs20 cf}{\fs20 . n\'b0s 5 et 6).  Enfin, en guise de conclusion, nous ne r\'e9sisterons pas \'e0 l'envie d'\'e9voquer l'un ou l'autre correctifs jurisprudentiels inspir\'e9s d'un souci d'\'e9quit\'e9
, qui auraient, peut-\'eatre, pu \'eatre utilement invoqu\'e9s en l'esp\'e8ce (}{\i\fs20 cf}{\fs20 . n\'b0 7).
\par 
\par 2.\tab Il convient d'abord de revenir sur le fondement assign\'e9 \'e0 leur demande par les \'e9poux B.  Leur souci d'analyser, pour partie, les conventions intervenues en un pr\'eat peut surprendre dans la mesure o\'f9
 aucune des dispositions que le Code civil consacre \'e0 ce contrat ne para\'eet organiser un droit au remboursement anticip\'e9 }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ J. HUET estime toutefois que : }{\i "L'endettement est une situation dont les inconv\'e9nients \'e9conomiques sont tels qu'il s'impose, imp\'e9rativement, de permettre au d
\'e9biteur d'y mettre fin : contrairement au cr\'e9ancier, qui doit y \'eatre tenu, il faut qu'il puisse \'e9chapper en cas de besoin au respect du terme"}{ ("Les principaux contrats sp\'e9ciaux", }{\i in Trait\'e9 de droit civil}{
 (sous la direction de J. GHESTIN), Paris, }{\i L.G.D.J}{., 1996, n\'b0 22550, sp\'e9c. la note 229).  L'auteur ajoute que l'article 1250, 2\'b0, du Code civil }{\i "l\'e9gitime (...) le remboursement anticip\'e9 d'un pr\'eat op\'e9r\'e9
 afin de contracter un autre pr\'eat, plus avantageux}{" (}{\i loc. cit}{., n\'b0 2250, p. 914).  Rappelons que l'article 1250, 2\'b0, du Code civil organise, lorsqu'un d\'e9biteur emprunte une somme \'e0 l'effet de payer sa dette, une subrogation du pr
\'eateur dans les droits du cr\'e9ancier originaire.  Cette subrogation, qui est conventionnelle en ce sens qu'elle n\'e9cessite l'accord entre le pr\'eateur et l'emprunteur, s'op\'e8re sans le concours de la volont\'e9 du cr\'e9ancier subrog\'e9
.  Toutefois, nous ne pensons pas que cette disposition conf\'e8re \'e0 l'emprunteur le droit de rembourser le pr\'eat de mani\'e8re anticip\'e9e car, }{\i "si l'article 1250, 2\'b0, autorise le d\'e9biteur \'e0 imposer la subrogation au cr\'e9
ancier originaire, c'est uniquement dans la mesure o\'f9 le d\'e9biteur est en droit de le forcer \'e0 recevoir paiement, soit parce que le remboursement anticip\'e9 lui est permis, soit parce que sa dette est \'e9chue"}{ (Ch. BIQUET-MATHIEU, }{\i 
Le sort des int\'e9r\'eats dans le droit du cr\'e9dit. Actualit\'e9 ou d\'e9su\'e9tude du Code civil ?, Coll. sc. fac. dr. Li\'e8ge}{, 1998, n\'b0 340., sp\'e9c. la note 2068).}}}{\fs20  .  La disposition pr\'e9cise qu'invoquaient les \'e9poux B \'e9
tait l'article 1907, al. 2 du Code civil, selon lequel : }{\i\fs20 "Le taux d'int\'e9r\'eat doit, dans les conventions de pr\'eats remboursables au moyen d'annuit\'e9s, \'eatre fix\'e9 par une clause distincte de l'acte".}{\fs20 
  Ce formalisme n'avait, selon eux, pas \'e9t\'e9 respect\'e9.  Quelle sanction aurait alors d\'fb en r\'e9sulter ?  
\par 
\par Aux termes de l'article 1907, al. 4, du Code : }{\i\fs20 "A d\'e9faut de d\'e9termination du taux de l'int\'e9r\'eat par une clause sp\'e9ciale de la convention de pr\'eat, ce taux sera celui fix\'e9 par la loi et il ne sera d\'fb
 par l'emprunteur aucune somme \'e0 titre de commission ou de r\'e9mun\'e9ration accessoires"}{\fs20   .  De cette disposition, il ressort, selon nous }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Notons que plusieurs controverses existent quant \'e0 la port\'e9e de l'article 1907, al. 4, du Code civil (Voy. Ch. BIQUET-MATHIEU, }{\i op. cit}{., n\'b0
 319).  La doctrine s'interroge notamment quant \'e0 la question si cette disposition ne s'applique - \'e0 l'instar de l'article 1907, al.\~2 - qu'aux pr\'eats remboursables par annuit\'e9s ou, au contraire, \'e0 toute esp\'e8ce de pr\'ea
t, question indiff\'e9rente dans la pr\'e9sente esp\'e8ce.  Plus critique appara\'eet par contre ici la question si l'exigence d'une mention sp\'e9cifique du taux d'int\'e9r\'eat constitue une condition de validit\'e9 sanctionn\'e9e par une r\'e9
duction de l'int\'e9r\'eat au taux l\'e9gal, s'il s'agit plut\'f4t d'une exigence de nature probatoire ou encore si la seule port\'e9e du texte est de fixer, \'e0 titre suppl\'e9tif, le taux de l'int\'e9r\'eat lorsque la convention est muette \'e0 cet 
\'e9gard.  Avec Ch. BIQUET-MATHIEU (}{\i op. cit.}{, n\'b0 319), nous optons pour la premi\'e8re interpr\'e9tation cit\'e9e ci-dessus.}}}{\fs20  , qu'\'e0 d\'e9faut d'\'eatre mentionn\'e9 dans l'acte sous forme d'un pourcentage, l'int\'e9r\'eat doit \'ea
tre }{\i\fs20 r\'e9duit}{\fs20  au taux l\'e9gal. L'on n'aper\'e7oit pas, de prime abord, en quoi il en r\'e9sulterait un droit au remboursement anticip\'e9 pour l'emprunteur.  Toutefois, la sanction de la r\'e9duction vise \'e0 \'e9viter une nullit\'e9
 totale qui, la plupart du temps, serait d\'e9favorable \'e0 l'emprunteur, l'obligeant \'e0 restituer imm\'e9diatement le capital \'e0 lui avanc\'e9.  Dans la mesure o\'f9, }{\i\fs20 in casu}{\fs20 , l'annulation et la restitution en r\'e9
sultant ne lui auraient point port\'e9 pr\'e9judice, il est permis de se demander si l'emprunteur n'aurait pas pu postuler le retour \'e0 la sanction traditionnelle du vice de formation en mati\'e8re contractuelle et, en cons\'e9quence, si la nullit\'e9
 du contrat n'aurait pas pu \'eatre invoqu\'e9e en lieu et place de la r\'e9duction.  Cette analyse permettrait de justifier la pr\'e9tention des \'e9poux B : la somme offerte par ceux-ci \'e0 titre de }{\i\fs20 "remboursement anticip\'e9" }{\fs20 \'e9
tait en effet \'e9gale aux prix, en capital, des cessions, major\'e9s d'un int\'e9r\'eat calcul\'e9 au taux l\'e9gal depuis la date desdites cessions jusqu'\'e0 la date de l'offre de remboursement, sous d\'e9duction des mensualit\'e9s vers\'e9
es jusqu'alors.
\par 
\par Cette int\'e9ressante question relative \'e0 la sanction de la violation de l'article 1907, al. 2, n'est toutefois pas abord\'e9e par l'arr\'eat.  Celui-ci refuse en effet, \'e0 juste titre selon nous }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Comme l'illustre un arr\'eat de la Cour de cassation du 5 mars 1971 (}{\i Pas}{
., 1971, I, 615), il convient, pour effectuer le d\'e9part entre un pr\'eat \'e0 temp\'e9rament et une vente \'e0 temp\'e9rament, d'examiner la nature des prestations auxquelles se sont engag\'e9es les parties.  Or, dans la pr\'e9sente esp\'e8ce, l'arr
\'eat rel\'e8ve les \'e9l\'e9ments essentiels d'une vente : livraison d'une chose et paiement d'une somme en contrepartie.  En revanche, le pr\'eat d'argent dont les \'e9poux B all\'e9guaient l'existence suppose une remise de fonds par le pr\'eateur \'e0
 l\rquote emprunteur, que ce soit, classiquement, pour la formation du contrat, si on le consid\'e8re comme }{\i r\'e9el}{ (voy. H. DE PAGE et R. DEKKERS, Trait\'e9 \'e9l\'e9mentaire de droit civil belge, t. V, 2\'e8me \'e9d., }{\i Bruylant}{
, Bruxelles, 1975, n\'b0s 117), ou pour son ex\'e9cution, si on lui d\'e9nie ce caract\'e8re, comme l\rquote a r\'e9cemment fait la Cour de cassation de France \'e0 propos du pr\'eat consenti par un professionnel du cr\'e9
dit (voy. Cass. fr., 28 mars 2000, }{\i J.C.P}{., 2000, II, n\'b0 10296, et les concl. de M. l\rquote Avocat g\'e9n\'e9ral J. SAINTE-ROSE).  En l\rquote esp\'e8ce, les \'e9poux B n\rquote invoquaient nulle remise de fonds. }}}{\fs20 
 , de voir dans les conventions litigieuses autre chose que des ventes.  Or, \'e0 l'instar des autres r\'e8gles imp\'e9ratives introduites en 1934 et 1935 dans le chapitre du Code civil consacr\'e9 au pr\'eat }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote 
\pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Il s'agit des articles 1907, al. 2 \'e0
 4, 1907 bis et 1907 ter du Code civil.  Pour une analyse critique de ces dispositions, voy. Ch. BIQUET-MATHIEU, }{\i op. cit.}{, pp. 471 \'e0 638.}}}{\fs20  , l'article 1907, al. 2, voit son domaine d'application restreint \'e0
 ce seul contrat et ne peut \'eatre appliqu\'e9, notamment, \'e0 l'hypoth\'e8se d'une vente d'un bien \'e0 cr\'e9dit }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. Ch. BIQUET-MATHIEU, }{\i op. cit}{., n\'b0 269.}}}{\fs20  .
\par 
\par 3.\tab Si les conventions intervenues ne pouvaient \'eatre qualifi\'e9es de pr\'eats, il demeure qu'elles impliquaient l'octroi d'}{\i\fs20 un cr\'e9dit }{\fs20 par les c\'e9dants aux cessionnaires.  Dans cette mesure, la question se pose si les \'e9
poux B n'auraient pas pu trouver quelque secours dans les l\'e9gislations imp\'e9ratives que sont, d'une part, la loi du 12 juin 1991 relative au cr\'e9dit \'e0 la consommation et, d'autre part, la loi du 4 ao\'fbt 1992 sur le cr\'e9dit hypoth\'e9
caire.  L'une et l'autre pr\'e9voient, en effet, le droit pour le b\'e9n\'e9ficiaire d'un cr\'e9dit de proc\'e9der, nonobstant toute clause contraire }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Encore que des nuances doivent \'eatre apport\'e9es en ce qui concerne le remboursement anticip\'e9 }{\i partiel}{ d'un cr\'e9dit hypoth\'e9caire.  Il est en effet permis 
\'e0 l'organisme de cr\'e9dit d'ins\'e9rer dans le contrat de cr\'e9dit une clause limitant  la libert\'e9 du cr\'e9dit\'e9 de proc\'e9der selon son gr\'e9 \'e0 des remboursements anticip\'e9
s partiels.  Cette disposition contractuelle ne peut toutefois exclure "un remboursement partiel une fois par ann\'e9e civile, ni le remboursement d'un montant \'e9gal \'e0 un minimum de 10 % du capital" (art. 26, al. 2).}}}{\fs20  , \'e0
 un remboursement anticip\'e9.  Ces deux lois divergent toutefois quant aux modalit\'e9s du remboursement anticip\'e9 et, plus particuli\'e8rement, quant au calcul des sommes n\'e9cessaires \'e0 un remboursement total }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote 
\pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ En mati\'e8re de cr\'e9dit hypoth\'e9caire, le remboursement s'entend en principe du solde restant  d\'fb }{
\i en}{ }{\i capital}{ mais l'article 12 de la loi autorise le pr\'eateur \'e0 stipuler la d\'e9bition d'}{\i une indemnit\'e9 de remploi}{, tout en limitant celle-ci de diff\'e9rentes mani\'e8res : cette indemnit\'e9 doit \'eatre calcul\'e9
e au taux d'int\'e9r\'eat du cr\'e9dit, sur le montant du solde restant d\'fb; elle ne peut exc\'e9der trois mois d'int\'e9r\'eat; elle n'est pas due lorsque le remboursement est cons\'e9cutif au d\'e9c\'e8s en ex\'e9cution d'un contrat annex\'e9
 ou adjoint.  L'article 23 de la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation prend, au contraire, comme base de calcul l'ensemble des sommes en principal et int\'e9r\'eats qui auraient d\'fb \'eatre pay\'e9es jusqu'\'e0 la fin du cr\'e9
dit; en cas de paiement int\'e9gral anticip\'e9, une r\'e9duction sur ces sommes est cependant accord\'e9e au consommateur, r\'e9duction dont le montant doit atteindre au moins 75 % du co\'fbt total du cr\'e9dit ayant trait au paiement anticip\'e9
.  Le calcul pr\'e9cis de cette r\'e9duction doit \'eatre r\'e9alis\'e9 en conformit\'e9 avec l'article 10 et l'annexe V de l'arr\'eat\'e9 royal du 4 ao\'fbt 1992 relatif aux co\'fbts, au taux, \'e0 la dur\'e9e et aux modalit\'e9s de remboursement du cr
\'e9dit \'e0 la consommation.}}}{\fs20  .   
\par 
\par Quoiqu'il en soit, le champ d'application de ces l\'e9gislations est strictement d\'e9limit\'e9 et les contrats de cr\'e9dit litigieux, pour de multiples raisons, y \'e9chappaient.  La cession du fonds de commerce n'\'e9tait pas r\'e9
gie par la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation, d\'e8s lors que, d'une part, les cessionnaires ne pouvaient, agissant dans le cadre de leurs activit\'e9s professionnelles, \'eatre qualifi\'e9s de }{\i\fs20 "consommateurs"}{\fs20 
 et que, d'autre part, les c\'e9dants n'\'e9taient nullement des professionnels du cr\'e9dit et, partant, des }{\i\fs20 "pr\'eateurs"}{\fs20  au sens de ladite loi\~}{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Sur le champ d'application de la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation, voy. Ch. BIQUET-MATHIEU, "L'articulation des r
\'e9glementations en mati\'e8re de cr\'e9dit hypoth\'e9caire", }{\i i}{n }{\i Le droit du cr\'e9dit. Contr\'f4le judiciaire et droit applicable en mati\'e8re de cr\'e9dit hypoth\'e9caire,}{ }{\i R. D. C.- dossier}{, }{\i Story-scientia}{, 1995, n\'b0s 38 
\'e0 44.}}}{\fs20  .  Quant \'e0 la vente de l'immeuble, immeuble qui comprenait une partie destin\'e9e \'e0 l'habitation, elle \'e9chappait tant \'e0 la loi sur le cr\'e9dit hypoth\'e9caire, \'e0 d\'e9faut pour les acqu\'e9reurs d'avoir agi dans un but }
{\i\fs20 exclusivement}{\fs20  priv\'e9 }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Est en outre controvers\'e9
e la question si la vente d'un immeuble accompagn\'e9e de terme(s) pour le paiement du prix est, \'e0 c\'f4t\'e9 du pr\'eat et de l'ouverture de cr\'e9dit, r\'e9gie par la loi sur le cr\'e9dit hypoth\'e9caire.  Sur cette question, et plus g\'e9n\'e9
ralement sur le champ d'application de la loi sur le cr\'e9dit hypoth\'e9caire, voy. Ch. BIQUET-MATHIEU,}{\i  }{"L'articulation des r\'e9glementations en mati\'e8re de cr\'e9dit hypoth\'e9caire", }{\i op. cit}{., n\'b0s 12 \'e0 24.}}}{\fs20  , qu'\'e0
 la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ La loi sur le cr\'e9dit 
\'e0 la consommation est en effet susceptible de s'appliquer \'e0 une vente immobili\'e8re lorsque celle-ci \'e9chappe aux l\'e9gislations sp\'e9cifiques au cr\'e9dit hypoth\'e9caire (voy., sur ce point, Ch. BIQUET-MATHIEU, "L'articulation des r\'e9
glementations en mati\'e8re de cr\'e9dit hypoth\'e9caire", }{\i op. cit}{., n\'b0s 9 \'e0 11; voy., en outre, l'exclusion partielle de l'article 3, \'a7 2, mentionn\'e9e \'e0 la note 14 ci-dessous).}}}{\fs20  , pour la raison susdite que les }{\i\fs20 c
\'e9dants}{\fs20  n'avaient pas octroy\'e9 le cr\'e9dit dans le cadre de leur activit\'e9 professionnelle }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Contrairement \'e0 la loi sur le cr\'e9dit hypoth\'e9caire, la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation n'exige pas express\'e9ment que le }{\i consommateur}{ agisse \'e0
 des fins }{\i exclusivement}{ priv\'e9es.  Sans faire l'unanimit\'e9, d'aucuns soutiennent qu'en cas d'affectation }{\i mixte}{, comme dans la pr\'e9sente esp\'e8ce, il y a lieu de rechercher si l'usage \'e9tait }{\i principalement }{priv\'e9 ou, \'e0
 l'inverse, }{\i principalement}{ professionnel (sur cette controverse, voy. Ch. BIQUET-MATHIEU, "L'articulation des r\'e9glementations en mati\'e8re de cr\'e9dit hypoth\'e9caire", }{\i op. cit}{ , n\'b0 39).}}}{\fs20   }{\cs19\fs20\super \chftn 
{\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ L'article 23 de la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation, qui pr\'e9voit la facult\'e9 de proc
\'e9der au remboursement anticip\'e9 du cr\'e9dit, figure en outre parmi les dispositions dont le champ d'application est restreint par l'article 3, \'a7 2, de la loi.  Ce syst\'e8me d'exclusion partielle concerne notamment "}{\i les contrats de cr\'e9
dits constat\'e9s par un acte authentique qui portent sur des montants sup\'e9rieurs \'e0 20.000 euros".}}}{\fs20  .
\par 
\par 4.\tab Ni pr\'eat \'e0 int\'e9r\'eat, ni cr\'e9dit \'e0 la consommation, ni cr\'e9dit hypoth\'e9caire, les conventions conclues entre parties constituaient des ventes \'e0 temp\'e9rament }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Nous entendons par l\'e0 des ventes dont le prix est pay\'e9 de mani\'e8re \'e9chelonn\'e9e.  Il s'agit d'une d\'e9
finition g\'e9n\'e9rique.  La loi du 12 juin 1991 relative au cr\'e9dit \'e0 la consommation contient, quant \'e0 elle, une d\'e9finition sp\'e9cifique de la vente \'e0 temp\'e9rament, \'e0 savoir }{\i "tout contrat de cr\'e9
dit, quelle que soit sa qualification ou sa forme, qui doit normalement emporter acquisition de biens meubles corporels ou prestation de services et dont le prix s'acquitte, par versements p\'e9riodiques, en troi
s paiements au moins, en ce non compris l'acompte"}{ (art. 1er, 11\'b0).  La loi contient, en ses articles 40 \'e0 46, des dispositions propres \'e0 ce contrat, celles-ci ne s'appliquant toutefois que pour autant que les conditions g\'e9n\'e9
rales d'application de la loi soient elles-m\'eames remplies (}{\i supra}{, n\'b0 3).}}}{\fs20  soumises aux seules r\'e8gles du Code civil relatives au contrat de vente et aux obligations conventionnelles en g\'e9n\'e9ral.  Les premi\'e8res ne d\'e9
rogeant pas aux secondes sur le point qui nous occupe, c'\'e9tait \'e0 raison que le premier juge avait recherch\'e9 la solution du litige dans l'article 1187 du Code civil, selon lequel }{\i\fs20 " le terme est toujours pr\'e9sum\'e9 stipul\'e9
 en faveur du d\'e9biteur, \'e0 moins qu'il ne r\'e9sulte de la stipulation ou des circonstances qu'il a \'e9t\'e9 aussi convenu en faveur du cr\'e9ancier" }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Notons que, pour une certaine doctrine, le renversement de la pr\'e9somption \'e9dict\'e9e par cette disposition r\'e9sulte \'e0 suffisance de la stipulation d'int\'e9r\'ea
ts (voy. not. I. P\'c9TEL-TEYSSI\'c9, "Pr\'eat \'e0 int\'e9r\'eat.  Information et protection des consommateurs dans le domaine de certaines op\'e9rations de cr\'e9dit", }{\i J.-Cl. Civil}{, art. 1905 \'e0 1908, fasc. 6, n\'b0 145).}}}{\fs20  .  
\par 
\par A cet \'e9gard, nous rel\'e8verons que les conventions \'e9taient muettes quant \'e0 la raison pour laquelle le paiement des prix avait \'e9t\'e9 \'e9chelonn\'e9 dans le temps.  En l'absence d'indications pr\'e9
cises sur ce point, les parties invoquaient divers arguments soumis \'e0 l'appr\'e9ciation souveraine du juge du fond.  
\par 
\par Si le premier juge n'a pas \'e9t\'e9 convaincu par l'argument des c\'e9dants selon lequel ils avaient entendu s'assurer, par la perception des mensualit\'e9s des prix de vente, }{\i\fs20 "un compl\'e9ment de pension"}{\fs20 , la Cour d'appel \'e9
nonce, par contre, une s\'e9rie de consid\'e9rations dont il ressort que, selon elle, le paiement \'e9tal\'e9 avait \'e9t\'e9 pr\'e9vu aussi en faveur des c\'e9dants.  Elle consid\'e8re qu'il est d'usage, pour les commer\'e7
ants qui remettent leur affaire et qui sont sans enfant, }{\i\fs20 "de se procurer une rente assurant leur vie quotidienne, \'e0 titre viager, ou pendant un terme long, sans capital restant"}{\fs20 .  Elle d\'e9duit, ensuite, de l'\'e2ge de l'un des c\'e9
dants au jour des cessions, de la dur\'e9e du cr\'e9dit et de l'\'e2ge moyen de mortalit\'e9 des hommes que l'op\'e9ration intervenue correspondait \'e0 cet usage.  Certes, l'arr\'eat \'e9nonce ces consid\'e9rations dans le souci de justifier la qualifi
cation de }{\i\fs20 "vente en rente \'e0 terme"}{\fs20  qu'il retient et non tant pour justifier le renversement de la pr\'e9somption de l'article 1187 du Code civil, apparemment \'e9tranger \'e0 sa dialectique.  Il reste que par ces consid\'e9
rations l'arr\'eat justifie l\'e9galement sa d\'e9cision au regard dudit article.
\par 
\par 5.\tab Nous avons volontairement postpos\'e9 l'examen de la qualification de }{\i\fs20 "rente \'e0 terme fixe"}{\fs20  qui semble pourtant centrale dans l'arr\'eat analys\'e9.  C'est que, comme nous le verrons, cette qualification ne nous para\'eet gu\'e8
re pertinente pour r\'e9soudre la question - pos\'e9e en l'esp\'e8ce - si les \'e9poux B pouvaient ou non proc\'e9der \'e0 un remboursement anticip\'e9 de leur cr\'e9
dit.  Elle offre toutefois l'occasion de pratiquer une petite incursion dans le monde, quelque peu obscur, des rentes }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Sur les rentes en g\'e9n\'e9ral, voy. Y. DAGORNE-LABBE, }{\i R\'e9p. civ. Dalloz}{, v\'b0 }{\i rentes}{.}}}{\fs20  .
\par 
\par Quoique leur office dans le droit actuel reste non n\'e9gligeable, les rentes ont peine \'e0 masquer ce parfum d'Ancien R\'e9gime qui est le leur.  En raison de la raret\'e9 des liquidit\'e9s et de la disponibilit\'e9 moindre du cr\'e9dit, il \'e9
tait alors fr\'e9quent, pour une personne souhaitant ali\'e9ner un fonds, de renoncer \'e0 exiger le paiement imm\'e9diat du prix et, en lieu et place, de stipuler de l'acqu\'e9reur le versement d'annuit\'e9s appel\'e9es }{\i\fs20 arr\'e9rages}{\fs20 
.  Parall\'e8lement, afin de contourner l'interdiction canonique du pr\'eat \'e0 int\'e9r\'eat }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {
\cs19\super \chftn }{ Quant \'e0 la justification de cette interdiction, voy. E. BALATE, P. DEJEMEPPE et F. de PATOUL, }{\i Le droit du cr\'e9dit \'e0 la consommation, commentaires de la loi du 12 juin 1991 sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation}{, }{\i 
De Boeck}{, 1995, n\'b0s 3 et s.}}}{\fs20  , ceux qui souhaitaient faire fructifier un capital mon\'e9taire le transf\'e9raient \'e0 des demandeurs de liquidit\'e9s en pr\'e9tendant "acheter une rente", que leur servirait dor\'e9navant leur cocontractant 
}{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Dans cette construction, la "chose" vendue est la rente et le prix le capital remis au d\'e9birentier.  Voy., sur les motifs de ce "d\'e9guisement", les consid\'e9rations ironiques de F. LAURENT,}{\i  Principes de droit civil}{, Bruxelles, }{\i Bruylant}
{, 1878, t. 27, n\'b0 3, qui conclut que les rentes, universellement usit\'e9es dans l'ancien droit - et en premier lieu par le clerg\'e9 lui-m\'ea
me -, permettaient de "gagn(er) le ciel tout en faisant fructifier ses capitaux au prix d'un mensonge ou d'une fraude pieuse".  Voy. \'e9galement, pour l'analyse contemporaine du contrat constitutif de rente, }{\i infra}{, note 27.}}}{\fs20 
 .  Dans le premier cas, la rente \'e9tait dite }{\i\fs20 fonci\'e8re\~}{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Sur la rente fonci\'e8re en particulier, voy. F. LAURENT, }{\i op. cit}{., n\'b0s 38 \'e0 67.}}}{\i\fs20  }{\fs20 , dans le second, }{\i\fs20 constitu\'e9e }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Sur la rente constitu\'e9e, voy. H. DE PAGE et R. DEKKERS,}{\i  Trait\'e9 \'e9l\'e9mentaire de  droit civil belge}{
, t. V, 2\'e8me \'e9d., Bruxelles, }{\i Bruylant}{, 1975, n\'b0s 176 \'e0 179; F. LAURENT, }{\i op. cit}{., n\'b0s 1 \'e0 37; en France, A. B\'c9NABENT, "Rentes constitu\'e9es", }{\i J.-Cl. Civil}{, art. 1909 \'e0 1914. }}}{\i\fs20 .}{\fs20 
   Les parties \'e0 l'op\'e9ration, dans l'une et l'autre hypoth\'e8se, prenaient les noms de }{\i\fs20 cr\'e9direntier}{\fs20  et de }{\i\fs20 d\'e9birentier}{\fs20 .
\par 
\par Relevons au passage que les rentes avaient, dans l'ancien droit, le plus souvent un caract\'e8re immobilier.  Cette classification \'e9tait logique en ce qui concerne la rente fonci\'e8re, dans la mesure o\'f9 le cr\'e9
direntier conservait un droit direct sur l'immeuble ali\'e9n\'e9.  La rente fonci\'e8re constituait en quelque sorte un d\'e9membrement \'e9conomique du droit de propri\'e9t\'e9, un droit r\'e9el donc.  En revanche, le caract\'e8re immobilier qui \'e9
tait reconnu par la plupart des coutumes aux rentes constitu\'e9es par la remise d'un capital ou d'une autre chose mobili\'e8re r\'e9sultait de la seule importance \'e9conomique de ces rentes }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. M. FABRE-MAGNAN, "Biens meubles par d\'e9termination de la loi ou meubles incorporels", }{\i J.-Cl}{. }{\i Civil}{
, 1996, art. 527 \'e0 532, Fascicule 20, n\'b0 17; M. PLANIOL et G. RIPERT, }{\i Trait\'e9 pratique de droit civil fran\'e7ais}{, t. III, }{\i Les Biens}{ (avec le concours de M. PICARD), Paris, }{\i L.G.D.J}{., 1926, n\'b0 113.}}}{\fs20 
 . Si les rentes ont surv\'e9cu \'e0 la R\'e9volution fran\'e7aise et ont fait l'objet, dans le Code Napol\'e9on, de dispositions \'e9
parses, c'est au prix de leur mobilisation - comme l'atteste l'article 529 du Code civil - et, surtout, de la perte de leur caract\'e8re r\'e9el.  D\'e9sormais, les rentes sont de simples cr\'e9ances }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ On notera toutefois que, notamment lorsque la rente est constitu\'e9e pour un immeuble, le cr\'e9direntier b\'e9n\'e9
ficie, en sa qualit\'e9 de vendeur, d\rquote un privil\'e8ge sur cet immeuble pour le paiement du prix (voy. l'article 27, 1\'b0, de la loi hypoth\'e9caire).}}}{\fs20  .
\par 
\par Il para\'eet fort p\'e9rilleux d'\'e9laborer une d\'e9finition juridique de "la" rente.  Il s'agit en effet d'un concept h\'e9t\'e9roclite.  Le principal point commun des rentes semble r\'e9sider dans le paiement r\'e9alis\'e9 \'e0 intervalles \'e9
quidistants des arr\'e9rages }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. R. de QUENAUDON, }{\i op. cit}{., n\'b0
 1; A. B\'c9NABENT,}{\i  op. cit}{., n\'b0 8.  Selon le }{\i Vocabulaire Capitant}{, la rente est }{\i "un revenu p\'e9riodique provenant d'une source autre que le travail (...)"}{ (Association Capitant, }{\i Vocabulaire juridique}{
 (sous la direction de G. CORNU), }{\i P.U.F}{, 1987, }{\i v\'b0 rente}{).}}}{\fs20  .  Cette caract\'e9ristique de paiement p\'e9riodique n'est cependant pas discriminante puisqu'elle affecte d'autres cr\'e9ances qui ne sont pas consid\'e9r\'e9
es comme des rentes, telles, par exemple, la cr\'e9ance de loyers du bailleur.
\par 
\par Par ailleurs, notre droit ne conna\'eet gu\'e8re de r\'e8gles communes \'e0 toutes les rentes et \'e0 elles seules.  Les dispositions que le Code civil leur consacre sont sp\'e9cifiques \'e0 certaines d'entre elles. Trois groupes de r\'e8gles sont concern
\'e9s\~: d'abord, les articles 529 et 530, le premier traitant de la }{\i\fs20 nature}{\fs20  des rentes, le second du rachat des rentes }{\i\fs20 fonci\'e8res\~}{\fs20 ; ensuite, les articles 1909 \'e0 1914 - dans le titre X sur le pr\'ea
t -, qui concernent les rentes }{\i\fs20 constitu\'e9es\~}{\fs20 ; enfin, les articles 1968 \'e0 1983 - dans un chapitre sp\'e9cifique du titre XII sur les contrats al\'e9atoires -, qui sont des dispositions communes aux rentes }{\i\fs20 viag\'e8res }{
\fs20  }{\i\fs20  }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{  Sur les rentes viag\'e8
res, voy., en Belgique, H. DE PAGE et R.\~DEKKERS, }{\i op. cit}{., t. V, n\'b0s 322 \'e0 349; F.\~LAURENT,}{\i  op. cit}{., t. 27, n\'b0s 256 \'e0 331; P.\~VERKINDEREN, "Vervreemding tegen lijfrente", }{\i Het onroerend goed in de praktijk}{, II E; S.\~
WATILLON, "La vente moyennant rente viag\'e8re", }{\i Guide de droit immobilier}{, }{\i Story-Scientia, }{DIMM VI.1.6 et, en France, L. GUILLOUARD, }{\i Trait\'e9s des contrats al\'e9atoires et du mandat}{, Paris, 1894, n\'b0s 120 \'e0
 217; Ph. MALLAURIE et L. AYNES, }{\i Cours de droit civil, les contrats sp\'e9ciaux}{, Paris, }{\i Cujas}{ , 1990, n\'b0s 970 et s.; R. de QUENAUDON, "Caract\'e8res et conditions de validit\'e9 des rentes viag\'e8res", }{\i J.-Cl. Civil}{, art. 1968 \'e0
 1975.}}}{\i\fs20  .  }{\fs20 La difficult\'e9 de saisir la logique du Code civil en mati\'e8re de rentes provient, en r\'e9alit\'e9, de ce que celles-ci sont appr\'e9hend\'e9es, tant\'f4t selon la nature de leur contrepartie, immeuble ou somme d\rquote 
argent (article 530 et articles 1909 \'e0 1914), tant\'f4t selon leur dur\'e9e, perp\'e9tuelle ou viag\'e8re (articles 1968 \'e0 1983).  
\par 
\par Au del\'e0 de ces distinctions du Code civil, l\rquote on pourrait encore songer \'e0 distinguer les rentes quant \'e0 leur }{\i\fs20 fonction }{\cs19\i\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ D\rquote autres crit\'e8res de classement peuvent encore \'eatre retenus mais sans grande utilit\'e9 : l\rquote on peut ainsi distinguer les rentes quant \'e0 leur }{\i 
source}{ \endash  conventionnelle, l\'e9gale ou judiciaire \endash  ou quant \'e0 la }{\i nature des arr\'e9rages}{\~\endash  somme d\rquote argent ou autres choses fongibles.}}}{\i\fs20  }{\fs20 
.  Elles peuvent, comme dans l'ancien droit, constituer le mode d'ex\'e9cution d'une convention conclue \'e0 titre on\'e9reux, la contrepartie de ces rentes pouvant r\'e9sider, tant\'f4t en un capital \endash  la rente est alors \'93\~constitu\'e9e\~\'94
 -, tant\'f4t en un immeuble \endash  la rente est fonci\'e8re }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Voy. l'article 1968 du Code civil qui dispose que\~: }{\i "La rente viag\'e8re peut \'eatre constitu\'e9e \'e0 titre on\'e9reux, moyennant une somme d'agent, ou pour une chose mobili\'e8re appr\'e9ciable ou pour un immeuble".}{  Derri\'e8
re cette apparente simplicit\'e9 se cachent de redoutables probl\'e8mes de qualification.  Les contrats constitutifs de rentes conclus \'e0 titre on\'e9reux doivent-ils \'eatre assimil\'e9s \'e0 des contrats de vente ou \'e0 des contrats de pr\'ea
t, ou encore doivent-ils \'eatre trait\'e9s comme des conventions }{\i sui generis}{ ?  Les enjeux de cette qualification ne sont pas n\'e9gligeables : outre l'applicabilit\'e9 \'e9ventuelle des dispositions du Code civil propres \'e0
 chacun de ces deux contrats, les r\'e8gles probatoires divergent, \'e0 tout le moins lorsque le contrat n'est pas r\'e9dig\'e9 en forme notari\'e9e : une vente est un contrat synallagmatique qui doit \'eatre constat\'e9
 en autant d'originaux qu'il y a de parties ayant un int\'e9r\'eat distinct (art. 1325 C. civ.); un pr\'eat est, par contre, classiquement consid\'e9r\'e9 comme un contrat unilat\'e9ral et soumis en cons\'e9
quence, lorsqu'il a pour objet une somme d'argent ou une chose appr\'e9ciable, \'e0 la r\'e8gle du "bon pour" (art. 1326 C. civ.; notons toutefois qu'il existe une controverse quant \'e0 la nature - unilat\'e9rale ou synallagmatique - du pr\'eat \'e0 int
\'e9r\'eat : voy. H. DE PAGE, }{\i op. cit}{., t. V, n\'b0 118).  Pour tenter de r\'e9soudre ce probl\'e8me de qualification du contrat constitutif de rente, il s'impose d\rquote \'e9tablir des distinctions.  Le contrat constitutif de rente }{\i fonci\'e8
re }{para\'eet trait\'e9 par le Code civil comme une vari\'e9t\'e9 de }{\i vente}{ (voy. l'article 530 C. civ.), ce qu'approuve une doctrine unanime.  Il ne nous para\'eet pas qu'il doive en aller diff\'e9
remment du contrat par lequel une rente est constitu\'e9e pour une }{\i chose mobili\'e8re appr\'e9ciable}{, contrat qui, soulignons-le au passage, ne fait pas l'objet de dispositions l\'e9gales sp\'e9
cifiques.  Lorsque ces contrats - constitutions de rentes moyennant un immeuble ou une chose mobili\'e8re appr\'e9ciable - sont constitu\'e9s en viager, ils se voient soumis \'e0 la fois aux r\'e8gles port\'e9es au titre VI
 du livre III du Code civil sur la vente et \'e0 celles du titre XII relatif aux contrats al\'e9atoires.  Cette dualit\'e9 de r\'e8gles est \'e9videmment source de conflits.  S\rquote 
agissant des immeubles, on mentionnera, par exemple, la question si le vendeur-cr\'e9direntier peut obtenir la rescision du contrat pour cause de l\'e9sion de plus des sept douzi\'e8mes (voy., not., P. VERKINDEREN, }{\i op. cit}{., n\'b0
 1.4; S. WATILLON, }{\i op. cit}{., n\'b0 2.32 et les r\'e9f\'e9rences cit\'e9es par ces auteurs).  Contrairement aux deux esp\'e8ces de rente dont question ci-dessus, la }{\i rente constitu\'e9e en perp\'e9tuel moyennant une somme d'argent}{
 est, de la volont\'e9 expresse du l\'e9gislateur, consid\'e9r\'e9e comme un }{\i pr\'eat \'e0 int\'e9r\'eat}{ et r\'e9glement\'e9e dans le chapitre que le Code civil consacre  \'e0 ce contrat (art. 1909 \'e0 1913 C. civ.). 
 La conception de l'ancien droit, qui traitait ce contrat comme une vente (voy. }{\i supra}{, n\'b0 5 et la note 19), a donc \'e9t\'e9 abandonn\'e9e.  Cet abandon est approuv\'e9 par nombre d'auteurs qui rel\'e8vent qu'on ne peut pas }{\i 
"vendre de l'argent contre de l'argent"}{ (H., L. et J. MAZEAUD, }{\i Le\'e7ons de droit civil}{, Paris, }{\i Montchrestien}{, 5\'e8me \'e9d., t. 3\'e8me (par M. de JUGLART), 2\'e8me vol, n\'b0 1488).  L'assimilation de la rente constitu\'e9e en perp\'e9
tuel au pr\'eat a toutefois \'e9galement fait l'objet de critiques (Voy. R. de QUENAUDON, }{\i op. cit}{., n\'b0 1).  Comme l'indique l'article 1909 du Code civil, la caract\'e9ristique essentielle de la rente constitu\'e9e r\'e9
side en effet en ce que le "pr\'eateur" s'interdit d'exiger le capital qu'il a remis \'e0 son cocontractant (cette interdiction est lev\'e9e lorsque le d\'e9birentier \'93\~cesse de remplir ses obligations pendant deux ann\'e9es\~\'94 [art. 1912, 1\'b0
, C. civ.], lorsqu\rquote il \'93\~manque \'e0 fournir au pr\'eateur les s\'fbret\'e9s promises par le contrat\~\'94 [art. 1912, 2\'b0 C. civ.] ou encore "en cas de faillite ou de d\'e9confiture" [art. 1913 C. civ.]).  Pour d'aucuns, cette caract\'e9
ristique est difficilement compatible avec la notion de pr\'eat, qui est un contrat de restitution.  Cette critique est toutefois temp\'e9r\'e9e en raison de la r\'e8gle, examin\'e9e ci-apr\'e8s, selon laquelle le d\'e9birentier peut,
 sauf clause contraire, proc\'e9der \'e0 tout moment au rachat de la rente constitu\'e9e en perp\'e9tuel (art. 1911 C. civ.) : ce rachat tiendrait lieu de restitution et l\'e9gitimerait l'assimilation au pr\'eat de la rente constitu\'e9e en perp\'e9
tuel (voy. A. B\'c9NABENT, }{\i op. cit}{., n\'b0s 8 et 11; H. DE PAGE et R. DEKKERS, }{\i op. cit}{., t V, n\'b0 176).  Quant \'e0 la }{\i rente}{, non plus perp\'e9tuelle mais }{\i viag\'e8re}{,}{\i  constitu\'e9e moyennant un capital}{
, il en est question aussi aux articles 1909 et 1910 du Code civil, argument litt\'e9ral invoqu\'e9 par certains pour la qualifier de pr\'eat (voy., not., F. LAURENT, }{\i op. cit}{., t. 27, n\'b0 260; L. GUILLOUARD, }{\i op. cit}{., n\'b0
s 123 et s.; Y. DAGORNE-LABBE, }{\i op. cit}{., n\'b0 11 et les r\'e9f\'e9rences cit\'e9es par cet auteur), cette qualification entra\'eenant, \'e0 nouveau, l\rquote application de deux groupes de r\'e8gles, celles du pr\'eat \'e0 int\'e9r\'ea
t (art. 1905 et s.) et celles relatives aux rentes viag\'e8res auxquelles renvoie d\rquote ailleurs l\rquote article 1914 du Code civil.  D\rquote aucuns, au contraire, invoquant que nul droit de rachat n\rquote est octroy\'e9 au d\'e9birentier, es
timent que ce contrat n\rquote est pas un pr\'eat et \'e9chappe en cons\'e9quence aux articles 1905 et suivants du Code civil (voy. R. de QUENAUDON, }{\i op. cit}{., n\'b0s 1 et 2).  Pour H. DE PAGE, il s'agirait plut\'f4
t d'une vente, voire d'un contrat autonome (}{\i op. cit}{., t. V, n\'b0 336).  Comme on le voit, la dur\'e9e - perp\'e9tuelle ou viag\'e8re - de la rente peut avoir une influence sur l'analyse du contrat o\'f9 elle trouve sa source.  Cette dur\'e9
e semble, par ailleurs, modifier l'analyse des }{\i arr\'e9rages}{ de la rente.  Dans le cas de la rente constitu\'e9e en perp\'e9tuel, l'article 1909, pr\'e9cit\'e9, du Code civil conduit \'e0 consid\'e9rer int\'e9gralement les arr\'e9rages comme des int
\'e9r\'eats.  Lorsque la rente est constitu\'e9e en viager, en revanche, la nature des arr\'e9rages fait l\rquote objet de controverses.  Pour plusieurs auteurs, ces arr\'e9rages doivent \'eatre consid\'e9r\'e9
s pour partie comme le remboursement d'un capital et pour partie comme de l'int\'e9r\'eat (voy. et comp. G. BAUDRY-LACANTINERIE, }{\i Trait\'e9 th\'e9orique et pratique de droit civil}{, 3}{\super \'e8me}{ \'e9d., t. 12, par L. BARDE\~, Paris, 1906, n\'b0
 542\~; L. GUILLOUARD, }{\i op. cit}{., n\'b0 136\~; F. LAURENT, }{\i op. cit}{., t. 16, n\'b0 350\~; H., L. et J. MAZEAUD, }{\i op. cit}{., n\'b0 1487)  Toutefois, force est de constater que la proportion d\rquote int\'e9r\'eats et de capital que repr
\'e9sentent les arr\'e9rages ne pourra \'eatre d\'e9termin\'e9e qu'au d\'e9c\'e8s de la personne sur la t\'eate de laquelle la rente a \'e9t\'e9 constitu\'e9e.  Vu ce caract\'e8re fondamentalement al\'e9atoire du contrat de rente viag\'e8
re, il est permis de se demander si la qualification des arr\'e9rages en capital et/ou int\'e9r\'eat}{\i  }{n\rquote est pas artificielle (voy. not. L. GUILLOUARD, }{\i op. cit}{., n\'b0 123).  Ch. BIQUET-MATHIEU \'e9met en cons\'e9quence l\rquote id\'e9
e selon laquelle le contrat constitutif de rente viag\'e8re \'93\~\'e0 prix d\rquote argent\~\'94 r\'e9alise, dans l'esprit du Code civil, en r\'e9alit\'e9 un \'e9change entre un capital e
t un revenu, dans lequel il ne faudrait voir, ni le remboursement de ce capital, ni l\rquote int\'e9r\'eat de ce capital (}{\i op. cit.}{, n\'b0 135\~; voy. \'e9g. les articles 17, \'a7 1}{\super er}{, 4\'b0, et 2O du Code des imp\'f4
ts sur les revenus 1992).}}}{\fs20  .  Les rentes peuvent aussi servir \'e0 r\'e9aliser des lib\'e9ralit\'e9s : ce sont les rentes constitu\'e9es \'e0 titre gratuit }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. l'article 1969 du Code civil, aux termes duquel la rente viag\'e8re }{\i "peut (...) \'eatre constitu\'e9e \'e0
 titre purement gratuit, par donation entre vifs ou par testament.  Elle doit \'eatre alors rev\'eatue des formes requises par la loi".}{  Proche de la rente constitu\'e9e \'e0 titre gratuit (qui implique un }{\i animus donandi}{
), on peut aussi citer la rente pay\'e9e comme prix d'une loterie, formule que remet sous les feux de l'actualit\'e9 la loterie }{\i "Win for life"}{, r\'e9cemment cr\'e9\'e9e par la Loterie nationale et organis\'e9e par un arr\'eat\'e9
 royal du 26 novembre 1998 (}{\i M. B.,}{ 8 d\'e9cembre 1998).  Le gros lot du }{\i Win for life}{ consiste en effet en une rente viag\'e8re mensuelle de 40 000 francs (art. 3).}}}{\fs20  .  Les rentes sont encore utilis\'e9es en mati\'e8
re successorale, dans le r\'e9gime de conversion de l'usufruit\~}{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Voy. l'art. 745, }{\i quater}{, du Code civil. }}}{\fs20  .  Elles peuvent \'e9galement servir \'e0 l'indemnisation d'un dommage r\'e9sultant d'un accident du travail }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. les art. 12 \'e0 21 de la loi du 10 avril 1971 sur les accidents du travail.}}}{\fs20 
 , voire de tout dommage extra-contractuel }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Voy. R. O. DALCQ, "L'indemnisation sous forme de rentes index\'e9es - Bilans et perspectives", }{\i in Probl\'e8mes actuels de la r\'e9paration du pr\'e9judice corporel}{, Bruxelles, }{\i Bruylant}{, 1993, pp. 241 et s.; D.\~
de CALLATAY, "De l'allocation des rentes index\'e9es allou\'e9es en r\'e9paration du pr\'e9judice corporel de droit commun", }{\i Ann.  dr. Louvain}{, 1988, pp. 211 et s., et les r\'e9f\'e9rences cit\'e9es par cet auteur en note 2.}}}{\fs20 
 .  Elles sont, enfin, le mode normal d'ex\'e9cution des devoirs alimentaires }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super 
\chftn }{ La situation est diff\'e9rente en France, du moins dans la mati\'e8re du divorce : voyez la loi du 30 juin 2000 relative \'e0 la prestation compensatoire en mati\'e8re de divorce, }{\i J.O.}{ 1er juillet 2000, pp. 9946 et s., }{\i D}{. 2000, L
\'e9g., pp. 302 et s.  Le l\'e9gislateur y a r\'e9affirm\'e9 sa pr\'e9f\'e9rence pour l'allocation de cette prestation sous forme d'un capital.}}}{\fs20  
\par 
\par En ce qui concerne la question qui nous occupe, la possibilit\'e9 pour le d\'e9birentier de proc\'e9der au rachat de la rente }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ On rappellera que le rachat est l'"}{\i acte par lequel le d\'e9biteur d'une rente perp\'e9tuelle se lib\'e8re de l'obligation d'en servir les arr\'e9rages en versant au cr
\'e9direntier une somme \'e9gale au  capital repr\'e9sentatif de la rente}{" (G. CORNU,}{\i  Vocabulaire juridique}{, }{\i P.U.F}{, 1987, }{\i v\'b0 rachat}{).  Lorsque la rente est d'origine contractuelle, son rachat suppose la r\'e9
siliation du contrat qui lui a donn\'e9 naissance.  A. B\'c9NABENT rel\'e8ve que le terme de "rachat" est, en parlant de rentes constitu\'e9es, devenu impropre : }{\i "Il \'e9tait justifi\'e9 sous l'Ancien Droit par l'analyse de la rente constitu\'e9
e en une vente : l'op\'e9ration inverse \'e9tait tout naturellement d\'e9nomm\'e9e rachat.  Mais \'e0 partir du moment o\'f9 la v\'e9ritable nature de la constitution de rente, \'e0 savoir une vari\'e9t\'e9 de pr\'eat, a pu \'eatre affirm\'e9
e par les codificateurs (...), le terme remboursement aurait d\'fb se substituer \'e0 celui de rachat"}{ (}{\i op. cit}{., n\'b0 49).}}}{\fs20  , c\rquote est essentiellement la distinction fond\'e9e sur la dur\'e9e qui est pertinente.  Le r\'e9
gime de la rente viag\'e8re s\rquote \'e9carte en effet nettement, \'e0 cet \'e9gard, de celui de la rente perp\'e9tuelle }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ La rente perp\'e9tuelle est, aujourd'hui, quasiment tomb\'e9e en d\'e9su\'e9tude, \'e0 l'exception toutefois de certains emprunts d'\'c9tat.}}}{\fs20  .
\par 
\par 6.\tab Lorsque la rente est viag\'e8re, l'article 1979 du Code civil dispose que }{\i\fs20 "Le constituant ne peut se lib\'e9rer du paiement de la rente, en offrant de rembourser le capital, et en renon\'e7ant \'e0 la r\'e9p\'e9tition des arr\'e9rages pay
\'e9s; il est tenu de servir la rente pendant toute la vie de la personne ou des personnes sur la t\'eate desquelles la rente a \'e9t\'e9 constitu\'e9e, quelle que soit la dur\'e9e de la vie de ces personnes, et quelque on\'e9
reux qu'ait pu devenir le service de la rente".}{\fs20   La r\'e8gle - qui n'est pas d'ordre public }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy., en France, R. de QUENAUDON, }{\i op. cit}{., n\'b0 64; en Belgique, H. DE PAGE, }{\i op. cit}{., n\'b0 344; P. VERKINDEREN, }{\i op. cit}{., II, E. 4-1; }{\i comp}{
. S. WATILLON,}{\i  op. cit}{., n\'b0 2. 15. 7.}}}{\fs20  - s'explique sp\'e9cialement par le caract\'e8re al\'e9atoire de la rente viag\'e8re : chaque partie doit courir un risque de perte et b\'e9n\'e9
ficier d'une chance de gain; or, tel n'est pas le cas si le d\'e9birentier, voyant son cocontractant s'accrocher un peu trop \'e0 la vie }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{  Rappelons, \'e0 titre anecdotique, que Jeanne Calmant, jusqu'il y a peu la doyenne de France, avait, \'e0 l'\'e2ge de 90 ans, vendu sa maison en viager \'e0
 un notaire.  Elle d\'e9c\'e9da apr\'e8s avoir souffl\'e9 ses 122 bougies...}}}{\fs20  , peut unilat\'e9ralement mettre fin au contrat.
\par 
\par En revanche, la rente perp\'e9tuelle est en principe rachetable }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Du moins lorsqu'elle est constitu\'e9e \'e0 titre on\'e9reux.  La possibilit\'e9 de proc\'e9der, contre le gr\'e9 du cr\'e9direntier, au rachat d'une rente \'e0 titre gratuit est controvers\'e9e (voy. A. B\'c9NABENT, }{\i op. cit}{., n\'b0 52 et s.).}}}{
\fs20  .  La r\'e8gle, qui proc\'e8de du m\'eame esprit que l'article 1780 du Code civil, ne saurait \'e9tonner : elle vise \'e0 pr\'e9server la libert\'e9 individuelle.  Les parties peuvent toutefois, par une clause expresse, exclure la facult\'e9
 de rachat, durant les trente premi\'e8res ann\'e9es lorsque la rente est vers\'e9e en paiement du prix d'un immeuble (rente fonci\'e8re - article 530 C. civ.) ou durant les dix premi\'e8res ann\'e9es lorsque la rente s'analyse comme un pr\'ea
t (rente constitu\'e9e - article 1911 C. civ.).
\par 
\par Qu'en est-il \'e0 pr\'e9sent de la \'93\~rente \'e0 terme\~fixe\'94 dont l'arr\'eat analys\'e9 retient l'existence ?  Rappelons que les \'e9poux B s\rquote \'e9taient engag\'e9s \'e0 payer aux consorts A 180 mensualit\'e9s d\rquote 
un montant fixe, en contrepartie du fonds de commerce et de l\rquote immeuble qu'ils acqu\'e9raient.  L\rquote arr\'eat consid\'e8re que\~: }{\i\fs20 \'93\~des parties \'e0 une cession \'e0 titre on\'e9reux d\rquote un bien peuve
nt convenir du paiement du prix par une rente viag\'e8re, perp\'e9tuelle ou \'e0 temps\~\'94}{\fs20  et d\'e9cide que les conventions litigieuses\~: \'93\~}{\i\fs20 \'e9tablissent la preuve \'e9crite d\rquote une cession de fonds de commerce \'e0 titre on
\'e9reux et d\rquote une vente d\rquote immeuble dont les prix sont payables par le service d\rquote une rente fixe mensuelle pendant 15 ans\~\'94}{\fs20 .  Et l\rquote arr\'eat de d\'e9duire de l\rquote article 530 du Code civil, qu\rquote 
il compare aux articles 1911 et 1979 du m\'eame Code, que }{\i\fs20 \'93\~la rente \'e0 terme de moins de 30 ans n\rquote est pas rachetable par les d\'e9birentiers sauf stipulation contractuelle ou acceptation des cr\'e9direntiers\~\'94}{\fs20  et de d
\'e9bouter en cons\'e9quence, faute de l'une comme de l'autre, les \'e9poux B de leur demande.
\par 
\par Si la solution \'e0 laquelle aboutit en l\rquote esp\'e8ce l\rquote arr\'eat doit \'eatre approuv\'e9e, les motifs invoqu\'e9s nous laissent quelque peu dubitatif.  En effet, l'article 530 du Code civil dispose que\~: }{\i\fs20 "Toute rente \'e9tablie 
\'e0 perp\'e9tuit\'e9 pour le prix de la vente d'un immeuble, ou comme condition de la cession \'e0 titre on\'e9reux ou gratuit d'un fonds immobilier, est essentiellement rachetable.  Il est n\'e9anmoins permis au cr\'e9ancier de r\'e9
gler les clauses et conditions du rachat.  Il lui est aussi permis de stipuler que la rente ne pourra lui \'eatre rembours\'e9e qu'apr\'e8s un certain terme, lequel ne peut jamais exc\'e9der trente ans : toute stipulation contraire est nulle"}{\fs20 
; il ne souffle mot des "rentes \'e0 terme" }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{
 Tout au plus pourrait on soutenir qu'une \'93\~rente\~\'94 constitu\'e9e pour un immeuble moyennant un terme fixe }{\i sup\'e9rieur \'e0 30 ans}{ doit \'eatre assimil\'e9e \'e0 une rente perp\'e9tuelle et que le rachat d'une telle \'93\~rente\~\'94 doit 
\'eatre autoris\'e9 par une application, par analogie, de l'article 530.}}}{\fs20  .  Nous rel\'e8verons, par ailleurs, que le concept de rente \'93\~\'e0 temps\~\'94, \'93\~\'e0 terme\~\'94 ou \'93\~\'e0 terme fixe\~\'94 est ignor\'e9
 du Code civil.  Logiquement, ce type de rentes pourrait, certes, \'eatre admis aux c\'f4t\'e9s des rentes perp\'e9tuelles et viag\'e8res.  L'on retiendrait ainsi une classification tripartite des rentes selon qu'elles sont perp\'e9tuelles, viag\'e8
res ou temporaires }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Une telle classification est retenue par A. B\'c9
NABENT, }{\i op. cit}{., n\'b0s 3 \'e0 7, et le terme de "rente temporaire" appara\'eet \'e0 l'article 34 C.I.R.  Notons que la rente viag\'e8re est, tout comme la rente temporaire, affect\'e9e d'un terme - la mort \'e9tant in\'e9
luctable - mais la date d'\'e9ch\'e9ance de ce terme est incertaine, ce qui fonde d'ailleurs le caract\'e8re al\'e9atoire du contrat.  Peut-\'eatre est-il, pour ce motif, plus correct de parler de "rente \'e0 terme fixe" (en veillant toutefois \'e0
 ne pas op\'e9rer de confusion avec la notion de "cr\'e9dit \'e0 terme fixe" qui est parfois utilis\'e9e pour d\'e9signer un cr\'e9dit remboursable en une fois, par opposition au cr\'e9dit remboursable par mensualit\'e9s ou annuit\'e9s).  Pour l'hypoth
\'e8se d'une rente payable par un nombre fixe d'annuit\'e9s }{\i ou}{ jusqu'au d\'e9c\'e8s - pr\'e9alable - du vendeur, voy. Cass. fr., 7 d\'e9c. 1983, }{\i R\'e9p. Defr\'e9nois}{
, 1984, p. 1227 et la note J.-M. OLIVIER.  Dans cette affaire, la Cour d'appel d'Aix en Provence avait annul\'e9, comme contraire \'e0 l'article 1130, al. 2, du Code civil prohibant les pactes sur successions futures, la clause qui pr\'e9
voyait le paiement d'un prix de vente en 12 annuit\'e9s mais \'e9galement la lib\'e9ration de l'acheteur en cas de d\'e9c\'e8s du vendeur avant l'expiration de ce terme.  Le pourvoi se solda par un rejet.  Selon l'annotateur, cette d\'e9
cision n'est explicable que par l'exigence de r\'e9ciprocit\'e9 de l'al\'e9a en mati\'e8re de rentes viag\'e8res.  Cette r\'e9ciprocit\'e9 aurait \'e9t\'e9 absente en l'esp\'e8ce d\'e8
s lors que le vendeur - ou plus exactement sa succession - courait un risque de perte sans b\'e9n\'e9ficier d'une chance de gain.  Cette solution, toujours selon l'annotateur, aurait du \'eatre \'e9cart\'e9e - et la clause litigieuse valid\'e9e - s'il 
\'e9tait apparu que la possibilit\'e9 d'une lib\'e9ration anticip\'e9e par le d\'e9c\'e8s du vendeur avait eu pour contrepartie une augmentation du montant des annuit\'e9s.}}}{\fs20  .  Toutefois, cette qualification de \'93\~rente \'e0 terme fixe\~\'94
 n'emporte, contrairement \'e0 celle de rente viag\'e8re ou perp\'e9tuelle, l'application d'aucun r\'e9gime juridique sp\'e9cifique.  Elle nous para\'eet d\'e8s lors inutile, voire, comme le montre l\rquote arr\'eat, pernicieuse en ce qu'elle aboutit \'e0
 \'e9chafauder un r\'e9gime propre \'e0 cette "rente" au terme d'une manipulation des textes relatifs aux rentes perp\'e9tuelles ou viag\'e8res.
\par 
\par La "vente en rente \'e0 terme fixe" n'est, en r\'e9alit\'e9, rien de plus qu'une vente dont le prix est payable par mensualit\'e9s et la possibilit\'e9 pour l'acqu\'e9reur de proc\'e9der \'e0 un paiement anticip\'e9 du prix est r\'e9
gie, sauf application des lois sur le cr\'e9dit hypoth\'e9caire et \'e0 la consommation, par le seul article 1187 du Code civil }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\nowidctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ De m\'eame, la "rente \'e0 terme fixe" qui est constitu\'e9e moyennant une somme d'argent s'identifie \'e0 un pr\'eat remboursable par mensualit\'e9s, r\'e9
gi par les dispositions du titre X du Code civil et, le cas \'e9ch\'e9ant, les lois imp\'e9ratives pr\'e9cit\'e9es.  En cons\'e9quence, il est inexact de consid\'e9rer de fa\'e7on g\'e9n\'e9rale, comme para\'eet le faire l'arr\'eat, que\~: "}{\i 
Les dispositions r\'e9glementant les pr\'eats \'e0 int\'e9r\'eat ne sont pas applicables aux rentes",}{ d'autant que, rappelons-le, l'article 1909 du Code civil, ins\'e9r\'e9 dans le chapitre que le Code civil consacre au pr\'eat \'e0 int\'e9r\'eat, d
ispose express\'e9ment que, lorsque le pr\'eateur stipule un int\'e9r\'eat moyennant un capital qu'il s'interdit d'exiger, " }{\i le pr\'eat prend le nom de rente"}{.}}}{\fs20  .  Rappelons toutefois que l\rquote arr\'eat, quoique de mani\'e8
re indirecte, justifie l\'e9galement, au regard de cette derni\'e8re disposition, sa d\'e9cision de refuser le paiement anticip\'e9 du prix des ventes, d\'e8s lors qu\rquote il \'e9nonce diverses consid\'e9rations de fait dont il se d\'e9
duit que le terme avait, en l\rquote esp\'e8ce, \'e9t\'e9 stipul\'e9 en faveur des deux parties et non des seuls d\'e9biteurs.
\par 
\par 7.\tab Pour conclure, il nous para\'eet opportun d'examiner si l'une ou l'autre th\'e9ories \'e9labor\'e9es par la doctrine et la jurisprudence pour temp\'e9rer la rigueur des principes l\'e9gaux n'auraient pas pu \'ea
tre d'un quelconque secours aux cessionnaires.
\par 
\par M\'eame si le co\'fbt du cr\'e9dit consenti aux \'e9poux B, quoiqu\rquote \'e9lev\'e9, n'\'e9tait pas v\'e9ritablement astronomique }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Rappelons que le taux d'int\'e9r\'eat actuariel s'\'e9levait, selon nos calculs, \'e0 13,54 % l'an.}}}{\fs20  et se justifiait peut-\'ea
tre par des circonstances de fait particuli\'e8res, telle une solvabilit\'e9 pr\'e9caire leur interdisant l'acc\'e8s au cr\'e9dit bancaire, il convient de mentionner, pour m\'e9moire, les diff\'e9rents moyens de d\'e9fense \'e0 la disposition d'un cr\'e9
dit\'e9 victime d'}{\i\fs20 usure}{\fs20 .  D'abord, l'article 1907 }{\i\fs20 ter}{\fs20  du Code civil et, de mani\'e8re plus g\'e9n\'e9rale, la th\'e9orie de la l\'e9sion qualifi\'e9e permettent de r\'e9duire un chargement manifestement anormal, \'e0
 condition que celui-ci ait pour origine un abus, par le dispensateur de cr\'e9dit, des besoins, des faiblesses, des passions ou de l'ignorance du cr\'e9dit\'e9 }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. A. DE BERSAQUES, "L'oeuvre pr\'e9torienne de la jurisprudence en mati\'e8re de l\'e9sion}{\i ", in M\'e9
langes J. DABIN}{, t. 2, 1963, p. 495; W. DE BONDT, }{\i De leer der gekwalificeerde benadeling}{, 1985, Antwerpen, }{\i Kluwer}{, 1985.}}}{\fs20  .  D'aucuns soutiennent ensuite qu'il rest
e possible, pour combattre l'usure, d'invoquer, comme avant l'adoption de l'article 1907 }{\i\fs20 ter}{\fs20 , la notion de bonnes moeurs et la violation des articles 6 et 1131 du Code civil }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain 
\s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. H. DE PAGE et R. DEKKERS, }{\i op. cit.}{, t. V, p. 167, note 2.}}}{\fs20 
 .  Enfin, l'on rappellera que la loi sur le cr\'e9dit \'e0 la consommation a introduit, pour les contrats de cr\'e9dit qu\rquote elle r\'e9git, des taux annuels effectifs }{\i\fs20 maxima}{\fs20  exprim\'e9s sous forme math\'e9matique et r\'e9guli\'e8
rement adapt\'e9s par l'administration }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 \f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Voy. Ch. BIQUET-MATHIEU, }{\i 
op. cit.}{, n\'b0s 306 et s.}}}{\fs20  .  
\par 
\par Dans tous les cas il est vrai, l'usure se manifeste d\'e8s la conclusion du contrat et ne permet pas d'appr\'e9hender le probl\'e8me du cr\'e9dit qui }{\i\fs20 devient}{\fs20  trop on\'e9reux en raison de l'\'e9volution des taux d'int\'e9r\'ea
t.  Dans cette hypoth\'e8se, \'e0 d\'e9faut d'une disposition g\'e9n\'e9rale autorisant le remboursement anticip\'e9 du cr\'e9dit m\'eame lorsque le terme a \'e9t\'e9 stipul\'e9 dans l'int\'e9r\'ea
t des deux parties, la convention fera la loi de celles-ci.  Mais cette loi, on le sait, conna\'eet un temp\'e9rament de poids : l'ex\'e9cution de bonne foi, consid\'e9r\'e9e ici dans sa fonction restrictive.  Il eut ainsi \'e9t\'e9
 possible aux consorts B d'offrir, lors de leur proposition de remboursement anticip\'e9, le paiement d'une indemnit\'e9 substantielle }{\cs19\fs20\super \chftn {\footnote \pard\plain \s17\qj \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 
\f12\fs20\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\cs19\super \chftn }{ Les parties n'\'e9taient en l'esp\'e8ce pas tenues par la  limite de six mois pr\'e9vue par l'article 1907 }{\i bis}{, laquelle ne s'applique que dans la mati\'e8re du pr
\'eat \'e0 int\'e9r\'eat.}}}{\fs20  de remploi, offre dont le refus par les cr\'e9anciers e\'fbt, le cas \'e9ch\'e9ant, pu \'eatre consid\'e9r\'e9 par le juge comme un abus de droit.
\par 
\par }\pard \ql \li0\ri0\widctlpar\faauto\rin0\lin0\itap0 {\fs20 
\par 
\par 
\par \tab \tab \tab \tab \tab \tab \tab \tab \tab Bernard Vanbrabant
\par }}